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Peintures

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LE FAUX N'A JAMAIS FAIT DEFAUT par Adrian Darmon

Cet article se compose de 7 pages.
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Sans le sou, il se mit à faire des pastiches en imitant des artistes célèbres comme Picasso, Matisse ou Modigliani qu'il parvint à revendre sans peine à des gogos. Il parvint ainsi à survivre dans le Paris de l'après-guerre et s'offrit des séjours à l'étranger où il floua d'autres amateurs et des galeries jusqu'à ce jour de 1952 où il connut sa première frayeur lorsqu'un galeriste de Los Angeles le démasqua et menaça de le dénoncer à la police.

Déstabilisé et paniqué à l'idée d'être arrêté et incarcéré, de Hory mit un frein à son activité et tenta un peu plus tard de se suicider mais en 1958, il fit sans le savoir alliance avec le diable en acceptant l'aide de Fernand Legros, un soi-disant marchand d'art âgé de 27 ans, père de famille mais également attiré par les jeunes éphèbes qui fréquentait assidûment la jet-set d'alors.

On peut croire que Legros fut inspiré par Otto Wacker, alias Olindo Lovaël qui comme lui fut danseur avant de devenir marchands de tableaux durant les années 1925 à Berlin où il se permit d'exposer 30 Van Gogh que le spécialiste Bert de la Faille considéra d'abord comme authentiques avant de reconnaître qu'il avait été berné. Lors du procès de Wacker en 1932, l'expert reconnut toutefois que 5 des oeuvres que l'accusé détenait étaient authentiques.

Elmyr de Hory se sentit d'entrée mal à l'aise devant ce personnage excentrique aux faux airs de cow-boy, bardé de bijoux, affublé de lunettes noires, d'une barbe de hippie, d'un manteau de fourrure et de bottes en crocodile qui s'était soudainement avisé de régenter son existence.

Legros avait cependant beaucoup d'aisance et de bagout à revendre et sut mieux que quiconque redonner à de Hory le goût de la vie. Touchant sa corde sensible en flattant son talent d'artiste, il parvint ainsi à la convaincre à le suivre aux Etats-Unis où il rencontra et séduisit ensuite le jeune Lessard, alors âgé de 19 ans qui lui aussi se mit plus tard à son service en produisant des plagiats.

Ayant l'art et la manière de convaincre de Hory à travailler sans relâche, l'ancien danseur se mit en tête de trouver des clients et de leur faire cracher leur argent. Il eut même le chic de tromper les douanes américaines qui lorsqu'elles lui demandèrent ce qu'il transportait dans ses valises se virent répondre qu'elles contenaient des copies de maîtres. Ne voulant pas s'en laisser conter, les douaniers firent examiner les toiles par des experts qui décrétèrent sans ambage qu'ils s'agissait d'œuvres authentiques, ce qui valut à Legros une forte amende mais aussi miraculeusement en retour une attestation douanière valant son pesant d'or aux Etats-Unis puisque les faux qu'il trimbalait étaient désormais considérés comme authentiques.

Lassé des outrances de Legros qu'il trouvait affreusement antipathique et pressentant peut-être que leur équipée allait mal se terminer, de Hory ne demeura qu'une année aux Etats-Unis et préféra retourner à Ibiza en laissant le courtier escroc se débrouiller seul, ce qui l'amena ensuite à se servir de Lessard ainsi que d'Alin Marthouret, un autre plagiaire, pour leur faire produire d'autres faux à vendre.

De Hory se contenta dès lors de peindre d'autres toiles et de les expédier discrètement à Legros pour les écouler. Ce fut alors que ce dernier trouva en Algur Hurtle Meadows le parfait gogo à qui il fourgua plus d'une quarantaine de faux portant notamment les signatures de Modigliani, Derain, Picasso ou Dufy.

De plus, Legros avait réussi à circonvenir des experts français et des ayants-droit qui lui fournirent de nombreux certificats d'authenticité sans trop se poser de questions au sujet des œuvres qu'ils eurent à examiner.

