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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
  • Page précédente 51/1346
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    XXIVème Chapitre
    Ca tangue dans le milieu des experts en arts asiatiques
    01 Juin 2006
    Cet article se compose de 5 pages.
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    En attendant, force est de constater que les antiquaires ne respectent pas toujours les règles de bonne conduite qu'ils affirment vouloir s'imposer et qu'il est assez courant dans leur milieu de dénigrer des rivaux, notamment lorsqu'un professionnel cherche à capter la clientèle du voisin, que ce soit dans sa boutique ou sur son stand de la Biennale. Et là, il n'y a plus de confrère qui tienne.

    Si un riche bourgeois s'avise de demander à un marchand ce qu'il pense de la commode de prix que lui a proposée Machin, il s'entendra répondre qu'il s'agit d'un joli meuble mais en faisant comme par hasard une petite moue dubitative qui poussera automatiquement son interlocuteur à mieux connaître le fond de sa pensée.

    Entraînant celui-ci à part, le marchand trouvera alors à coup sûr les mots qui tuent pour lâcher que la commode en question a malheureusement des défauts, comme son plateau de marbre qui à son avis n'est pas d'origine ou ses bronzes qui semblent rapportés avant de finir par lui dire qu'il n'aurait pas osé la lui vendre au prix demandé par son concurrent. Tout compte fait, il n'y a pas à s'offusquer car il s'agit pour un marchand de défendre sa "came" et non celle du voisin qui lui aussi est prêt à tout pour lui piquer ses clients.

    Se livrant ainsi une guerre sans merci pour s'accaparer les bonnes pièces circulant sur le marché, les grands antiquaires en sont venus à se jalouser de plus en plus au fur et à mesure où la pénurie d'objets d'art exceptionnels les a forcés à se démener. Inutile de dire que les jeunes pousses n'ont pas eu la tâche facile à Paris où plus d'un Rastignac de la profession a fait les frais d'une ascension trop rapide dans le milieu. D'autre part, le bruit a aussi couru avec insistance que Didier Aaron avait été pressenti pour devenir président de la prochaîne biennale, ce que l'intéressé n'aurait guère eu l'heur d'accepter, sachant probablement qu'un tel honneur serait un cadeau empoisonné.

    Plus saoulé par les ragots entendus ici et là que par le champagne, j'ai préféré poursuivre ma promenade et m'arrêter chez le prince des antiquaires, Bernard Steinitz en personne, ce vieux pilier de la profession qui a su éviter les écueils et mener sa barque à sa guise en préférant ne pas se mêler des petites affaires des autres.

    Se servant de sa canne comme d'un sceptre, Steinitz a accueilli nombre de curieux d'un air affable sans toutefois perdre de son côté narquois, comme lorsqu'une journaliste du "Parisien" lui a demandé s'il serait possible de l'interviewer un jour, ce à quoi il s'est montré très évasif pour faire subitement diversion en évoquant avec regret la récente disparition du patron de son journal. Du grand art...

    Quelques minutes plus tard, rencontre avec Jean Gismondi, un homme d'une courtoisie extrême connu pour ses choix éclectiques et raffinés qui a eu du mal à se remettre de l'affaire concernant cette employée de la BNP qui puisait dans la caisse de la banque pour s'offrir des meubles rares qu'elle entassait dans son modeste appartement de banlieue.

    A l'évidence, le marchand a été meurtri de s'être vu reprocher d'avoir vendu à cette dame des commodes du XVIIIe siècle sans avoir vérifié si son argent était bien le sien, comme s'il était obligatoire de demander à tout visiteur ayant franchi le seuil de sa boutique de lui fournir au préalable sa déclaration d'impôts. La femme en question présentait bien et avait du goût. Pouvait-il soupçonner que les sommes qu'il recevait par virement bancaire étaient en fait le fruit d'un détournement au sein de la banque? La question mérite d'être posée et les juges auront certainement bien des difficultés à trouver une réponse claire à ce sujet.

    Détour chez Didier Aaron, flanqué de son flamboyant collaborateur Bill Pallot, un expert à l'allure de play-boy qui a vraiment un oeil, encore bien plus puissant qu'une loupe, pour détecter les bonnes pièces. Bref, tout a semblé respirer un certain luxe princier dans l'atmosphère très feutrée du temple du grand prêtre Aaron, un univers à part que les visiteurs ont pu découvrir, émerveillés et intimidés à la fois, bien éloigné du brouhaha de la rue où la fête a battu son plein jusqu'après 22 heures.

    Jeudi 8 juin 2006, pour 44 millions d'euros, Sotheby's a fait l'acquisition avec l'intégralité de son stock de Noortman, l'une des plus importantes galeries de peinture ancienne située à Maastricht.

    Robert Noortman, qui avait fait la une de la presse il y a quelques années en achetant aux enchères deux Rembrandt à des prix faramineux, continuera à assurer la direction de sa galerie en échange de son rachat, de 3,2% du capital de Sotheby's et surtout de la reprise d'une dette estimée à 20,5 millions d'euros.

    L'annonce de ce deal aura ainsi permis de noter qu'un grand marchand de l'envergure de Noortman a fonctionné au sommet du marché par le biais d'un gros endettement, difficile à combler à partir du moment où les grosses pièces sont devenues plus rares sur le marché. Le problème est que peu de galeristes peuvent aujourd'hui se voir consentir de leur banque un découvert de plus de 20 millions d'euros, à peu de choses près l'équivalent de deux Rembrandt, pour espérer tenir le haut du pavé. On ne prête qu'aux riches, à condition que ceux-ci aient du répondant, comme le stock impressionnant de tableaux anciens tombé dans l'escarcelle de Sotheby's dont l'opération n'a rien eu de philanthropique.

    Finalement, on serait plus que tenté de croire que Noortman a travaillé à la manière d'un équilibriste en se faisant adjuger des chefs d'oeuvre à des prix qui dépassaient ses capacités financières, un peu comme le magnat australien Allan Bond qui, il y a près de 20 ans, fit l'acquisition pour une enchère record d'un tableau de fleurs de Van Gogh en s'assurant au passage une énorme publicité gratuite dans la presse. Ca s'appelle avoir le sens du marketing, sauf que Mister Bond n'avait pas, comme le rusé galeriste de Maastricht, un impressionnant stock de tableaux en réserve à faire valoir pour pouvoir renverser la situation au moment opportun.

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