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LA CHUTE DE LA MAISON LOUDMER
01 Novembre 1997


Cet article se compose de 2 pages.
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La mise en examen pour abus de confiance aggravé et l'incarcération à la fin du mois d'octobre à Paris du commissaire-priseur vedette Guy Loudmer a causé un vif émoi au sein de sa profession alors que les rumeurs sont allées bon train au sujet de nouveaux scandales à venir.
C'est la vente de la collection Bourdon du 25 mars 1990 qui a été la cause de la chute de Guy Loudmer lequel aurait commis de graves irrégularités concernant la gestion du produit de cette vente qui s'élevait à 509 millions de francs.
La vente Bourdon avait été l'événement culminant de la saison 1990 peu avant l'effondrement du marché de l'art qui avait coincidé avec la Guerre du Golfe. Lucien et Marcelle Bourdon avaient confié leur collection à Guy Loudmer avec l'intention de destiner l'argent de la vente à un fonds pour la protection des animaux, l'aide à l'enfance et le soutien aux artistes.

Le charismatique commissaire-priseur avait néanmoins convaincu les Bourdon, alors âgés de plus de 80 ans, de créer ce fonds sous son égide. Il en fut d'ailleurs le trésorier jusqu'en 1993. Peu après, le journal "Libération" révélait l'existence de pratiques douteuses concernant la gestion de ce fonds ce qui provoqua l' enquête qui a conduit à sa détention.
Le bouillant Loudmer, connu pour être l'enfant terrible de la Compagnie des Commissaires-Priseurs, n'a pas eu la partie facile face au juge Evelyne Picard pour expliquer les mécanismes de la gestion de ce fonds tout comme les conditions qui ont présidé à la vente de la collection ou d'autres opérations jugées illégales qui ont mis en jeu de mystérieux circuits financiers à l'étranger. Accusé de complicité, son fils et associé Philippe a disparu de Paris depuis le 29 octobre et se serait réfugié en Israël avec sa famille. Tous deux ont été suspendus de leurs fonctions d'officiers ministériels et risquent une radiation pure et simple.
UNE AFFAIRE COMPLEXE

Guy Loudmer, personnage haut en couleurs, avait déjà fait parler de lui dans le passé en manifestant une volonté d'indépendance vis à vis de la Chambre des Commissaires-Priseurs. Il y a un peu plus de 20 ans, il était allé contre l'institution en organisant des ventes dans sa propre salle rue du Faubourg Saint-Honoré bravant ainsi le réglement qui voulait que rien ne put se vendre en dehors de l'Hôtel Drouot.
Rappelé à l'ordre, il avait été forcé d'abandonner son idée.
En 1981, son étude présenta un passif de deux millions francs et il dut faire face à une menace de radiation.
Son avocat, M° Kiejman le sortit de ce mauvais pas. Relativement assagi, il déclarait dans une interview accordée en mai 1989 au magazine "Arts et Valeurs" que d'un côté il y avait les compétents et de l'autre les incompétents et qu'il fallait "remercier Dieu d'avoir si mal distribué les cartes et bénir le ciel d'avoir autant d'imbéciles sur terre".

Il ajoutait: "Tout système à décision majoritaire ne peut entraîner que l'incompétence. Point final !".
Sortant d'une bagarre juridique avec Jean Fabris, le légataire universel de la veuve d'Utrillo qui avait fait saisir certaines toiles du maître montmartrois dans une de ses ventes, il déclarait alors au magazine vouloir travailler à long terme et que l'ouverture de l'Europe ne l'inquiétait guère. "L'Europe ?
C'est comme une artère commerçante. Imaginez qu'il y a deux boucheries. L'une fait des affaires, l'autre pas. D'un côté il y a quelqu'un de compétent. De l'autre, il n'y en a pas. Moi, je n'évolue que dans des domaines où je le suis (compétent), c'est à dire la peinture moderne et les arts primitifs."

Cigare au bec, tonitruant comme un amiral sur le pont d'un navire, Guy Loudmer combinait le jour de l'interview plusieurs caractères en un seul. Avec lui, on passait du banal à l'extraordinaire et vice-versa.

Ce " Patton" de la Compagnie des Commissaires-Priseurs savait ainsi se montrer tour à tour tyrannique et charmeur.

Toujours durant cette interview, reprenant Hemingway, il prononça cette phrase qui lui collait si bien: "En avoir ou pas..." puis ajoutait:" je fais toujours partie de la Compagnie parce que justement c'est une bénédiction".
Pour lui, à l'évidence Drouot devait disparaitre un jour.
Il ne savait pas qu'il passerait à la trappe huit ans plus tard bien avant la Compagnie.

Dans la brume créée par les volutes de son cigare, gesticulant comme mieux marteler ses propos, il soulignait qu'il officiait sans expert et que tout allait bien comme cela tout en considérant que Drouot était un " purgatoire à la française" où tout était chaotique, que c'était "la panique générale", qu'il savourait que la "connerie" fût "omniprésente sur terre" et qu'il se considérait comme un "joueur de poker professionnel... jouant pour gagner".

Guy Loudmer devait finalement tout perdre en misant sur la vente Bourdon, en ne voyant pas que les cartes étaient peut-être douteuses hypnotisé qu'il était par les mises faramineuses des enchérisseurs. Les habitués de l'hôtel Drouot ont dit qu'au lieu de prendre tranquillement ses gains, étourdi par ces dizaines de millions valsant sous son marteau, Guy Loudmer n'a pu résister à la tentation de rafler plus que le pactole qui lui était destiné en oubliant que sa tricherie le conduirait à son propre purgatoire.
La vente Bourdon était un formidable coup médiatique quoique la provenance de la collection était un point d'interrogation. Mais, ébloui par le jackpot qui passait entre ses mains, Guy Loudmer incita apparemment les Bourdon à s'impliquer dans le mécanisme infernal qui a fini par le broyer lui-même.

Après avoir encaissé de cette vente un surplus de commissions de plus de 12 millions, Loudmer créa ce fonds en faisant dit-on grassement payer un notaire - des honoraires de cinq millions ! - pour enregistrer les documents nécessaires à sa création. Puis, il s'institua trésorier pour gérer le produit de la vente à sa guise en s'éloignant alors du but initial qui était de soutenir la protection des animaux, l'aide à l'enfance ou l'appui aux artistes.

En 1993, il finit par céder sa place à la mère de son troisième enfant et par embaucher une de ses amies personnelles pour acheter des oeuvres pour le compte d'un Fonds Bourdon pour l'art moderne institué en 1991 et destiné à développer l'activité de mécénat.

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