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Mentir sur son âge, c'est faire injure à ses artères...
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XXXVème Chapitre
SEPTEMBRE, LA CRISE EST DE MISE
07 Septembre 2011 |
Cet article se compose de 2 pages.
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Mardi 6 septembre, Gareth Griffiths, l'ancien directeur du British Empire and Commonwealth Museum démis de ses fonctions il y a six mois sous l'accusation d'avoir vendu des objets appartenant à cette institution sans l'autorisation de ses administrateurs, a annoncé son intention de porter plainte pour licenciement abusif. Au départ, Griffiths s'était vu reprocher d'avoir vendu sans autorisation deux objets du musée, une statuette de bronze et un panneau de bois, dont au moins un au marchand londonien d'art ethnographique Douglas Barrett mais une enquête de la police a depuis révélé que ce sont 150 pièces qui auraient été négociées par l'ex-directeur du musée sans l'accord de son conseil d'administration, ce qu'a réfuté l'intéressé avec véhémence. De son côté, le conseil d'administration du musée a soutenu n'avoir autorisé que la vente de pièces sans importance. Affaire à suivre… Mercredi 7 septembre, la politique a pris le pas sur des raisons artistiques lorsque plusieurs artistes indiens ont décidé de renoncer à leur prochaine exposition au Musée d'Art de Tel Aviv pour manifester leur solidarité avec les Palestiniens. Le musée israélien avait invité plusieurs artistes indiens, dont Anita Dube, Amar Kanwar, Nalini Malani ou Sakshi Gupta à participer au printemps 2012 à la première grande exposition sur l'Inde intitulée « Deconstructing India ». Les quelque 21 artistes concernés ont expliqué qu'en refusant de participer à cette exposition, ils entendaient refuser de « légitimer la politique illégale, raciste et d'apartheid du gouvernement israélien contre le peuple de Palestine». Après le gel des relations décidé par la Turquie, Israël se retrouve de plus en plus isolé sur la scène internationale alors que les pourparlers avec les Palestiniens sont restés au point mort. Reste à savoir si le boycott accru de l'Etat Hébreu est la meilleure manière de parvenir à la paix au Proche-Orient d'autant plus que par leur décision, ces artistes indiens ont indirectement cautionné le groupe extrémiste du Hamas qui de son côté a continué de nier l'existence d'Israël et même de prôner l'extermination des juifs. A Washington, la cour fédérale a ordonné que la Hongrie soit poursuivie pour avoir refusé de rendre aux héritiers d'un collectionneur juif des œuvres d'art spoliées par le régime fasciste allié aux nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. Les héritiers du banquier hongrois et collectionneur Mor Lipot Herzog réclamaient depuis 20 ans la restitution de ces œuvres. De guerre lasse, ils avaient déposé plainte contre l'Etat hongrois auprès de la cour fédérale de Washington laquelle a estimé. que leur plainte était recevable en rejetant l'argument du gouvernement hongrois selon lequel il ne pouvait être jugé par les Etats-Unis. La cour a signalé que la Hongrie avait violé le droit international en s'emparant de ces œuvres et qu'elle pouvait donc être poursuivie aux Etats-Unis en vertu du Foreign Sovereign Immunities Act qui précise les conditions dans lesquelles un pays étranger peut être jugé par les tribunaux américains tout en admettant que les héritiers ne pouvaient prétendre qu'à la restitution que de 11 des 44 œuvres qu'ils réclamaient étant donné qu'ils avaient bénéficié d'une indemnisation partielle en vertu d'un accord américano-hongrois de 1973. Parmi ces œuvres estimées à quelque 100 millions de dollars figuraient notamment des tableaux de Zurbaran ou du Greco. Dimanche 11 septembre, vide-grenier aux Orphelins d'Auteuil où certains chineurs se sont régalés de quelques belles trouvailles. On s'est rendu compte que les brocantes organisées dans les beaux quartiers étaient de loin les plus intéressantes. Vendredi 16 septembre, rien d'emballant au marché aux Puces de Saint-Ouen sinon une Vanité de style caravagesque vendue pour quelque 2500 euros à Paul Bert et un Christ aux liens en bronze de la fin du XVIe siècle chiné au carré Voltaire. En attendant, les affaires ont eu du mal à reprendre au point que la désolation a gagné du côté du marché Serpette où quelques gros marchands n'ont pas fait de recette depuis des semaines. L'un deux, un marchand de tableaux habitué naguère à enregistrer de grosses ventes, a d'ailleurs avoué qu'il était désormais au plus mal à cause de la crise. Il faudra néanmoins attendre la reprise des ventes à Drouot pour se faire une idée plus précise de la situation. Parlant de crise, celle qu'a subi un marchand de Saint-Ouen d'Arts Premiers spécialisé notamment dans les objets africains et indiens a été cardiaque, ce qui lui a valu une intervention d'urgence à l'hôpital alors qu'il se sentait avoir de ailes après un mois d'août euphorique au niveau de ses affaires Ce dernier avait notamment déjeuné trois jours plus tôt avec la veuve d'un marchand canadien décédé brutalement après être entré en possession d'un fétiche zuni réputé maléfique. On ose espérer qu'il n'avait pas pris la fâcheuse décision de racheter cet objet inden de malheur.
