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Le journal d'un fou d'art

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XXVIème Chapitre
LES FAUX WARHOL DE PONTUS HULTEN FONT JASER
03 Juin 2007

Cette affaire de faux Warhol en bois, devenus par ricochet des chèques en bois qui auraient été signés par Pontus Hulten, aura de quoi déstabiliser le Comité Warhol, coupable d'avoir authentifié des plagiats en se fiant aveuglément à leur provenance soi-disant prestigieuse.

 

Ce fait met ainsi en lumière les faiblesses dont peuvent faire preuve ceux qui font autorité sur les œuvres de tel ou tel artiste. Vendues par une personne n'ayant pas le calibre de Pontus Hulten, ces boîtes auraient été vraisemblablement jugées fausses par les membres de ce comité. Mais voilà, elles avaient été entre les mains d'une sommité du monde de l'art, ce qui constituait un gage de garantie pratiquement incontestable. Cela démontre encore une fois que les experts ont souvent la fâcheuse tendance à se laisser impressionner par des provenances flatteuses.

 

Il est quand même plus grave d'apprendre que des grands spécialistes puissent faire fi de leur honneur en cédant à cette maladie qu'est la cupidité, comme ce fut le cas pour le célèbre et respecté Bernard Berenson qui, pour vivre comme un prince dans un palais de marbre, se laissa circonvenir par le redoutable marchand Duveen pour délivrer des certificats de complaisance concernant des œuvres d'artistes de la Renaissance grandement bidouillées.

 

L'affaire Pontus Hulten a fait également remonter à la surface cette toute puissance irritante des experts qui ont droit de vie et de mort sur les œuvres qui leur sont soumises pour authentification. Souvent, leur verdict fait l'effet d'un couperet de guillotine pour ceux qui d'emblée n'ont pas la chance d'avoir la stature ou l'influence voulues pour dissiper les doutes qu'ils pourraient éprouver en examinant une oeuvre inédite.

 

On en revient donc à la sempiternelle fable de La Fontaine qui veut que les riches et les puissants aient le dessus sur ceux qui ne jouissent pas d'un statut comparable au leur. Certes, les experts sont des hommes, et quoique qu'étant parfois frappés d'une brutale agnosie, ils peuvent se tromper de bonne foi mais lorsqu'ils privilégient une provenance qui à priori paraît être en béton, ils trahissent quelque part un travers qui consiste à verser dans l'arbitraire.

 

A cet égard, il sera intéressant de connaître les sentiments des membres du Comité Warhol qui ont déjà dû se sentir morveux d'avoir accordé des certificats d'authenticité pour ces fausses boîtes « Brillo ». Ce n'est donc certainement pas avec brio qu'ils veillent à préserver les œuvres de l'artiste.

 

Ronny van de Velde, quant à lui, a dû certainement méditer sur les affres auxquelles les grands marchands sont confrontés, ce qui signifie qu'ils ne sont pas toujours à l'abri de déconvenues de taille. Sa visite au château de Pontus Hulten a eu à l'évidence des conséquences funestes puisque c'est à travers lui que plusieurs fausses boîtes de « Brillo » ont été écoulées sur le marché. Qu'il ait avoué en avoir acheté est certes à son honneur mais cela a dû lui paraître inconfortable d'être le dindon de la farce.

 

Il serait également captivant de déterminer le pourquoi et le comment de l'attitude incroyable de Pontus Hulten s'il était prouvé que ces modèles de « Brillo Box » en bois avaient été fabriqués sous son autorité, comme les propos de Ronny van de Velde l'ont laissé croire.

 

La question s'est désormais posée de savoir si  Pontus Hulten aurait déjà été bien plus loin que Berenson et Duveen réunis pour magouiller. Déjà bien placé pour se voir offrir des œuvres importantes par nombre d'artistes reconnaissants ou en mal de reconnaissance, ce personnage clé du monde de l'art contemporain fut-il gagné par l'envie de s'en mettre plein les poches avec ces fausses boîtes en bois de Warhol, histoire de pouvoir devenir opulent en abusant de sa position?

 

Si sa responsabilité est prouvée dans cette affaire, il ne sera pas d'être le seul à rejoindre le contingent des spécialistes ripoux qui assurèrent leur confort en prenant des libertés avec leur autorité. D'autres surent au moins être plus subtiles en acceptant de reconnaître comme authentiques des œuvres qu'on leur soumettait à condition d'être rétribués en conséquence ou que celles-ci leur fussent cédées à des prix bien en dessous de leur valeur ainsi que l'ont signalé nombre de mécontents ayant eu à subir cette sorte de chantage.

 

Certains âmes bienveillantes à l'égard de Pontus Hulten seront peut-être portées à avancer qu'il se serait amusé à piéger Ronny van de Velde lorsque celui-ci lui proposa d'acheter un certain nombre de ses fameuses boîtes après lui avoir fait remarquer que celle qu'il avait repérée chez lui  avait perdu de sa valeur en raison d'une trace de brûlure de cigarette sur la sérigraphie. Pontus Hulten n'aurait ainsi pas résisté à l'envie brutale de faire une farce en lui fourguant ses faux rien que pour voir si les membres du Comité Warhol étaient des imbéciles. N'empêche, une telle théorie paraîtrait stupide du fait qu'il aurait risqué ainsi de se trouver en mauvaise posture après avoir diablement joué avec le feu si les membres de ce comité avaient décrété que ces boîtes étaient fausses. Qu'aurait-il alors pu trouver comme argument pour s'en sortir ?

 

Le fait est que Pontus Hulten détenait ces fausses boîtes, lui et pas un autre jusqu'à preuve du contraire, et qu'il ne se priva pas d'en vendre pour son compte à Ronny van de Velde. N'étant plus de ce monde pour se défendre, l'intéressé risquera fort d'être considéré comme le seul commanditaire de ces plagiats ou à tout le moins comme leur récipiendaire. Pour le reste, il est indéniable que les affaires de faux dans le domaine de l'art contemporain secoueront encore le marché épisodiquement comme cela a été le cas depuis une vingtaine d'années, tout simplement parce que les tricheurs se manifestent là où circulent des paquets d'argent. Bref, les sycophantes ne sont pas près de fermer leur clapet…

 

 

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