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Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris présente jusqu'au 11 mai 2008 une rétrospective consacrée à l'artiste A.R Penck réfugié en Allemagne de l'Ouest en 1980 après avoir eu maille à partir avec les autorités est-allemandes.
Né en 1939, Ralph Winkler, de son vrai nom, choisit comme pseudonyme celui d'Albrecht Penck (1858-1945), un géologue spécialiste de la période glaciaire en décelant certaines correspondances entre le sujet d'étude de ce savant et la période de la guerre froide. En adoptant ce com auquel il ajouta l'initiale R, il chercha ausssi à s'éviter des ennuis avec le régime communiste de son pays de naissance
A ses débuts à la fin des années 1950, Penck peignit des figures assez naïves et simplifiées en utilisant le noir sur une toile blanche pour représenter l'homme et son rapport au monde avant de mettre au point le concept du "Standart" représentant un bonhomme noir sur fond gris avec des signes vivement colorés dans le but de créer une ouverture dans le domaine du comportement visuel et perceptif afin de parvenir à un entraînement de ce comportement et à une adaptation du cerveau vis-à-vis d'un environnement artificiel de signaux.
Constatant alors que ce concept avait ses limites, il se tourna vers la sculpture en créant des oeuvres simples taillées dans le bois, un peu à la manière de Brancusi, avant de revenir à une forme plus élaborée de peinture mêlant des silhouettes, des animaux sauvages, des signes, des chiffres et des formes qu'on pourrait associer à l'art brut ou narratif tout en lésinant pas sur la couleur.
Les 120 oeuvres (peintures, sculptures et travaux sur papier) présentées par le Musée permettent de donner un aperçu saisissant de l'art d'A.R Penck, rejeté en Allemagne de l'Est et pas encore vraiment compris en Allemagne de l'Ouest où sa cote est loin de valoir celles de Georg Baselitz ou de Gerhard Richter puisqu'elle se situe encore à moins de 400 000 euros pour ses oeuvres majeures. Et pourtant, cet artiste qui n'a pas cessé d'instiller ses interrogations, ses tourments et ses interrogations sur la toile, possède un talent plus qu'impressionnant au vu de cette exposition.
Peintre, sculpteur, théoricien et musicien, son oeuvre témoigne de la division entre les deux Allemagne et renvoie aux contradictions entre les systèmes politiques de l'Est et de l'Ouest. Dans sa production, l'artiste a abordé les thèmes de la communication, de la relation entre l'individu et la société et a mêlé préhistoire, histoire contemporaine et sciences modernes.
A ses débuts, l'artiste a été marqué par l'expérience traumatisante de Dresde en feu qu'il avait vécue en 1945 avant qu'il ne retranscrive l'équilibre instable de sa position artistique à l'Est lorsqu'il fonda son oeuvre sur la dialectique Est/Ouest comme dans "Le Passage " de 1963 qui sera l'image prémonitoire qui le conduira à s'expatrier en août 1980.
Dans "Le Grand tableau-monde" de 1965, Penck mit en image la division de l'Allemagne en deux blocs avant de produire des oeuvres contenant des matériaux de la vie quotidienne en associant clarté abstraite et réalisme pour ensuite créer le concept du "Standart" avec une silhouette et des signes.
En 1973, il travailla sous le pseudonyme de "Mike Hammer" le personnage de détective créé par l'écrivain américain Mickey Spillane en alternant signes et symboles, abstraction et figuration sur la toile. En butte aux tracasseries de la bvureaucratie est-allemande, il changea ainsi plusieurs fois de nom et créa des oeuvres collectives en se montrant avec ses amis du groupe "Lücke", dissous en 1976. A partir de 1981, ses tableaux devinrent plus lumineux à l'occasion d'un séjour à Montmartre avant d'aller vers une plus grande abstraction, le fond et les figures s'enchevêtrant, dessinant un réseau graphique dense recouvrant l'ensemble de la toile.
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