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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
  • Page précédente 51/1346
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    XXIIIème Chapitre
    Courtage rime souvent avec courage
    01 Février 2005
    Cet article se compose de 4 pages.
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    Mercredi 2 février 2005, le marché de l'art parisien a continué à tourner au ralenti, englué comme jamais dans la sinistrose. A l'Hôtel Drouot, les rares bonnes pièces présentées en vente ont été arrachées à des prix plutôt fous par des amateurs affamés.

    Et pourtant, depuis quelques mois, les ventes en privé de tableaux exceptionnels n'ont jamais été aussi nombreuses. Et pour cause, ceux-ci peuvent rapporter des plus-values de 10% l'an, bien plus que la caisse d'épargne, les comptes bancaires rémunérés ou la Bourse, où les titres sont restés toujours aussi volatiles.

    Ces transactions sont en général réalisées par des courtiers en relation avec les plus grosses fortunes de la planète et ce, dans un contexte qui dépasse l'imagination car le circuit des ventes de gré à gré est semé d'incroyables embûches propres à faire passer un classique parcours du combattant pour une simple virée à Disneyland.

    D'habitude, les choses se passent de la manière suivante : un collectionneur désire se séparer par exemple de son Picasso acheté 3 millions de dollars il y a une dizaine d'années. Cherchant à en obtenir un bénéfice substantiel, il contacte donc un courtier bien en vue pour le vendre à 4 millions de dollars. Ce dernier, qui compte toucher une bonne commission, le propose alors à d'éventuels acheteurs à un prix de départ de 4,5 millions de dollars.

    Bien entendu, le vendeur tient à ce qu'une totale discrétion préside aux négociations qui vont suivre mais le plus souvent, la mécanique finit par s'emballer une fois que le dossier relatif au tableau à vendre est transmis à un acheteur éventuel car ce dernier risque de le faire circuler pour diverses raisons. En effet, si l'œuvre en question ne l'intéresserait pas personnellement, l'idée pourrait lui venir de gagner de l'argent au passage en la proposant à d'autres amis collectionneurs susceptibles de l'acheter de leur côté.

    Si les choses se passent ainsi, et c'est souvent le cas, d'autres petits malins s'approprieront ce fameux dossier en se faisant passer pour les intermédiaires directs du vendeur et au fil des semaines, celui-ci circulera un peu partout accompagné d'un prix de vente encore plus conséquent que celui demandé par le véritable mandataire de la vente.

    Au bout du compte, il arrive bien souvent qu'un vendeur, connu pour acheter des œuvres de grands maîtres, se voit proposer le tableau qu'il a lui-même mis en vente !

    Les collectionneurs – qui sont souvent des spéculateurs- cherchent des pièces inédites sur le marché, en général des tableaux qui ne sont pas sortis d'une collection ou qui ne sont pas passés dans une vente publique depuis fort longtemps. Une toile vendue chez Christie's ou Sotheby's depuis moins de huit ans, a donc peu de chances de les intéresser.

    A première vue, on peut donc croire qu'un tableau resté durant plus d'une dizaine d'années dans des mains privées a ainsi toutes les chances d'être facilement vendu mais si son dossier se met à tourner durant des mois d'un courtier à l'autre, les éventuels acheteurs finissent par le considérer comme grillé sur le marché.

    Pour qu'une transaction soit menée à bien, il est nécessaire que le candidat à l'acquisition d'un tableau fournisse une lettre d'intention d'achat et une évidence bancaire. L'étape suivante consiste à lui montrer le tableau, en général chez un transitaire ou au port franc de Genève où il a été déposé. S'il est satisfait de sa visite, il effectue ensuite un virement et une fois l'argent encaissé, l'œuvre lui est livrée.

    Il arrive cependant qu'en manifestant son intention d'acheter une toile importante, un acheteur éventuel s'amuse simplement à la bloquer parce qu'en même temps, il est en train de négocier l'acquisition d'une œuvre similaire et qu'il a besoin d'un certain délai de réflexion pour se décider en faveur de l'une ou de l'autre. Il se peut même qu'il cherche déjà à revendre la toile avant de l'avoir achetée ou qu'il tente de se passer des services du courtier pour négocier directement avec le propriétaire et gagner 5 ou 10% sur le prix qui lui a été demandé.

    Chaque mois, ce sont pas moins de 40 œuvres de Picasso, 20 de Modigliani, de Renoir, Monet ou Matisse ou 5 encore de Pissarro, de Sisley, Gauguin, Van Gogh, Braque, Giacometti, de Staël, Moore ou Bacon qui sont proposées dans des ventes privées. Parmi celles-ci, une dizaine à peine trouveront des preneurs au terme d'un véritable travail d'Hercule effectué par chaque courtier pour mener une transaction à bien. Il existe près d'une centaine de courtiers bien introduits sur le marché mais leur taux de réussite est somme toute assez faible alors que ceux qui parviennent à vendre plus de cinq œuvres par an ne sont qu'une poignée.

    Inutile de dire que pour s'instituer courtier il faut connaître la peinture, avoir des relations et de l'expérience, savoir être patient pour conclure une affaire à et avoir une force mentale à toute épreuve pour envoyer balader les parasites et dialoguer avec des acheteurs parfois très enquiquinants, ce qui n'est pas donné à tout le monde.

    Maintenant, pourquoi des collectionneurs préfèrent-ils le circuit des ventes privées plutôt que de vendre leurs œuvres aux enchères ou directement à des galeries ? Tout simplement parce qu'une vente chez Sotheby's ou Christie's implique des frais, qu'elle peut être aléatoire car si une œuvre reste invendue, elle ne pourra plus intéresser d'autres collectionneurs avant longtemps alors que négocier une vente auprès d'une galerie, qui cherchera à réaliser un écart sur la revente de l'oeuvre, aboutit souvent à un marchandage fatigant quant au prix demandé. Par contre, une vente en privé offre des avantages évidents car d'une part, un vendeur se contente de laisser un courtier mener d'âpres négociations à sa place alors que d'autre part, il peut avoir la possibilité d'obtenir qu'une transaction soit réalisée en toute discrétion à Genève ou dans un autre paradis fiscal.

    Samedi 5 février 2005, rien de spécial le matin de bonne heure au marché de Vanves. Par contre, en se permettant d'y flâner jusqu'à midi, Chester Fielx a fini par mettre la main sur des aquarelles et pastels de Maufra, Boudin, Cross et Jongkind. A 200 euros pièce, ce diable de Luxembourgeois a réussi un petit coup d'enfer plutôt rare en cette période de misère.

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