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Peintures

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LE FAUX N'A JAMAIS FAIT DEFAUT par Adrian Darmon

Cet article se compose de 7 pages.
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L'art du faux remonte aux temps les plus reculés lorsque l'art, par essence religieux, prit une place primordiale dans la vie des hommes dès le moment où ceux-ci se mirent à célébrer des rites et à honorer des dieux qui, d'une contrée à l'autre portaient des noms différents mais avaient généralement les mêmes pouvoirs.

Cela commença donc par des emprunts de méthodes de fabrication puis de styles jusqu'au jour où la demande pour des statues ou des objets devint soutenue. A partir de là, les artistes et les artisans se mirent à faire des copies pour les exporter, ce qui n'empêcha pas les Egyptiens d'être copiés par des peuples voisins puis par les Grecs lorsque ceux-ci s'implantèrent à Alexandrie sans oublier que les Mésopotamiens avaient exercé auparavant leurs influences artistiques sur nombre de territoires comme l'Afghanistan actuelle et même la Chine dont les peuplades copièrent à leur façon leurs objets.

Avant d'évoquer l'essor artistique de la Grèce dont les créations éblouirent et inspirèrent les Romains, il convient de signaler que les hommes eux-mêmes versèrent très tôt dans l'imposture, une attitude innée utilisée par un individu cherchant de passer pour un autre afin de tenter de se valoriser aux yeux de ses semblables.

L'histoire n'est en réalité faite que d'extraordinaires impostures nées de la volonté de certains êtres humains à se transformer parfois en démiurges ou simplement à laisser durablement la trace de leur passage sur terre. Il suffit déjà de se plonger dans la mythologie ou la Bible pour constater que certains hommes essayèrent de se sublimer pour s'affirmer aux yeux des autres et ce, en se servant de divers alibis adéquats pour réaliser leurs ambitions.

Pour entrer dans la légende, il leur fallait accomplir des exploits inimaginables et ce faisant, ils se devaient de faire sacrément impression en bousculant l'ordre établi et en foulant au pied des principes acquis. Prenons l'exemple d'Abraham, persuadé de l'existence d'un seul dieu, qui détruisit les idoles qui selon lui représentaient de faux dieux et qui alla jusqu'à vouloir sacrifier son fils pour se prouver à lui-même qu'il était dans le vrai. Certains de ses contemporains le traitèrent vraisemblablement de fou ou d'affabulateur alors que d'autres, bien moins nombreux, virent en lui un prophète. Idem pour Moïse, apparemment un prêtre égyptien devenu défroqué à sa manière, qui se mit à professer l'existence d'un seul dieu et mena le peuple juif vers la terre promise mais nombre de ceux qui le suivirent, lassés de tourner en rond dans le Sinaï, finirent par croire un instant qu'il leur avait fait de fausses promesses.

Alexandre le Grand lui-même, obligé de surpasser son père jusqu'à tuer l'image de celui-ci pour réaliser ses rêves, mena ses troupes de conquête en conquête jusqu'au moment où ses fidèles se mirent à douter de sa stature de conquérant. Quant à Jésus, on le considéra d'abord comme un illuminé et comme un faux messie avant que son sacrifice sur la croix ne fasse de lui le fils de Dieu, vénéré par des apôtres partis ensuite prêcher la bonne parole aux quatre coins du bassin méditerranéen. De là, la naissance de la Chrétienté, acceptant l'héritage de l'Ancien Testament mais diffusant pour s'imposer l'affirmation mensongère que les juifs étaient déicides, ce qui les amena à être longtemps persécutés avant d'être victimes des siècles plus tard à une extermination en masse. La vérité était ailleurs, mais qu'importe, il fallait trouver des arguments, souvent fallacieux, pour imposer une religion aux dépens d'une autre alors qu'au départ, Jésus n'avait eu pour seule ambition que de faire campagne pour assainir le Judaïsme et non de créer une nouvelle religion, une entreprise qui de la part de ses apôtres et de ses admirateurs aboutit à l'invention d'une naissance divine et de miracles accomplis par ce dernier sans oublier une résurrection qui tient plus de la parabole que d'un fait avéré.

La plupart des croyances ont reposé sur des impressions trompeuses ou de prétendus miracles ou exploits glorifiés dans des textes devenus sacrés. Le faux s'est donc vite insinué pernicieusement dans la vie des hommes quitte à occulter la vérité ou à la remplacer. L'émergence de Mahomet, six siècles après la mort de Jésus a finalement prouvé qu'il était possible de réécrire la vérité et d'imposer une autre vision de Dieu, quand bien même des millions d'individus seraient convaincus de son caractère unique. Pour Mahomet, ce que les autres initiateurs des religions juive et chrétienne avaient décrété avant lui était vrai mais pas totalement exact ou pas assez conforme à la réalité et à ce qui concernait le rapport avec Dieu. Qui avait raison, qui avait tort ? Le monde d'aujourd'hui est confronté plus que jamais à cette question lancinante et à l'intolérance née de la foi aveugle de millions d'individus qui leur empêche tout discernement. La religion est l'opium du peuple disait Karl Marx et il est quelque part évident que l'observance radicale d'un dogme, donc arbitraire, est de nature à fausser toute notion de jugement équilibré chez un fidèle guidé mais aussi aveuglé par sa foi. Il est non moins vrai que tout totalitarisme venu se substituer à la religion a engendré à son tour des dérives dangereuses et qu'aucune croyance absolue n'échappe à l'arbitraire. Ce qui est bon pour les uns ne l'est pas forcément pour les autres.

