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Barbares, les Germains le devinrent en étant assoiffés de Rome...
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XXXVème Chapitre
ACCUSE DE RECEL, L'ANCIEN ELECTRICIEN DE PICASSO SE REBIFFE
15 Juillet 2011 |
Mercredi 13 juillet 2011, l'avocat de Pierre Le Guennec, l'ancien électricien accusé de recel concernant 271 œuvres de Pablo Picasso dont la provenance a été jugée douteuse par les héritiers de l'artiste pour lequel celui-ci avait travaillé entre 1970 et 1973, a décidé de contester la constitution de partie civile de trois d'entre eux, ses enfants Claude, Maya et Paloma, au prétexte qu'ils étaient illégitimes à l'époque des faits. Estimant que la meilleure défense était l'attaque, M° Charles -Etienne Gudin est allé ressortir un vieux texte de loi stipulant que des enfants dits naturels n'avaient pas les mêmes droits que ceux nés dans le cadre d'un mariage. Néanmoins, cette loi avait été subrogée par nouveau un décret datant de 1972 établissant alors des droits identiques pour des enfants illégitimes. Reconnus comme héritiers de plein droit à partir de 1974, Claude, Paloma et Maya Picasso avaient déposé plainte contre X pour recel en 2010 à l'encontre de l'ancien électricien de Picasso et de Jacqueline, sa dernière femme avec laquelle ils avaient fini par se réconcilier. Le conseil des héritiers Picasso a jugé la manœuvre de son confrère plutôt choquante en précisant qu'il n'était nullement question de parler d'enfants légitimes ou naturels dans le cadre de cette plainte pour recel et que le principe de la loi de 1972 ne pouvait être en aucun cas discuté. Il est cependant vrai que les relations entre Picasso et ses enfants étaient tendues, celui-ci leur ayant fermé sa porte à la fin de sa vie. Quant à Pierre le Guennec, il est apparu durant l'enquête menée par l'Office de central de luttre contre le trafic des biens culturels (OCBC) que ce dernier était intimement lié à Maurice Bresnu, le chauffeur de Picasso entre 1967 et 1973 décédé en 1991 lequel a été également soupçonné d'avoir dérobé plus de 200 œuvres à l'artiste durant la période où il travailla pour l'artiste. A cet égard, M° Gudin a rétorqué qu'il restait à prouver une quelconque collusion entre Pierre Le Guennec et son cousin par alliance Maurice Bresnu jadis surnommé « Nounours », en ajoutant qu'il était un peu facile de désigner un mort comme le coupable d'un vol pour ensuite mettre un acte de recel sur le dos de son client qui n'a pas cessé de clamer son honnêteté dans cette affaire laquelle va vraisemblablement donner lieu à une réadaptation du film " Le Cave se rebiffe"....
Samedi 16 juillet, peu de visiteurs aux marchés aux puces de Saint-Ouen et de Vanves. Si les acheteurs ont été rares, les voleurs, par contre, sont encore restés très actifs.
D'habitude, ces derniers ont toujours agi par ruse mais depuis quelques mois, certains de ces prédateurs ont fait montre d'une audace sans pareille comme cet individu qui un jour s'est arrêté devant la vitrine plate remplie de bijoux d'un marchand de Vanves en la fixant intensément comme hypnotisé par son contenu avant de gonfler ses muscles et de s'en emparer pour s'enfuir en courant comme un fou devant des témoins médusés. Le plus incroyable est que ce voleur nanti de la force d'un taureau et des jambes d'Usain Bolt est revenu deux semaines plus tard sur les lieux de son forfait pour récidiver ! On croit rêver...
Récemment, un chineur a retiré de l'argent d'un distributeur pour faire ses courses en bas de chez lui. En achetant un kilo de tomates, il a sorti un billet de 50 euros de son portefeuille et tendu son autre main pour récupérer son achat et sa monnaie. Bousculé alors légèrement par un homme, il s'est ensuite aperçu que son portefeuille contenant 200 euros avait disparu. Le lendemain matin, un gosse originaire d'un pays de l'Est est venu sonner à sa porte pour lui dire qu'il avait retrouvé ses papiers dans le caniveau et qu'il espérait de ce fait une récompense. Se souvenant avoir vu ce môme traîner la veille dans le marché, le chineur l'a envoyé promener en subodorant qu'il avait affaire au fils de son voleur qui comptait ainsi faire fructifier son larcin en monnayant la restitution de ses papiers. On aura tout vu...
Lundi 17 juillet, la Grèce et les Etats-Unis ont signé un accord visant à interdire les importations illégales d'objets d'art et ce, après plusieurs affaires de trafics illicites ayant impliqué plusieurs grands musées américains et notamment le Getty Museum. Venue à Athènes signer cet accord relatif aux objets d'art datant de l'Antiquité jusqu'au XVe siècle, Hillary Clinton a déclaré que son pays avait aussi « une dette » envers la civilisation occidentale née en Grèce antique. Confrontée à une grave crise économique et financière, la Grèce est de plus en plus en butte à d'importants trafics d'antiquités. Mardi 19 juillet, un Français a été interpellé à Londres après avoir tagué avec une bombe de peinture rouge le tableau de Nicolas Poussin intitulé « L'Adoration du Veau d'Or » à la National Gallery. L'homme dont l'identité n'a pas été dévoilée a bombé le tableau vers 17 heures puis, visiblement fier de son acte, est resté devant le tableau en braillant à tue-tête en français jusqu'à ce que les gardiens viennent se saisir de sa personne. Encore un cinglé qui a visiblement cherché à faire parler de lui. En attendant, les restaurateurs de la National Gallery auront du pain sur la planche pour effacer les traces de son stupide méfait. Mercredi 20 juillet, les autorités ivoiriennes ont annoncé comme on pouvait le craindre que d'importants pillages avaient été commis à Abidjan lors des troubles politiques ayant secoué la capitale il y a quelques semaines, notamment au Musée des civilisations où 80 objets estimés à quelque 4 millions d'euros ont disparu durant le mois d'avril. Construit durant la période coloniale, ce musée des civilisations recèle d'importants trésors historiques, en particulier des sculptures, des masques, des bijoux royaux et autres objets cultuels. Selon les autorités, Six boîtes miniatures, douze colliers traditionnels, trente-cinq pendentifs en or, un sabre et une coiffe ont été volés. Les responsables du musée ont estimé que ce vol semblait être l'oeuvre de personnes averties plutôt que de miliciens ou mercenaires à la solde de l'ancien Président Laurent Gbagbo du fait que les portes des salles visitées n'avaient pas été forcées et que les vitrines où se trouvaient les objets étaient restées intactes.
A suivre
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