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Jackson Pollock fut un peintre qui se mit vraiment à la tache...
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XXXVème Chapitre
LES FAUX AIRS DES FAUSSAIRES VERSION SUISSE
17 Juin 2011 |
Cet article se compose de 2 pages.
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Samedi 18 juin, interview sur la chaîne de télévision "Direct 8" de Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction du magazine "Beaux-Arts" à propos de l'actuelle exposition "Paris-Delhi-Bombay..." au Centre Pompidou dont il est le commissaire. Vantant le talent des artistes indiens et la vitalité de l'art en Inde, ce dernier en est venu à déclarer bénoîtement que les gens les plus pauvres de ce pays étaient plus heureux que les Français, à croire que l'intéressé qui est également chroniqueur sur France Culture et sur BFM a passé une partie de sa vie en haillons à dormir à la belle étoile dans les rues de Bombay ou de Delhi pour bénir le ciel d'être un indigent affamé irradiant de bonheur. Avec sa bouille d'oisillon affublé d'un chapeau mou à peine sorti de sa coquille, Bousteau a paru aussi stupide qu'une poule en la circonstance. Au lieu d'ouvrir son bec pour débiter une telle connerie, le chantre de l'art contemporain aurait mieux fait de demander aux millions de miséreux qui croupissent dans les bas-fonds des métropoles indiennes si ceux-ci étaient vraiment ravis de leur sort. Dans la matinée, tempête de pluie à Saint-Ouen, un véritable temps écossais qui n'a pas été pour déplaire au chanteur Rod Stewart venu flâner au marché Paul Bert, ce qui a eu pour effet de sortir les marchands de leur torpeur. Conversation dans une allée entre deux brocanteurs, l'un racontant à l'autre qu'un galeriste de la rue de Provence avait failli s'étrangler de stupeur en voyant les quelque 250 tableaux qu'il avait mis en vente à Drouot partir à 50 euros l'unité, une misère par rapport à son prix global d'achat. " Un véritable jeu de massacre alors que dans la salle d'à côté les lots d'une vente cataloguée se sont arrachés à des prix démentiels", a dit le premier. "Il en est ainsi dans toutes les ventes courantes désertées par les bourgeois qui préfèrent se fier aux vacations de prestige. Résultat: on peut acheter des trucs insensés pour presque rien dans ces ventes courantes, comme ce bronze de l'école de Fontainebleau que j'ai acquis pour la somme ridicule de 250 euros", a répondu son interlocuteur. Lundi 20 mai 2011, triste nouvelle avec l'annonce de la mort brutale de Bernard Lesieur, un fabricant de lustres très apprécié des antiquaires qui a mis fin à ses jours pour des raisons qu'on ignore. Cet homme sympathique qui venait régulièrement à Saint-Ouen pour restaurer des luminaires ou vendre des modèles remarquables fabriqués dans son atelier manquera aux marchands avec qui il avait noué de solides relations professionnelles et amicales.
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Le faux ne fait vraiment plus défaut en Europe. Après diverses affaires jugées en France, en Grande-Bretagne, en Italie ou en Allemagne, c'est désormais la Suisse qui a été confrontée à un important trafic de plagiats pour lequel sept prévenus ont eu à s'expliquer le mercredi 15 juin 2011 devant un tribunal de Lausanne. Accusés d'avoir écoulé 120 faux tableaux de maîtres importants comme Van Dongen, Braque, Vlaminck, Pissarro, Degas, Léger ou Bosshard durant une période de trois ans, ces derniers ont été interpellés à la suite du vol d'un Giacometti commis en 2007 chez une vieille dame par un couple qui avait cru ingénieux de remplacer ce tableau par une copie fidèle mais la victime avait constaté la supercherie et porté plainte. Cette affaire avait conduit à l'interpellation de ce couple et du galeriste qui lui avait acheté le Giacometti volé puis à celle d'un antiquaire qui produisait des faux, d'un expert spécialiste du peintre Bosshard et de deux chineurs qui revendaient les plagiats. Ayant saisi plus de 100 faux tableaux mais aussi des œuvres authentiques bidouillées, la police a estimé qu'environ 120 plagiats avaient été écoulés auprès d'une vingtaine de gogos entre 2005 et 2008. Jeudi 16 juin, on appris la découverte d'un tableau estimé être de la main de Fragonard estimé au bas mot à quelque 2 millions d'euros lors de sa restauration au château de Hautefort, en Dordogne.. C'est la restauratrice de l'œuvre qui a fortement pensé à Fragonard en la nettoyant et en y découvrant la lettre « F » sous une couche de peinture. Il reste toutefois à analyser l'œuvre en profondeur pour déterminer avec certitude son authenticité. Cette toile avait appartenu à François-Hippolyte Walferdin, un amateur d'art qui posséda de nombreuses œuvres de Fragonard avant d'être acquise en 1880 pour la somme modeste de 1300 francs lors de la vente de sa collection par le grand collectionneur David David-Weill. Celle-ci avait été ensuite offerte par la baronne de bastard à la Fondation du château de Hautefort. Vendredi 17 juin, calme plat à Saint-Ouen où nombre de marchands ont été contraints de mettre la clé sous la porte face à l'absence prolongée de clients. Ainsi, rien qu'au marché Serpette, 25 départs ont été enregistrés.