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Le mois de septembre a démarré dans la plus grande incertitude avec des risques accrus d'une grande récession propre à affecter tous les secteurs de l'économie mondiale et par ricochet le marché de l'art puisque nombre de ses principaux acteurs pâtiraient de lourdes pertes financières.
Le spectre de la crise de 2008 a commencé à planer sur le marché qui subirait ainsi un fort recul en cas de récession puisque les investisseurs seraient à court d'argent pour investir dans des oeuvres qui deviendraient invendables à court terme. Déjà très touchées par la crise, les classes moyennes ont déserté le marché faute de moyens pour se faire plaisir, ce qui a eu des conséquences graves pour le commerce de la brocante et des antiquités de moyenne qualité.
Samedi 3 septembre 2011, un clochard quelque peu déséquilibré a vandalisé la fontaine du Maure et la fontaine de Trévi à Rome avant d'être arrêté quelques heures plus tard grâce aux caméras de surveillance installées place Navone. Âgé de 52 ans, l'individu a frappé à plusieurs reprises les sculptures de la fontaine du Maure, réalisées par Pierro della Porta en 1575 à l'aide d'une pierre avant d'aller jeter un pavé contre.la fontaine de Trévi qui a été peu endommagée. Par contre, cassées par le vandale qui a été interné dans un hôpital psychiatrique, deux têtes d'animaux de la fontaine du Maure par Le Bernin dont les statues originales sont conservées à la Villa Borghèse depuis plus de 130 ans ont dû subir à la hâte des travaux de restauration. Dimanche 4 septembre, un tableau naguère attribué à Rubens volé au Musée des Beaux-Arts de Gand en juin 2001 a été retrouvé en Grèce par la police qui a interpellé deux personnes, un ancien antiquaire et une femme qui ont fait l'objet de poursuites pour blanchiment d'argent et crime organisé. Cette toile titrée « La Chasse au Sanglier » peinte en fait par un élève du maître flamand a été retrouvée à Rhodes lorsque les deux personnes en question tentaient de le revendre à des policiers se faisant passer pour des acheteurs. Les voleurs de ce tableau avaient été arrêtés en 2002 et condamnés mais leurs commanditaires n'avaient pas été retrouvés. Lundi 5 septembre, les autorités du comté de Los Angeles ont décidé de ne pas restituer à son propriétaire le dessin de Rembrandt titré « Le Jugement » volé le 13 août dans un palace de Marina del Rey et retrouvé trois jours plus tard abandonné dans une église des environs au prétexte qu'il ne serait pas authentique. Ce dessin qui devait être vendu aux enchères par le Linearis Institute, un centre privé spécialisé dans les dessins et estampes, ne serait donc pas de la main de Rembrandt selon plusieurs spécialistes qui n'ont jamais eu connaissance de son existence puisqu'il n'est pas répertorié dans le volume Benesch lequel recense en six tomes les œuvres sur papier du maître néerlandais. En l'absence de documents justifiant sa provenance, les autorités ont conservé l'œuvre en attendant de connaître l'identité de son propriétaire et de déterminer son authenticité. A Cologne, s'est ouvert le procès du faussaire Wolfgang Beltracchi et de trois de ses comparses mis en examen, l'un pour avoir copié et les autres pour avoir vendu de faux tableaux de maîtres expressionnistes et modernes pour quelque 34 millions d'euros. Beltracchi avait réalisé des plagiats presque parfaits dont une quinzaine ensuite revendue par sa femme, sa belle-sœur et un complice qui avaient inventé des provenances en apparence solides pour tromper plusieurs importantes maisons de vente ainsi qu'un certain nombre de galeristes européens. En plus des œuvres vendues, la police allemande avait saisi en mai dernier 33 autres tableaux de peintres célèbres dont Beltracci a été soupçonné d'en être l'auteur. Les investigations se sont aussi poursuivies en France où une galerie et un expert ont été mis sur la sellette.
