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COURBET, UN ARTISTE HIPPIE, ANAR, GAUCHISTE ET MÊME COMMUNISTE AVANT L'HEURE par Adrian Darmon
30 Janvier 2018
Catégorie : FOCUS
Cet article se compose de 4 pages.
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Depuis la Renaissance, rares furent les artistes qui osèrent se montrer farouchement libres au point d'être taxés de têtes brûlées hostiles à la société de leur temps, laquelle en retour se méfia d'eux comme de la peste, comme ce fut le cas pour Courbet entre les années 1850 et 1870.

Avant, il y avait eu Le Gréco et sa peinture déformée, Le Caravage qui avait choisi des gens du peuple pour représenter des saints avec des ongles sales, Rembrandt qui avait marqué sa fière indépendance vis-à-vis des bourgeois d'Amsterdam, Goya qui avait traduit les horreurs de la guerre sur la toile après s'être manifesté comme un prédateur sexuel au sein de la cour royale espagnole, Füssli qui avait instillé de la folie au bout de son pinceau, Turner qui s'était amusé à faire flamber les paysages dans une explosion de couleurs violentes ou Delacroix avec sa nouvelle vision du romantisme. Survint alors Courbet, ce jouisseur invétéré à l'esprit rebelle parti pour enquiquiner avec ses toiles dérangeantes les gens bien pensants de son époque en se comportant sans le savoir comme un pionnier des hippies et des gauchistes.

Né le 10 juin 1819 à Ornans (Doubs) et mort le 31 décembre 1877 à la Tour-de-Pelz (Suisse), Courbet s'opposa vite à l'académisme pour décliner des oeuvres d'un réalisme cru, notamment "Un Enterrement à Ornans" (1850) ainsi que des nus plus que suggestifs et sa sulfureuse représentation d'un sexe féminin (l'Origine du Monde), qui scandalisèrent nombre de ses contemporains.

Pourtant, ce cher Gustave était issu d'une famille relativement aisée de propriétaires terriens. Son père Éléonor Régis Courbet (1798-1882), suffisamment riche pour devenir électeur au suffrage censitaire en 1831, possédait une ferme  et des terres au village de Flagey, situé dans le département du Doubs, aux portes du Jura, où il élevait des bovins et pratiquait l'agriculture tout en gérant un vignoble de plus de six hectares sur les terres d'Ornans. Sa mère, Suzanne Sylvie Oudot (1794-1871), avait par ailleurs donné naissance à cinq autres enfants dont seules trois filles avaient survécu : Thérèse (1824-1925), Zélie (1828-1875) et Juliette (1831-1915). Gustave fut donc à la fois l'aîné et le seul garçon de cette « fratrie » terrienne, très implantée dans une région où se croisaient montagnards, chasseurs, pêcheurs ou bûcherons au milieu d'une nature forte et omniprésente.

En 1831, il fréquenta comme élève externe le petit séminaire d'Ornans en recevant notamment un premier enseignement artistique auprès d'un professeur de dessin, Claude-Antoine Beau, un ancien élève d'Antoine-Jean Gros qui favorisa son épanouissement. Négligeant donc ses études classiques,  il entra ensuite  comme interne au Collège royal de Besançon où il suivit les cours de dessin de Charles-Antoine Flajoulot (1774-1840), un ancien élève de Jacques-Louis David qui  était également le directeur de l'école des beaux-arts de la ville. Après s'être plaint de sa vie d'internat au collège, ses parents le firent loger chez un particulier tandis qu'il se plut à suivre de plus en plus les cours de Flajoulot à l'école des beaux-arts où il se lia d'amitié avec des étudiants, notamment Edouard Baille qui fit son portrait en 1840.

A l'époque, ses parents comptaient le voir poursuivre des études supérieures avant de le destiner à faire du droit à Paris en sollicitant François-Julien Oudot (1804-1868), un avocat membre de la famille du côté de sa mère, pour accepter de l'accueillir chez lui à Versailles. Gustave partit donc pour la capitale en novembre 1839 juste après avoir réalisé quatre dessins pour l'illustration des Essais poétiques de son ami Max Buchon publiés par un imprimeur de Besançon.

