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DADA = NIET NIET par Adad Dadarmon

Cet article se compose de 4 pages.
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Néanmoins, les organisateurs furent satisfaits de cette manifestation puisqu'ils avaient atteint leur but en provoquant l'hostilité de l'assistance.

Au début du mois de février 1920, les Dadaïstes organisèrent un autre événement au Grand Palais en faisant croire que Gabriele d'Annunzio s'était rallié à leur mouvement et que Charlie Chaplin venait d'arriver à Paris. A l'occasion, Tzara publia dans son bulletin Dada les principes qu'il voulait mettre en œuvre en décrétant que Dada doutait de tout, que Dada était tatou que tout était Dada et que les vrais Dadas étaient contre Dada. Là, la foule fut présente au rendez-vous tout comme elle le fut deux jours plus tard pour une autre manifestation organisée rue de Puteaux au cours de laquelle des spectateurs, les uns anarchistes, les autres socialistes, s'affrontèrent physiquement.

D'autres réunions de ce genre, aussi provocatrices les unes que les autres, furent organisées cette année là, notamment en mai 1920 avec le festival Dada montré salle Gaveau qui annonça au programme un rasage de crâne pour les Dadaïstes, une danse immobile et de la musique sodomite. Ce jour là, les insultes fusèrent avec encore plus d'intensité et la presse se déchaîna en allant jusqu'à demander s'il fallait fusiller ou brûler vifs ces cinglés de Dadaïstes.

Néanmoins, des querelles internes se firent jour au sein même du mouvement, car s'ils prônaient le mépris d'eux-mêmes, les figures du Dadaïsme ne parvinrent pas à se débarrasser des travers propres à tout être humain, comme l'ambition ou la jalousie. Or, Breton se mit en tête de prendre le pouvoir comme lors du faux procès intenté à Maurice Barrès au cours duquel il s'institua président du tribunal.

Tzara et Picabia s'y opposèrent et ce dernier alla jusqu'à vilipender Breton et ses partisans, Soupault et Aragon en particulier. Picabia s'en prit aussi à Tzara en revendiquant la paternité du Dadaïsme, créé selon lui avec Marcel Duchamp dès 1913.

Le mouvement devint alors la proie de conflits et de bagarres qui le minèrent surtout lorsque le peintre Christian Schad accusa Tzara d'être un imposteur dans une lettre adressée en 1921 à Picabia en signalant que les inventeurs du mot « Dada » avaient été en fait Hugo Ball et Richard Huelsenbeck alors que Tzara se trouvait ailleurs à ce moment là.

En Octobre 1921, André Breton provoqua définitivement une scission en organisant « Le Congrès de Paris » avec l'ambition de faire évoluer le mouvement et l'arroère pensée de le contrôler.

En réaction, Tzara et les adversaires de Breton se réunirent en février 1922 à la « Closerie des Lilas » pour condamner ce dernier et ses méthodes jugées dictatoriales.

Cette division entre Dadaïstes prit une tournure plus violente en juillet 1923 lorsqu'au cours d'une soirée organisée par Tzara au Théâtre Michel, Breton intervint brutalement en cassant d'un coup de canne le bras de Pierre Massot qui avait selon lui dépassé les bornes en lisant un texte injurieux envers Gide et Picasso.

Ce fut ensuite Tzara qui se fit corriger à coups de poing par Eluard avant d'organiser une dernière manifestation en mai 1924 au théâtre de la Cigale où on joua « Mouchoir de nuage », sa dernière pièce.

Le mouvement Dada poussa là son ultime soupir alors que le soir de la première, Tzara rencontra Greta Knutson, sa future épouse, qui lui offrit en cadeau un hôtel particulier dont le confort lui fit oublier quelque peu ce pour quoi il s'était battu.

Sept mois plus tard, Breton publia le « Manifeste du Surréalisme », un mouvement né des cendres du Dadaïsme, en provoquant la colère de Picabia qui ne voyait absolument rien d'avant-gardiste chez le directeur de « Littérature » qui avait estimé de son côté que les Dadaïstes français étaient surtout liés par leurs différences, ce qui à priori ne pouvait que conduire à une rupture avec Tzara.