Ayant fini par apprendre qu'il avait été floué, Meadows porta plainte contre Legros qui fut finalement arrêté à la suite d'une très longue enquête qui fit les délices de la presse. Avec lui, Lessard et de Hory tombèrent dans les mailles de la justice alors que les milieux du marché de l'art furent en proie à une belle panique en apprenant que des centaines, voire des milliers, de faux circulaient aux Etats-Unis, un pays rempli d'amateurs ignares, mais les acheteurs floués ne furent pas nombreux à se manifester de peur de perdre la face.

Perpétuellement angoissé et fatigué par une existence placée sous le signe de l'imposture, Elmyr de Hory finit par se suicider pour de bon en 1976 après avoir écrit ses mémoires et fait l'objet d'un film réalisé par François Reichenbach tout en ayant suscité l'admiration de l'admiration d'Orson Welles qui vit en lui un des plus grands faussaires du siècle. En 1979, Legros fut condamné à deux ans de prison, une peine couverte par des détentions déjà subies en France et à l'étranger, mais ce fumeur invétéré de cigares ne profita pas longtemps de sa liberté ni même de l'aide généreuse de la fille d'Onassis. Atteint d'un cancer de la gorge, il mourut en avril 1983.

De son côté, Réal Lessart écrivit un livre plutôt anecdotique et alla vivre au Maroc tandis que Marthouret, resté discret durant des années, ne publia le sien qu'en 2003 pour révéler qu'il avait été aussi pourvu Legros en faux.

David Stein, fut un autre faussaire génial qui trompa de nombreux amateurs, surtout aux Etats-Unis, mais il finit par être arrêté après que Marc Chagall eut découvert un faux exposé dans la vitrine d'un galeriste. Sorti brutalement de l'anonymat, Stein fit les choux gras de la presse et trouva le moyen de profiter de sa détention en peignant des pastiches recherchés par de nombreux amateurs.

La création d'un faux est un jeu extrêmement difficile à décrypter parce que les motivations des faussaires peuvent être multiples d'autant plus qu'on a affaire à des individus dont les personnalités ne sont jamais les mêmes. Il est complexe de comprendre ce qui se passe dans l'esprit d'un plagiaire puisqu'il peut être mû par diverses pulsions. Il peut décider de créer un faux simplement pour avoir le plaisir de se payer la tête d'un expert ou de berner un marchand ou par appât d'un gain facile ou encore pour s'amuser.

S'amuser a été le cas au départ d'un copiste surnommé « Fac-similé », génial imitateur de peintres de natures mortes du XVIIe siècle dont les pastiches finirent dans les années 1980 à passer toutefois pour authentiques aux yeux de certains experts parisiens.

Ayant longtemps travaillé comme restaurateur pour le service des Monuments nationaux, « Fac-similé » avait fini par acquérir une connaissance parfaite des pigments utilisés par les peintres du XVIIe siècle. De plus, son travail l'avait amené à examiner de très près des œuvres conservées dans les musées.

Pour faire des pastiches criants de vérité, il ne lui restait plus qu'à trouver un support adéquat, une toile ou une plaque de cuivre d'époque et le tour était joué. Il se mit ainsi à vendre des copies à des amateurs jusqu'au jour où des marchands eurent vraiment du mal à croire qu'elles n'étaient pas authentiques. De fil en aiguille, certaines de ses copies furent authentifiées comme vraies et il se retrouva bombardé de coups de fils par des marchands flairant le bon filon pour produire des œuvres attribuables aux grands maîtres français, hollandais ou flamands de la nature morte. Près de 40 de ses plagiats se retrouvèrent munis de certificats d'authenticité et « Fac-similé », se sentant pris dans une dangereuse spirale, sentit que le temps était venu de prendre de la distance avec ses commanditaires et de quitter Paris pour respirer un air plus sain.

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