Mardi 6 septembre, Gareth Griffiths, l'ancien directeur du British Empire and Commonwealth Museum démis de ses fonctions il y a six mois sous l'accusation d'avoir vendu des objets appartenant à cette institution sans l'autorisation de ses administrateurs, a annoncé son intention de porter plainte pour licenciement abusif. Au départ, Griffiths s'était vu reprocher d'avoir vendu sans autorisation deux objets du musée, une statuette de bronze et un panneau de bois, dont au moins un au marchand londonien d'art ethnographique Douglas Barrett mais une enquête de la police a depuis révélé que ce sont 150 pièces qui auraient été négociées par l'ex-directeur du musée sans l'accord de son conseil d'administration, ce qu'a réfuté l'intéressé avec véhémence. De son côté, le conseil d'administration du musée a soutenu n'avoir autorisé que la vente de pièces sans importance. Affaire à suivre… Mercredi 7 septembre, la politique a pris le pas sur des raisons artistiques lorsque plusieurs artistes indiens ont décidé de renoncer à leur prochaine exposition au Musée d'Art de Tel Aviv pour manifester leur solidarité avec les Palestiniens. Le musée israélien avait invité plusieurs artistes indiens, dont Anita Dube, Amar Kanwar, Nalini Malani ou Sakshi Gupta à participer au printemps 2012 à la première grande exposition sur l'Inde intitulée « Deconstructing India ». Les quelque 21 artistes concernés ont expliqué qu'en refusant de participer à cette exposition, ils entendaient refuser de « légitimer la politique illégale, raciste et d'apartheid du gouvernement israélien contre le peuple de Palestine». Après le gel des relations décidé par la Turquie, Israël se retrouve de plus en plus isolé sur la scène internationale alors que les pourparlers avec les Palestiniens sont restés au point mort. Reste à savoir si le boycott accru de l'Etat Hébreu est la meilleure manière de parvenir à la paix au Proche-Orient d'autant plus que par leur décision, ces artistes indiens ont indirectement cautionné le groupe extrémiste du Hamas qui de son côté a continué de nier l'existence d'Israël et même de prôner l'extermination des juifs. A Washington, la cour fédérale a ordonné que la Hongrie soit poursuivie pour avoir refusé de rendre aux héritiers d'un collectionneur juif des œuvres d'art spoliées par le régime fasciste allié aux nazis durant la Seconde Guerre Mondiale. Les héritiers du banquier hongrois et collectionneur Mor Lipot Herzog réclamaient depuis 20 ans la restitution de ces œuvres. De guerre lasse, ils avaient déposé plainte contre l'Etat hongrois auprès de la cour fédérale de Washington laquelle a estimé. que leur plainte était recevable en rejetant l'argument du gouvernement hongrois selon lequel il ne pouvait être jugé par les Etats-Unis. La cour a signalé que la Hongrie avait violé le droit international en s'emparant de ces œuvres et qu'elle pouvait donc être poursuivie aux Etats-Unis en vertu du Foreign Sovereign Immunities Act qui précise les conditions dans lesquelles un pays étranger peut être jugé par les tribunaux américains tout en admettant que les héritiers ne pouvaient prétendre qu'à la restitution que de 11 des 44 œuvres qu'ils réclamaient étant donné qu'ils avaient bénéficié d'une indemnisation partielle en vertu d'un accord américano-hongrois de 1973. Parmi ces œuvres estimées à quelque 100 millions de dollars figuraient notamment des tableaux de Zurbaran ou du Greco. Dimanche 11 septembre, vide-grenier aux Orphelins d'Auteuil où certains chineurs se sont régalés de quelques belles trouvailles. On s'est rendu compte que les brocantes organisées dans les beaux quartiers étaient de loin les plus intéressantes. Vendredi 16 septembre, rien d'emballant au marché aux Puces de Saint-Ouen sinon une Vanité de style caravagesque vendue pour quelque 2500 euros à Paul Bert et un Christ aux liens en bronze de la fin du XVIe siècle chiné au carré Voltaire. En attendant, les affaires ont eu du mal à reprendre au point que la désolation a gagné du côté du marché Serpette où quelques gros marchands n'ont pas fait de recette depuis des semaines. L'un deux, un marchand de tableaux habitué naguère à enregistrer de grosses ventes, a d'ailleurs avoué qu'il était désormais au plus mal à cause de la crise. Il faudra néanmoins attendre la reprise des ventes à Drouot pour se faire une idée plus précise de la situation. Parlant de crise, celle qu'a subi un marchand de Saint-Ouen d'Arts Premiers spécialisé notamment dans les objets africains et indiens a été cardiaque, ce qui lui a valu une intervention d'urgence à l'hôpital alors qu'il se sentait avoir de ailes après un mois d'août euphorique au niveau de ses affaires Ce dernier avait notamment déjeuné trois jours plus tôt avec la veuve d'un marchand canadien décédé brutalement après être entré en possession d'un fétiche zuni réputé maléfique. On ose espérer qu'il n'avait pas pris la fâcheuse décision de racheter cet objet inden de malheur.
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