En fait, dès 1920, Breton avait découvert le principe de l'écriture automatique avant de rencontrer Freud l'année suivante pour ensuite remplacer les apports agressifs et provocants du Dadaïsme par une forme de littérature visant à abolir le contrôle de l'acte créatif en utilisant plutôt l'automatisme et le hasard tout en recourrant à l'inconscient. Ce fut ainsi qu'il fut amené en 1924 à éditer son premier manifeste du Surréalisme, un mouvement qui attira nombre d'anciens artistes dadaïstes comme Picabia, Man Ray ou Max Ernst alors que Tzara n'y adhéra qu'en 1929. En réalité, Breton avait compris assez vite que le Dadaïsme, qui avait perdu énormément de son propos après la guerre, était voué à disparaître et qu'il était nécessaire de donner un sens à son fils spirituel qu'était le Surréalisme, lequel présentait l'avantage de s'articuler autour de la notion d'onirisme tout en demeurant provoquant et scabreux à travers ses thèmes.

Le Dadaïsme courut à sa perte parce que par définition, il n'était rien même s'il voulait dire tout. Privé de choix et d'engagement, ce mouvement n'avait dès lors aucun objectif précis car il était le contraire de ce qu'il entendait signifier et vice versa, ce qui l'amena comme un chien à se mordre la queue.

Anti presque tout et enfantin à la fois, il résumait des contradictions insolubles au point de ne pas être lui-même un mouvement à proprement parler.

Pour résumer, Dada vit le jour en 1916 au Cabaret Voltaire de Zurich et ne survécut au plus que six ans quoique Hugo Ball, inventeur du mot « Dada », estima que l'existence du mouvement zurichois, né en réaction à la situation politique dans une Europe déchirée par la guerre, ne dura que quelques mois.

Précédé par d'autres courants qui secouèrent le monde de l'art à partir du début du XXe siècle, comme l'Expressionnisme, le Cubisme ou le Futurisme, le Dadaïsme fit donc brièvement fureur à Zurich avant d'essaimer à Berlin, Hanovre, Cologne, New York et Paris.

A Zurich, il se limita surtout aux soirées littéraires. A Berlin, il fut plus protestataire et politique alors qu'à Cologne, il fut le creuset de nouvelles expérimentations artistiques.

Le mouvement se fit connaître à travers de nombreuses revues telle « Der Ventilator » publiée à Cologne et tirée à 40 000 exemplaires, ce qui démontre que les Dadaïstes avaient une certaine science de la publicité pour attirer les foules.

Leurs conférences répondirent souvent à leurs attentes puisqu'elles conduisirent maintes fois à des émeutes alors que leurs revues et leurs expositions furent interdites à plusieurs reprises et que leurs artistes furent parfois arrêtés par la police mais au bout de plusieurs scandales, ils finirent par être en manque d'imagination pour finalement lasser le public.

Le mouvement dada fut par essence irrationnel d'autant plus que ses adeptes ne furent jamais en position de former un bloc soudé. Tout ce qu'ils cherchaient était d'exercer une influence sur leur temps par des actions spontanées et le seul résultat positif qu'ils obtinrent fut l'invention de nouvelles démarches ou techniques artistiques.

Si la Suisse fut le berceau du Dadaïsme, ce fut parce que ce pays n'était pas en guerre et qu'il abritait des artistes ou des intellectuels étrangers qui avaient refusé de participer au conflit. L'auteur de théâtre Hugo Ball était ainsi arrivé en 1915 à Zurich où il créa le « Cabaret Voltaire » en attirant à sa suite les artistes Marcel Janco, Jean Arp et Hans Richter ainsi que le poète Tristan Tzara et Richard Huelsenbeck dont il avait fait la connaissance à Berlin. Ces gens-là s'étaient pour la plupart réfugiés en Suisse pour échapper à la boucherie guerrière qui causa la perte de nombreux artistes de talent tels Franz Marc, August Macke ou Umberto Boccioni.

La guerre avait un côté irrationnel tout comme le mouvement Dada qui s'y opposa mais à Zurich, son champ d'action fut somme toute limité alors qu'à Berlin, il se montra plus politique en poussant le public à ouvrir les yeux sur les désastres du conflit mondial.

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