« Le peintre fauve doit s'efforcer de traduire la sensation non en l'analysant comme l'impressionnisme mais en l'exprimant brutale et non dégrossie » (Les Fauves)
Le Musée d'Art Moderne de Paris
présente jusqu'au11 janvier 2009 une
rétrospective consacrée à Raoul Dufy (1877-1953), un artiste considéré
aujourd'hui comme un grand coloriste.
On a beaucoup critiqué Dufy,
regardé par les uns comme un dilettante ou les autres comme un peintre d'œuvres
décoratives, alors que celui-ci a participé à de nombreux courants influents,
comme le Fauvisme ou le Cubisme, pour décliner ensuite un art tout personnel
marqué avant tout par le plaisir de peindre.
Il est vrai que la clientèle de
Dufy a été plutôt mondaine à l'image de sa thématique centrée sur les régates,
les courses hippiques ou le théâtre, ce qui l'a fait classer comme un artiste
sophistiqué porté sur la légèreté qui se mit notamment au service de la
fabrique de tissus Bianchini-Férier et de Paul Poiret, le couturier des
élégantes de son temps. C'est oublier au passage sa versatilité et son aisance
qui lui permirent d'aborder la gravure, la peinture ou le design avec un rare
bonheur. C'est omettre aussi de reconnaître qu'il fut le plus grand
aquarelliste français de son époque dont la renommée dépassa les frontières de
l'Hexagone dès les années 1920.