Faute de trouver de quoi satisfaire son envie, il n'y avait qu'à tendre l'oreille pour écouter de savoureuses conversations de marchands. Devisant au marché Paul-Bert, un locataire du Louvre a raconté à un confrère comment il avait acheté un beau vase de Lalique pour presque rien à un particulier qui avait été déçu d'apprendre que celui-ci ne valait que 10 000 francs sans se rendre compte que la maison de vente étrangère à qui il l'avait soumis l'avait estimé en fait à 10 000 livres sterling… Un autre marchand a rappelé en grimaçant qu'un jour il avait soumis un dessin de la fin du XVIIIe signé de René Théodore Berthon à Sotheby's, Christie's et une autre maison de vente qui toutes avaient mis en doute son authenticité. « Le dessin avait fini par être étalé négligemment sur le sol de mon stand jusqu'au jour où, venu pour me remplacer, mon fils était rentré à la maison avec un chèque de 200000 francs. Lui demandant avec étonnement à quoi correspondait ce chèque, il me répondit qu'il s'agissait du paiement de ce dessin par un grand marchand parisien. L'histoire ne s'arrêta pas là puisque six mois plus tard, j'eus la stupéfaction d'apprendre que le Berthon avait été adjugé pour 240 000 dollars lors d'une vente aux enchères organisée à New York par une des maisons précitées. Comme quoi l'expertise semble être un grand n'importe quoi », a déclaré le brocanteur d'un air contrit.
Samedi 18 juin, interview sur la chaîne de télévision "Direct 8" de Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction du magazine "Beaux-Arts" à propos de l'actuelle exposition "Paris-Delhi-Bombay..." au Centre Pompidou dont il est le commissaire. Vantant le talent des artistes indiens et la vitalité de l'art en Inde, ce dernier en est venu à déclarer bénoîtement que les gens les plus pauvres de ce pays étaient plus heureux que les Français, à croire que l'intéressé qui est également chroniqueur sur France Culture et sur BFM a passé une partie de sa vie en haillons à dormir à la belle étoile dans les rues de Bombay ou de Delhi pour bénir le ciel d'être un indigent affamé irradiant de bonheur. Avec sa bouille d'oisillon affublé d'un chapeau mou à peine sorti de sa coquille, Bousteau a paru aussi stupide qu'une poule en la circonstance. Au lieu d'ouvrir son bec pour débiter une telle connerie, le chantre de l'art contemporain aurait mieux fait de demander aux millions de miséreux qui croupissent dans les bas-fonds des métropoles indiennes si ceux-ci étaient vraiment ravis de leur sort. Dans la matinée, tempête de pluie à Saint-Ouen, un véritable temps écossais qui n'a pas été pour déplaire au chanteur Rod Stewart venu flâner au marché Paul Bert, ce qui a eu pour effet de sortir les marchands de leur torpeur. Conversation dans une allée entre deux brocanteurs, l'un racontant à l'autre qu'un galeriste de la rue de Provence avait failli s'étrangler de stupeur en voyant les quelque 250 tableaux qu'il avait mis en vente à Drouot partir à 50 euros l'unité, une misère par rapport à son prix global d'achat. " Un véritable jeu de massacre alors que dans la salle d'à côté les lots d'une vente cataloguée se sont arrachés à des prix démentiels", a dit le premier. "Il en est ainsi dans toutes les ventes courantes désertées par les bourgeois qui préfèrent se fier aux vacations de prestige. Résultat: on peut acheter des trucs insensés pour presque rien dans ces ventes courantes, comme ce bronze de l'école de Fontainebleau que j'ai acquis pour la somme ridicule de 250 euros", a répondu son interlocuteur. Lundi 20 mai 2011, triste nouvelle avec l'annonce de la mort brutale de Bernard Lesieur, un fabricant de lustres très apprécié des antiquaires qui a mis fin à ses jours pour des raisons qu'on ignore. Cet homme sympathique qui venait régulièrement à Saint-Ouen pour restaurer des luminaires ou vendre des modèles remarquables fabriqués dans son atelier manquera aux marchands avec qui il avait noué de solides relations professionnelles et amicales.
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