ArtCult : Les actualités du marché de l'art .
Rechercher dans le site :
  Accueil
  Actualités
  Dossiers
  Marché de l'art
  Outils d'experts
  Communication
Recherche
Rechercher dans la page Le journal d'un fou d'art :
Rechercher dans le site :

Citation
Un homme qui aime l'art à la folie n'a plus tellement le temps d'être infidèle à son épouse qui pourtant s'estime trompée par son amour du beau...

Actuellement
Dernieres petites annonces
15/10: UN MOMENT DE DECOUVERTE ARTISTIQUE
UN MOMENT DE DECOUVERTE ARTISTIQUE SUR ferse.hubside.frA très bientot sur le site!!! ...
24/07: RECHERCHE OEUVRES MAJEURES
We are a consulting firm of Art and Antiques, whose main activity is themanagement of p...
08/04: RECHERCHE OEUVRES D'ARTISTES ROUMAINS
Collectionneur recherche oeuvres importantes d'artistes roumains: Pascin, Janco, Maxy...
> Passer une annonce
Estimation d'oeuvre d'art
Envoyez nous une photographie accompagnée d'une description afin de bénéficer de notre expertise.
Soumettre une estimation

Lettre d'information
Entrez votre email pour souscrire à notre lettre d'information :

Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
  • Page précédente 51/1346
    Retour Retour
    XXIIIème Chapitre
    Courtage rime souvent avec courage
    01 Février 2005
    Cet article se compose de 4 pages.
    1 2 3 4

    Mercredi 9 février 2005, un tableau du peintre expressionniste anglais Lucian Freud représentant le mannequin Kate Moss allongée nue enceinte a été vendu par Christie's à Londres pour 3,93 millions de livres sterling (environ 5,8 millions d'euros).Mieux même, l'artiste a été crédité au cours de cette vente d'une enchère record de 4,15 millions de livres sterling pour un portrait montrant son ami Tim Behrens titré" Red Haired man on a chair" de 1962-63, deux scores faramineux qui ont une nouvelle fois confirmé que le petit-fils du célèbre psychanalyste Sigmund Freud était bien le peintre vivant le plus cher d'Europe.

    Influencé par l'oeuvre de son grand-père en matière de psychanalyse, Lucian Freud fut attiré par le Surréalisme au début de sa carrière avant d'être influencé par les expressionnistes allemands Georg Grosz et Otto Dix. Il a souvent peint des nus et des portraits avec plutôt le désir de mettre en évidence les défauts physiques de ses modèles en cherchant par là à pousser très loin l'observation psychologique et ce, dans le but manifeste de déranger.

    "Je veux que ma peinture fonctionne comme la chair... Pour moi, la peinture est la personne. Je veux qu'elle fasse sur moi-même le même effet que la chair", a-t-il précisé un jour pour expliquer pourquoi il peignait sans complaisance des corps ingrats représentés dans des postures passives ou des personnages fatigués ou vieillissants.

    Âgé de 82 ans, Lucian Freud a fui la beauté pour aller vers la vérité et le temps qui passe en s'attachant surtout à traduire la lente dégradation physique d'un individu tout en conférant au corps une expression égale à celle d'un visage. Pour saisir ainsi un instant d'humanité, l'artiste a mis instinctivement l'accent sur les imperfections physiques de ses modèles en montrant donc la chair dans ce qu'elle a de moins séduisant pour ne pas travestir la réalité. C'est percutant et émouvant à la fois car le spectateur est amené immédiatement à s'interroger sur sa propre déchéance. Au bout du compte, il n'y a que sa cote sur le marché qui ne risque pas de devenir décrépie.

    Dans " Naked portrait" peint en 1982, Kate Moss, considérée comme l'archétype de la beauté par les grands couturiers, est montrée nue, avachie, la tête reposant sur un oreiller, les yeux dans le vague, le visage fatigué, les seins lourds et le ventre rebondi dans une position plutôt inconfortable qui semble démontrer sa réticence à s'accepter telle qu'elle est, c'est à dire dans un état de future mère et non plus dans celui, éphémère, de top model.

    Vendredi 11 février 2005,le marché aux puces de Saint-Ouen a plus que jamais ressemblé à une ville morte alors que les prix ont flambé lors des ventes aux enchères de tableaux modernes et contemporains organisées durant la semaine écoulée à Londres. A Paris, l'atmosphère a été aussi des plus lugubres à l'Hôtel Drouot où les amateurs sont restés sur leur faim.

