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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2000 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Page précédente 51/1254
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    XXIVème Chapitre
    Une bonne partie de la collection Goudstikker enfin rendue à sa famille
    01 Février 2006
    Cet article se compose de 4 pages.
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    Lundi 6 février 2006, après Maria Altmann qui a obtenu gain de cause quant à la propriété d'oeuvres de Gustav Klimt, exposées au Musée du Belvédère de Vienne après avoir été saisis par les nazis à son oncle, Ferdinand Bloch-Bauer, ce sont les héritiers du marchand hollandais Jacques Goudstikker qui ont appris avec soulagement que 202 tableaux ayant appartenu à ce dernier leur seraient enfin restitués.

    Mort accidentellement en 1940 alors qu'il tentait de fuir les Pays-Bas occupés pour se réfugier Grande-Bretagne, Goudstikker avait amassé au cours de sa belle carrière de marchand quelque 1 300 tableaux, dont des oeuvres majeures de Giotto, Memling, Rembrandt, Frans Hals, Jan Steen, Van Goyen ou du Greco.

    Passionné par la peinture flamande et hollandaise du XVIIe siècle, Jacques Goudstikker avait de qui tenir puisque son grand-père et son grand-oncle avaient créé un magasin d'antiquités dès 1845. Il travailla ainsi pour la maison familiale à la fin de la Première Guerre Mondiale puis en prit la tête à la mort de son père en 1927.

    Vivant fastueusement, Goudstikker prenait souvent plaisir à organiser des fêtes dans son château mais aussi des expositions qui firent date aux Pays-Bas, comme celle consacrée à l'art italien. Envié, voire jalousé, le flamboyant marchand juif eut pourtant le cran de refuser de commercer avec ses clients allemands au lendemain de l'invasion des Pays-Bas tout en se dépensant sans compter pour venir au secours de ses coreligionnaires qui étaient venus auparavant se réfugier dans ce pays après avoir fui l'Allemagne nazie.

    Partie aux Etats-Unis où elle avait refait sa vie, sa veuve Dési se démena durant des années pour récupérer sa collection de tableaux dont une bonne partie avait été vendue durant la guerre au maréchal Goering et à un homme d'affaires allemand du nom d'Aloïs Miedl. Ces oeuvres furent récupérées par les Pays-Bas après la défaite de l'Allemagne mais le gouvernement de La Haye refusa de lui donner satisfaction jusqu'à sa mort en 1996. Ce fut alors que Marei et Charlene von Saher, belle-fille et petite-fille de Jacques Goudstikker, poursuivirent le combat longtemps mené par la veuve du marchand pour faire valoir leurs droits.

    Tout en déplorant la perte incommensurable pour les musées hollandais que représente cette restitution, le gouvernement a indiqué que l'Etat conserverait 65 des 267 tableaux revendiqués du fait qu'il a été impossible de déterminer si ceux-ci pouvaient revenir aux héritiers du marchand. En attendant les 202 oeuvres que ces derniers vont récupérer représentent une valeur globale de plus de 40 millions d'euros. On peut quand même s'étonner que dans cette affaire, les Pays-Bas aient traîné les pieds durant 60 ans pour rendre cette collection spoliée par les nazis.

    Une autre affaire d'oeuvres disparues pendant la guerre a mis à mal la maison de ventes Christie's qui à la fin de l'année 2004 à Paris avait adjugé pour 785 000 euros un lot de 60 assiettes, 2 cloches et leur présentoir provenant du fameux service Orlov en argent dont 169 pièces sont conservées dans des musées russes alors qu'il n'en reste que 230 connues dans le monde.

    En fait, les lots vendus chez Christie's provenaient de la collection de l'antiquaire Jacques Helft qui s'était réfugié aux Etats-Unis avec sa famille en 1940. Durant l'Occupation, sa galerie et son immeuble, situés rue de Ponthieu, firent l'objet d'une saisie par la commission aux affaires juives et sa collection volée par la bande Bony-Lafont travaillant pour le compte de la Gestapo. Celle-ci se partagea ensuite un appréciable butin constitué de meubles, tableaux et objets d'art dont des pièces du magnifique service en argent offert dans les années 1770 par Catherine II à son favori le comte Orlov. Jacques Helft avait notamment pu acheter une grande partie de celles-ci auprès des Soviétiques lorsque ceux-ci avaient dispersé nombre de trésors dans les années 1920 afin de faire tourner leur économie. Le quotidien "Libération" a rappelé qu'après la guerre sur ses 1 712 meubles et objets disparus, la famille n'en retrouva que 283 dans la galerie Bonnefoy, qui fut condamnée à les rendre.

    Georges Helft, le fils de Jacques, avait protesté auprès de Christie's en apprenant la vente de ces pièces, dont certaines portaient la marque de la maison Helft, "LFH", et exigé de connaître le nom de vendeur, ce à quoi on lui avait répondu que les parents de ce dernier avaient acquis celles-ci auprès de son père à la fin des années 1930, un fait prouvé par un document attestant de leur exportation.

    L'affaire ayant été portée devant la justice, la maison Christie's a été obligée de révéler le nom du vendeur, d'avouer que ce fameux document d'exportation n'existait pas et de reconnaître que la provenance de ces pièces était floue puisque son catalogue mentionnait que le dernier propriétaire avant celui qui les mettait en vente n'était pas connu.

    "Libération" a ajouté que cette controverse a causé un sacré souci pour Christie's, déjà mise en cause par ailleurs pour avoir vendu à New York une bible hébraïque du XIIIe siècle volée à la Bibliothèque nationale sans avoir pris la peine de vérifier sa provenance. Voilà qui a fait plutôt désordre...

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