Les ventes d'art impressionniste et moderne qui ont eu lieu à Londres les 23 et 24 juin 2009 ont permis de constater que le haut du marché de l'art résistait assez bien à la crise.
Ainsi, une huile de Picasso de 1969 titrée "L'Homme à l'épée" a été adjugée pour 6,985 millions de livres sterling chez Sotheby's alors qu'une oeuvre du même sujet datant aussi de 1969 a atteint 5,7 millions de livres chez Christie's. Un imposant nu debout de Picasso daté de 1968 s'est envolé à 4,3 millions de livres, toujours chez Sotheby's alors qu'une huile de Claude Monet, "La Route de Giverny en hiver" a trouvé preneur pour 3,8 millions de livres, pas loin de son estimation haute mais bien loin des 6,3 millions de livres enregistrés chez Christie's pour "Au Parc de Monceau", une toile datée de 1878 qui avait été estimée au mieux à 4,5 millions de livres.
Au total, Christie's a réalisé un CA de 37 millions de livres pour 30 oeuvres vendues sur 44 mais en terme de performance, Sotheby's a fait mieux avec un résultat global de 33,5 millions de livres pour seulement 23 lots avec seulement quatre invendus. Une nature morte de fleurs et de fruits de Renoir a été cédée pour 2,8 millions de livres tandis qu'une pièce unique de 1951-54 représentant une tête en plâtre titrée "Diego" (frère et collaborateur de l'artiste) par Alberto Giacometti a culminé à 2,7 millions de livre et qu'un bronze de 1954 du même artiste titré "Buste de Diego" (Aménophis) a été enlevé à 3,4 millions de livres.
Dans le domaine de l'art contemporain, Sotheby's a engrangé 25,5 millions de livres pour 92% de lots vendus tandis que Christie's a enregistré un total de 19 millions de livres pour 88% de lots adjugés dont "Night Playground", une toile de 1997-98 de Peter Doig qui a atteint 3 millions de livres sur une estimation de deux millions.
La place de Londres a été moins touchée par la crise que celle de New York où les professionnels ont subi une lourde baisse de leurs chiffres d'affaires au point que certaines galeries ont dû fermer leurs portes alors que d'autres se sont rabattus vers l'Europe pour trouver de nouveaux clients.
Au vu des résultats londoniens, on constate que les pièces jugées exceptionnelles représentent des valeurs refuges pour nombre de millionnaires qui cherchent à composer avec la crise en attendant des jours meilleurs sur les marchés financiers et boursiers de la planète.