Connu comme un des plus grands représentant de l'art
israélien de la seconde moitié du XXe siècle, le peintre, dessinateur et
graveur Avigdor Arikha est mort d'un cancer le 29 avril 2010 à Paris à l'âge de
81 ans.
Né en Roumanie en 1929, Arikha s'était consacré à l'art en dessinant dès son plus jeune âge avant d'être déporté dans un camp de concentration
nazi durant la Seconde Guerre Mondiale. Ayant survécu, il commença à produire à la fin de l'année 1944 des dessins de
scènes de déportation après avoir rejoint la Palestine avec sa sœur. Engagé ensuite au
sein de la Haganah qui forma le noyau de la future armée israélienne il
combattit durant la guerre d'Indépendance durant laquelle il fut blessé.
Après avoir fréquenté l'Académie Bezalel de
Jérusalem, Arikha obtint une bourse en 1949 pour poursuivre ses études à Paris
où il se fixa et se lia d'amitié avec l'écrivain Samuel Beckett dont il réalisa de
nombreux portraits. Il travailla alors comme illustrateur tout en faisant
évoluer son style durant sa carrière en abordant l'abstraction à la fin des
années 1950 pour revenir à la peinture figurative et à la gravure vers 1965
tout en commençant à enseigner l'histoire de l'art, ce qui lui valut de publier
plusieurs ouvrages.
Dans les années 1970, il prit souvent comme modèle Anne
Atik, une poétesse qu'il avait épousée en 1961, et fit de nombreux portraits de
ses enfants ou de diverses célébrités.
En tant
qu'historien d'art, Arikha organisa de nombreuses expositions, notamment à la
Frick collection de New York, au Musée d'Israël de Jérusalem ou au Musée du
Louvre. Vivant surtout à Paris, il eut droit en 1998 à une rétrospective de son œuvre au Musée d'Israël et au
Musée de Tel Aviv puis en 2006 au British Museum et en 2008 au Musée Thyssen-Bornemiza de Madrid.