Le Musée d'art moderne de la Ville de Paris présente jusqu'au 12 avril 2009 les oeuvres plutôt iconoclaste de Jimmie Durham, un militant de la cause indienne qui s'est servi de détritus pour refléter sa vision toute personnelle de la philosophie de la vie ou de la nature.
Installé en Europe depuis 1994, cet Indien cherokee né en 1940 en Arkansas a été très engagé pour la cause indienne pour défendre l'histoire de son peuple déformée par Hollywood depuis l'invention du cinéma.
Adepte de la récupération, notamment des pierres, du bois ou de divers objets, Durham a créé des oeuvres déroutantes parfois très totémiques et souvent incompréhensibles du public tout en y déclinant des théories artistiques souvent proches de celles de Basquiat.
Il y a parfois du Jeff Koons en cet artiste qui affirme non sans à-propos que l'art a été de tous temps contemporain et réfute la catégorisation, à son avis stupide, des créateurs de notre époque qui se regroupés simplement pour l'argent.
Il n'en reste pas moins que la démarche de Durham, basée sur la dérision, l'humour et le bizarre, est difficile à décrypter pour tout amateur peu averti de sa philosophie. De temps à autre, il paraît sublime comme avec cet avion de tourisme écrasé par un rocher semblant être tombé du ciel mais au final, on a l'impression de le voir sombrer dans une facilité de mauvais goût notamment lorsqu'il cherche à parodier Duchamp avec un urinoir brisé par une grosse pierre ou lorsqu'il se prend pour Dubuffet pour se perdre dans un labyrinthe de formulations étranges en manquant de la sorte la porte qui mène au succès.
A.D