Il n'est déjà pas facile de discerner entre le vrai et le faux tant il est patent que le faux est l'illusion du vrai. Certains pensent détenir la vérité mais d'autres peuvent estimer que celle-ci est le fruit d'un faux jugement. Dès lors qu'une idée ou qu'un critère s'impose à une majorité, cela entraîne donc par ricochet une forme de contestation chez d'autres individus parce que rien n'est définitivement immuable en ce bas monde.

Au niveau artistique, certains chefs d'œuvre de l'art grec devinrent plus tard des canons de beauté incontournables pour les Romains. Ils furent donc pillés puis copiés mais les riche patriciens qui jetaient leur dévolu sur ces merveilles voulaient à tout prix qu'elles soient authentiques. Alors, des marchands peu scrupuleux finirent par trouver le moyen de s'enrichir rapidement en vendant à des clients facilement bernables des copies en les faisant passer pour des œuvres originales.

Pour les aider dans leur entreprise, il y eut des artistes, certains sans autre arrière-pensée que d'être mus par le plaisir de faire aussi bien que les génies de l'art grec en les copiant fidèlement et d'autres, conscients que le plagiat pouvait leur donner le moyen de vivre confortablement au lieu de s'échiner à faire leur propre nid.

L'industrie du faux durant l'Antiquité connut cependant un brutal coup d'arrêt avec les invasions des Barbares, qui s'acharnèrent à détruire les temples, les monuments et les réalisations artistiques à travers le défunt empire romain, et avec l'émergence de la religion musulmane qui paracheva elle aussi cette opération de destruction à grande échelle car selon le Coran toute représentation humaine en matière d'art, religieux ou non, était considérée comme impie.

La Chrétienté imposa de son côté des canons artistiques essentiellement religieux et les seuls faux qui apparurent en Europe du VIe au XIV e siècle concernèrent des reliques de saints ou par exemple le Saint Suaire de Turin qui passa longtemps, et même aux yeux de nombreux croyants aujourd'hui, comme l'authentique linceul qui enveloppa le corps du du Christ. Une analyse scientifique de cette étoffe a prouvé sans conteste qu'elle avait été réalisée par un artiste ingénieux vers le XIIIe siècle. En tout cas, ce merveilleux plagiat a été durant des siècles une incroyable source de dévotion pour des fidèles persuadés d'avoir devant eux l'image en négatif de Jésus lui-même.

Faussaire rime avec faux air tout comme le mot anglais fake (faux) rime avec flake (away) (s'écailler) mais avant d'évoquer l'art du plagiat, il convient de distinguer entre le faux et la copie, ce qui n'est guère aisé à faire puisque la copie n'est pas nécessairement un plagiat.

Avant de parvenir au sommet de leur art, tous les artistes durent s'employer à copier leurs prédécesseurs pour parfaire leur technique. Copier les maîtres fut de tout temps un passage obligé pour ces derniers sauf qu'au fil des années, les copies réalisées avec maestria par certains grands maîtres finirent par être considérées par des amateurs et des marchands comme des œuvres authentiques de ceux qu'ils avaient copiés.

En faisant des copies, la plupart de ces artistes n'eurent nécessairement pas l'idée de créer des faux sauf à partir du moment où certains d'entre eux eurent le désagrément de s'entendre dire qu'ils n'avaient pas la pointure des maîtres qu'ils copiaient. Ce fut ainsi le cas de Michel-Ange qui berna notamment un cardinal en lui faisant acquérir une statuette qu'il venait de créer et qui lui avait été vendu comme étant d'époque romaine. En apprenant la supercherie, le prélat la détruisit dans un accès de rage. Ce fut aussi le cas de plusieurs peintres du XVIIe siècle qui pour obtenir le soutien de monarques leur firent présenter des copies d'œuvres de peintres qu'ils admiraient. Des artistes comme Vélasquez ou Le Brun n'hésitèrent d'ailleurs pas à utiliser un tel procédé au tout début de leur carrière.

Copistes par nécessité afin de mieux maîtriser leur art, certains artistes s'amusèrent à peindre des faux pour épater la galerie, comme Raphaël qui commit quelques faux Perugin, comme Delacroix qui fit des tableaux à la manière, très trompeuse du reste, de Greuze, Watteau, Velasquez ou Rubens ou comme Van Dyck qui prit plaisir à peindre des faux Rubens.

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