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Peintures

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L'ECOLE DE BARBIZON par Adrian Darmon
16 Mai 2007

Cet article se compose de 2 pages.
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A 60 kilomètres de Paris, à l'orée de la forêt de Fontainebleau, un tout petit hameau, Barbizon, habité par des cultivateurs et des charbonniers, devint au XIXe siècle le berceau d'un art nouveau: le paysage.

Ce n'est qu'en 1925 qu'on a vraiment découvert l'importance des travaux de l'école de Barbizon à travers le livre de Prosper Dorbec, "l'art du paysage en France".

L'apparition du paysage dans la peinture a constitué un phénomène d'une importance insoupçonnée et ceux qui furent les instigateurs de cet art novateur furent en quelque sorte les représentants du peuple issu de la Révolution de 1789 qui se battirent contre la bourgeoisie laquelle profita de ce grand bouleversement. Ces peintres luttèrent contre les institutions et furent les porte-drapeaux d'une nouvelle liberté puisqu'ils s'éloignèrent des courants traditionnels.


Camille Corot
Roches dans la forêt de Fontainebleau

Alors que la bourgeoisie marquait sa toute puissance entre 1830 et 1870, les peintres de Barbizon cherchèrent dans la nature à s'épanouir et à trouver une nouvelle âme ainsi qu'une identité.
Ces peintres se chargèrent de faire un large inventaire de la nature en s'inspirant d'une part des paysagistes hollandais du XVIIe siècle et anglais du début du XIXe siècle et d'autre part, en se révoltant contre une Académie contrôlée par les bourgeois.

Au risque d'être rejetés et en connaissant des conditions de vie difficiles, ces artistes entendirent peindre ce qui leur plaisait. Ils s'attaquèrent donc au paysage, un art qui n'était pas encore reconnu.



Georges Michel
L'orage, vers 1820-1830

Achille Michallon qui fut le mentor de Corot figura parmi les premiers à suivre cette voie et contrairement à certains peintres qui peignirent des vues italiennes à la fin du XVIIIe siècle, ces précurseurs instillèrent dans leurs oeuvres un état d'âme et un langage.

Ces artistes se laissèrent séduire également par le réalisme et laissèrent de côté le romantisme tout en cherchant un certain pathétisme.



Gustave Courbet
Casseurs de pierres, 1849

Les chefs de file de l'école de Barbizon furent Georges Michel, Théodore Rousseau, Jean-François Millet et Corot. Avec eux, les paysans ne furent plus des éléments de décors mais de véritables acteurs et Millet se consacra souvent aux scènes agricoles alors que Courbet s'intéressa aux casseurs de pierre, fossoyeurs, bûcherons ou braconniers.Il y eut donc une véritable description du prolétariat paysan à travers de nombreuses oeuvres qui eurent le don de glorifier son dur labeur. Millet ne fut pas un révolutionnaire au sens propre du terme mais un paysan d'origine attiré par la terre qui voulut montrer qu'en peignant un paysage on pouvait aussi faire une réflexion sur l'homme qui y vit. Courbet, plus contestataire, Marxiste avant la lettre, se battit lui pour plus de justice sociale.

La plupart des peintres de l'école de Barbizon étaient des exclus des Salons qui manifestérent une sorte de révolte contre l'industrialisation de la société dans leurs oeuvres. Rousseau, Daubigny s'évertuèrent à montrer la vraie campagne alors qu'alentour les villes pollueuses s'agrandissaient, que les usines poussaient comme des champignons, que les rivières se réduisaient et que les routes commençaient à zébrer les forêts.

Ils furent ainsi des écologistes avant la lettre, cherchant l'air pur et des panoramas vierges loin du chaos urbain.


Jean-François Millet
Le semeur, 1850

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