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38 titres
LA CHUTE DE LA MAISON LOUDMER
01 Novembre 1997


Cet article se compose de 2 pages.
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Lucien Bourdon, nommé Président mais tenu semble-t-il à l'écart du fonctionnement du fonds, vint à dénoncer lui-même la manière dont celui-ci était géré. Avec Guy Loudmer, l'ancienne trésorière et deux employées ont d'ailleurs été mises en examen.
Au cours de son enquête, le juge Evelyne Picard a d'autre part découvert que l'étude Loudmer, en apparence si florissante, avait un trou de près de 50 millions francs lequel aurait motivé certaines opérations illégales entreprises par le commissaire-priseur pour maintenir son entreprise à flot. Néanmoins, le patrimoine personnel de Guy Loudmer a été estimé à plus de 110 millions francs tandis que la trésorerie de l'Association Bourdon laisserait apparaitre un manque de fonds encore non évalué.

Les enquêteurs se sont inquiétés de savoir si Guy Loudmer et son fils n'avaient pas volontairement laisser gonfler leur passif dans la perspective de l'indemnisation de ceux des commissaires-priseurs qui cesseraient leurs activités lors de l'ouverture des frontières de la France aux maisons de vente anglo-saxonnes censée intervenir en 1998.
Toujours est-il que Guy Loudmer et son fils auraient procédé à des ventes en privé dont le produit aurait été versé sur des comptes en Suisse et au Luxembourg. Pour sa défense, le commissaire-priseur aurait déclaré que ces ventes servaient à renflouer les caisses de son étude.
D'ETRANGES CLIENTS

Philippe Loudmer, qui avait adopté les célèbres mimiques de son père duquel il n'avait malheureusement pas le charisme, avait eu néanmoins des démêlés avec ce dernier concernant ces ventes sans qu'on sache la raison exacte de leur différend. S'agissait-il des ventes elles-mêmes ou de la destination de leur produit ? Philippe, qui paradait encore il y a quelques semaines, s'est depuis terré à l'étranger laissant les rumeurs gonfler.
Guy Loudmer a eu également à s'expliquer sur les achats effectués par une société panaméenne auprès de son étude. Cette dernière avait acquis quatre toiles lors de la vente Bourdon- un Soutine, un Delaunay, un Léger et un Dubuffet pour la somme de 23 millions francs mais celles-ci ne furent jamais payées. Néanmoins, Guy Loudmer avait encaissé les honoraires correspondant à leur vente et ce, sur le dos des Bourdon d'après les enquêteurs. Elles furent revendues quatre ans plus tard par une autre étude pour seulement 9 millions.
La société panaméenne en question avait été cliente de l'étude Loudmer depuis de nombreuses années mais, hormis Guy Loudmer, nul au sein de l'étude ne connaissait l'identité de ses dirigeants. Cette mystérieuse société, disposant d'antennes dans les Caraïbes, serait peut-être impliquée dans un trafic de blanchiment d'argent sale.
En outre, Guy Loudmer aurait vendu des toiles acheminées vers le port franc de Genève qui auraient ainsi été exportées au nez et à la barbe des douanes françaises. Sur ce point, l'enquête en cours pourrait bien se poursuivre à l'étranger pour retrouver la trace de leurs acquéreurs.
UNE PROVENANCE QUISUSCITE DES QUESTIONS

Quant à la vente Bourdon, celle-ci suscite bien
des interrogations. Orchestrée avec l'appui d'une énorme publicité, elle avait attiré de nombreux grands collectionneurs dont l'entrepreneur Francis Bouygues et l'acteur Alain Delon qui avaient acheté en commun "La Belle Epicière" de Modigliani pour la somme de 63 millions de francs.
Les anomalies constatées au sujet de l'association Bourdon sont une chose. La provenance de la collection en est une autre. Le journal "Le Monde" a rapporté que les tableaux appartenant au couple étaient restés des années sous un lit dans une chambre de bonne sans protection ni assurance.
Les Bourdon étaient-ils inconscients ou avaient-ils la conscience tranquille ?

Toujours est-il que Guy Loudmer ne posa pas la moindre question au sujet de la provenance de leur collection tandis que les policiers de la Brigade Financière se sont demandés si certains des tableaux ne feraient pas partie des biens appartenant à des collectionneurs juifs spoliés durant la guerre. "Le Monde" a relevé que les Bourdon avaient acquitté sans sourciller la taxe de plus-value dûe à l'Etat concernant des oeuvres passées en vente publique et détenues durant une période ne dépassant pas 30 ans alors qu'ils possédaient ces oeuvres depuis bien plus longtemps.

Cette taxe s'élevait à 20 millions francs, somme que Guy Loudmer se serait d'ailleurs indûment appropriée en oubliant de la reverser au fisc.

La question de l'origine de nombreuses toiles- si celle-ci s'avérait suspecte- pourrait susciter des vagues au moment où de nombreux musées sont sur la sellette concernant la restitution de centaines de tableaux et objets d'art confisqués à des familles juives entre 1940 et 1944 et restés à leur garde à la fin de la guerre alors que rien ou presque n'a été fait depuis pour retrouver la trace de leurs légitimes propriétaires.

Certains ne manqueront pas de reprocher à Guy Loudmer, l'admirateur inconditionnel de Fernand Léger (il faisait partie d'ailleurs du Comité Léger) qui s'impliquait souvent dans des opérations caritatives en faveur de l'Etat d'Israël, de s'être comporté avec une telle légéreté (sic) en ne se renseignant pas sur l'origine exacte des tableaux avant de procéder à cette vente.

Finalement, la chute de la maison Loudmer- l'étude a été fermée et le personnel licencié à la fin de 1997- risque d'avoir de sérieuses répercussions sur une profession qui présente de plus en plus un front désuni face à la concurrence anglo-saxonne qui est sur le point de se manifester sur le sol français surtout que les rumeurs courent avec insistance au sujet d'autres commissaires-priseurs qui se seraient montrés coupables d'indélicatesses.
Au début du mois de , a été révélée l'affaire des faux Miguel Barcelo (une vingtaine) vendus par un commissaire-priseur de province et à Versailles par l'étude Royère-Perrin-Lajeunesse entre 1988 et 1990 laquelle aurait procédé à des ventes en privé ou agi en tant qu'intermédiaire pour des transactions, des pratiques auxquelles certaines études auraient également eu recours ces derniers temps.

Ce sera à la justice de trancher prochainement sur l'affaire Barcelo alors que d'autres commissaires-priseurs seraient dans le collimateur de la Brigade Financière. Parler de débandade à Paris semble aujourd'hui un mot bien faible...
Adrian Darmon

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