Samedi 17 septembre, on a appris à la lecture du magazine "L'Express" que Yves Rouart, descendant de l'artiste impressionniste Berthe Morisot, avait assigné l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France devant le Tribunal de grande instance de Paris pour contester un accord qu'il avait signé en mai 2000 par lequel il cédait les œuvres qu'il avait héritée de sa tante Anne-Marie Rouart en faveur de cette institution et ce, en vue de les exposer au Musée Marmottan.
Yves Rouart avait hérité de la collection de sa tante après le décès de cette dernière en 1993 avant de mener de longues tractations avec l'Académie des Beaux-Arts pour en léguer une partie à celle-ci.
Il avait été ainsi décidé que les tableaux se trouvant dans l'appartement d'Anne-Marie Rouart iraient à l'Académie tandis que d'autres, entreposés dans un coffre lors de l'ouverture de la succession, seraient conservés par son neveu. Seulement voilà, lorsque Guy Wildenstein et Olivier Daulte effectuèrent un inventaire en tant qu'exécuteurs testamentaires, ceux-ci se permirent d'inclure ces tableaux à la collection en question, ce qui amena plus tard Yves Rouart à contester l'exécution du testament et à porter plainte pour la disparition de plusieurs œuvres qui réapparurent quelques années plus tard à Lausanne lors de la succession de François Daulte, le père d'Olivier.
Yves Rouart parvint alors à négocier un accord avec l'Académie qui accepta de lui restituer les œuvres considérées comme des meubles meublant mais la perquisition menée en janvier 2011 à l'Institut Wildenstein a une nouvelle fois remis les choses en cause en raison de la découverte par la police d'un tableau de Berthe Morisot titré « Chaumière en Normandie » qui manquait à l'appel. De ce fait, Yves Rouart s'est dit convaincu que l'Académie n'était pas sans ignorer les manœuvres frauduleuses commises selon lui par Guy Wildenstein et Olivier Daulte et qu'elle les avait vraisemblablement couvertes. Avec cette assignation, le feuilleton de la succession de la collection Rouart n'est donc pas près de se terminer…
Mardi 20 septembre, mauvaise surprise pour le commissaire-priseur de Vendôme qui a constaté le vol de cinq tableaux commis dans son étude durant la nuit. Montant du préjudice: près de 200 000 euros. Filmé par les caméras de vidéo-surveillance à 1 h 50 du matin, le voleur encagoulé et ganté est reparti notamment avec une huile de Raoul Dufy titrée "L'Amphitrite" et une autre de l'artiste allemand du 19e siècle Albrecht Adam représentant une revue militaire. L'enquête a été confiée à la police judiciaire et à l'Office centrl de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC).
Mercredi 21 septembre, peu de bonnes choses à la foire du Mans où un marchand a remarqué que les visiteurs semblaient désintéressés devant les pièces exposées. "Dans ce métier, il ne faut pas avoir de mémoire", a-t-il déclaré avant d'ajouter pour expliquer son propos qu'il ne fallait surtout pas penser au passé. "Quand je vois un quidam reposer d'un air dégoûté un truc pour lequel je demande 400 euros alors que je pouvais en obtenir 10 000 francs il y a 15 ans, je me dis qu'il vaudrait mieux être atteint de la maladie d'Alzheimer pour ne pas me faire du souci. J'envie ainsi les jeunes qui démarrent et qui n'ont pas à se poser des questions qui m'obsèdent",a-t-il indiqué.
Jeudi 22 septembre, rien d'emballant à la foire de Chatou où les chineurs ont usé leurs semelles pour pas grand chose. Le lendemain, atmosphère sinistre à Saint-Ouen où les brocanteurs de Paul Bert ont eu du mal à se remettre de la nouvelle du suicide d'un couple locataire d'un stand dans ce marché. La jeune femme est morte après avoir avalé un cocktail de barbituriques tandis que son compagnon s'en est sorti de jutesse.Décidément, la brocante est un métier plutôt tuant...
Vendredi 23 septembre, rencontre avec l'assistante d'un expert en art d'Extrême-Orient. Question: "Pourquoi certains pièces asiatiques estimées à des prix paraissant ridicules atteignent des sommes astronomiques dans les ventes ?". Réponse: " Parce que certains acheteurs pensent qu'elles sont authentiques pour s'envoyer ainsi en l'air alors que nos estimations sont généralement justes".
- Incroyable ! Vous ne vous trompez jamais ?
- Notre cabinet existe depuis trois générations. Après tout ce temps, les erreurs sont rares.
- Donc, vos acheteurs ont tendance à prendre leurs désirs pour des réalités..
" Effectivement mais cela dit, l'acheteur d'une bonne copie d'un vase Wan Li adjugée à Drouot pour plus d'un million d'euros sur une estimation plutôt juste de 500 peut ensuite fort bien tenter de le revendre comme authentique en Chine. Mais là, ce n'est plus notre problème", a-t-elle ajouté d'un air amusé avant d'indiquer que des pièces adjugées à des prix faramineux à Drouot sont parfois restées impayées alors que certains amateurs chinois se font tirer l'oreille pour honorer leurs achats en se permettant par exemple de les payer au compte-goutte.
Les Chinois ont fait exploser les prix de l'art asiatique ces dernières années pour booster les C.A des groupes de vente mais le boom qu'ils ont provoqué dans ce domaine a quelque peu engendré des difficultés relationnelles entre les commisssaires-priseurs et ces clients joueurs qui se préoccupent peu des us et coutumes du marché français.