On peut imaginer que son arrivée à Versailles, deux ans à peine après l'inauguration de la première ligne de chemin de fer Paris-Saint-Germain-en-Laye, provoqua chez Gustave un choc profond après qu'il eût quitté l'univers paysan ancré dans de vieilles traditions pour se frotter à celui des bourgeois qui avaient supplanté les nobles après la Révolution et le 1er Empire. Néanmoins, à l'orée de ses vingt ans, il s'était déjà forgé un caractère ambivalent pour jouer à la perfection la comédie à ses parents qui ne lui refusaient rien en escomptant en retour le voir embrasser une profession respectée.

Logé dans un premier temps chez François-Julien Oudot à Versailles où il rencontra des bourgeois assez mondains et ouverts d'esprit, il entama ses études de droit à l'abri du besoin grâce à la pension versée par ses parents mais au bout de quelques mois, il déserta les bancs de la faculté en passant alors une bonne partie de son temps dans l'atelier parisien du peintre Charles de Steuben ou en faisant des virées à Paris en compagnie de certains amis d'enfance, tels Urbain Cuénot et Adolphe Marlet qui le fit entrer dans l'atelier de Nicolas-Auguste Hesse, un peintre d'histoire qui l'encouragea dans la voie artistique.

Prenant son courage à deux mains, Courbet écrivit alors à ses parents pour leur informer qu'il abandonnait le droit et voulait devenir peintre en sachant probablement par avance que ceux-ci accepteraient sa décision et continueraient à lui verser sa pension sans oser le contrarier. Réformé du service militaire le 21 juin 1840, Gustave put alors se rendre à sa guise au Musée du Louvre pour y copier les maîtres, notamment les oeuvres néerlandaises du clair-obscur, les tableaux sensuels vénitiens, le réalisme espagnol ou les  toiles de Géricault.

Au printemps 1841, il découvrit les rivages de la Normandie lors de son premier séjour face à la mer, accompli en compagnie d'Urbain Cuéno après avoir descendu la Seine en bateau depuis Paris jusqu'au Havre. Dans une lettre écrite à son père, il s'émerveilla de la mer sans horizon et du besoin soudain de partir voir le monde entier.

En fait, Courbet voulait secrètement conquérir le monde en croyant que rien ne résisterait à sa fougue et son audace. Dès le début de 1842, il se sentit donc suffisamment prêt pour présenter quelques toiles au jury du Salon mais fut mortifié d'apprendre leur rejet. Installé alors dans un petit atelier du Quartier latin situé au 89 rue de la Harpe, il fréquenta en élève libre l'académie de Charles Suisse à l'angle du boulevard du Palais et du quai des Orfèvres mais ne persista pas en trouvant les exercices proposés sans intérêt.

Préférant se former lui-même, il revint au Louvre copier les maîtres, notamment Diego Velasquez, Francisco de Zurbaran ou José de Ribera, en se faisant accompagner par François Bonvin, un nouveau camarade rencontré à l'académie Suisse. En 1844, sur les recommandations de Hesse, le jury du Salon reçut de Courbet d'abord Loth et ses filles, un tableau de genre religieux au thème académique qui n'eut pas l'heur de lui plaire, puis le Portrait de l'auteur dit Autoportrait au chien noir (1842) qu'il accepta d'exposer.

Rempli de joie, il écrivit à ses parents : « Je suis enfin reçu à l'exposition, ce qui me fait le plus grand plaisir. Ce n'est pas le tableau que j'ai le plus désiré qui fût reçu mais c'est égal, c'est tout ce que je demande car le tableau qu'ils m'ont refusé n'était pas fini. […] Ils m'ont fait l'honneur de me donner une fort belle place à l'exposition ce qui me dédommage. Le tableau qui est reçu c'est mon portrait avec paysage. Chacun m'en fait compliment".

Ce tableau datait un peu mais qu'importe, Courbet se sentit reconnu et embraya dans la réalisation d'oeuvres intimistes, notamment des autoportraits dans lesquels il se montra en homme amoureux aux côté d'une femme, ou fixant le spectateur avec un regard de défi ou simplement en fumant la pipe comme pour exalter tour à tour un côté bohême, une forme d'égocentrisme ou simplement une quête identitaire, à travers notamment le tableau "Le Désespéré", débuté en 1844 et terminé dix ans plus tard qu'il n'exposa jamais.

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