    Que ce soit dans la capitale ou en province, les marchands ont eu du mal à joindre les deux bouts et à trouver de la bonne marchandise. Résultat : les cessations d'activité se sont multipliées sous l'effet d'une crise qui n'a pas fini de s'amplifier tandis que le marché n'a continué à fonctionner qu'à travers les ventes de pièces exceptionnelles.

    Mercredi 16 février 2005, les principaux acteurs du marché de l'art n'ont guère été surpris d'apprendre à la lecture d'un bref article paru dans "Le Figaro" le départ de François Tajan de la société de vente Tajan SA, rachetée en 2003 au groupe LVMH par la femme d'affaires américaine d'origine roumaine Rodica Seward.

    Dès le rachat de sa société par LVMH, Jacques Tajan avait vu sa marge de manoeuvre se réduire considérablement tout en croyant assurer sa succession en confiant les rênes de celle-ci à son fils François alors que lui-même se trouvait sur la sellette après avoir été accusé d'avoir truqué le procès-verbal de la vente de la succession Giacometti, ce qui lui avait valu une comparution en justice propre à écourter sa carrière.

    Destabilisé par le procès qui lui a été intenté tout autant que par la prise de contrôle de Tajan S.A par Rodica Seward, une femme au caractère bien trempé et aux idées bien arrêtées, Jacques Tajan avait annoncé sa retraite à la fin de l'année 2004 avec toutefois l'intention de tenir le marteau lors de quelques ventes de prestige tout en nourrissant surtout l'espoir de voir son fils François continuer à diriger la société de vente en perpétuant son oeuvre.

    Las, François Tajan n'a pas pesé lourd face à la tempétueuse femme d'affaires qui, d'après le quotidien, n'a plus voulu d'une société familiale et lui a souhaité dans un communiqué laconique le meilleur succès dans ses futures activités. Ce congédiement rapporté par "Le Figaro" a fait l'effet d'un couperet de guillotine mais force est de constater que les rejetons des ténors du marteau ont pour la plupart eu le plus grand mal à se mettre au niveau de leurs glorieux paternels, ce qui néanmoins s'est également vérifié dans d' autres professions en vue. Au bout du compte, la dynastie des Tajan, comme au temps des empereurs romains, n'a pas survécu au changement, à la conjoncture ou aux intrigues. Subitement privé de l'aile protectrice de son père, François Tajan ne semble malheureusement pas avoir eu les épaules assez larges ni la forte personalité de ce dernier pour s'opposer à la toute puissance de sa redoutable patronne.

    En fait, la race des grands commissaires-priseurs amoureux de leur métier est en train de s'éteindre pour ne plus laisser la place qu'à des officiers ministériels zélés aux ordres de groupes financiers avant tout obnubilés par la notion de profit. Charmeur, élégant, raffiné, intelligent mais aussi mégalomane, Jacques Tajan en était un des derniers représentants. En subissant en outre l'incommensurable handicap de ne pouvoir donner son nom à une autre société de vente, son fils se retrouvera désormais confronté à l'énorme défi de reconstruire sa carrière. La rumeur a couru qu'il irait faire la preuve de son talent de priseur en Belgique ou qu'il rejoindrait le groupe dirigé par Pierre Bergé, comparé par certains commissaires-priseurs à un petit Napoléon des affaires.

    Pierre Bergé a dû d'ailleurs ressentir ses oreilles tinter lorsqu'on a parlé de lui lors d'un dîner mondain copieux en potins organisé à Paris le jeudi 17 février. A cette occasion, Christophe Girard, responsable de la culture à la Mairie de Paris, n'a pas apprécié le jugement peu amène que celui-ci avait porté il y a peu à son égard en susurrant qu'il n'allait pas recevoir de leçon de la part de quelqu'un qui avait loupé son Baccalauréat. Assurément, ces deux là sont loin d'être copains mais vu sa belle réussite comme entrepreneur, Bergé n'a probablement que faire des ragots colportés dans son dos.

    Mentions légales Conditions d'utilisation Rédaction Annonceurs Plan du site
    Login : Mot de passe ArtCult - Réalisé par Adrian Darmon