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Les Surréalistes ne se privèrent pas d'avoir chacun leur dada…
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XVème Chapitre
Jospin chocolat
01 Avril 2002 |
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Dimanche soir, coup de tonnerre à 20 heures lorsque le journal télévisé nous apprend que le second tour des élections présidentielles opposera Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, considéré par beaucoup comme l'ennemi de la tolérance. Lionel Jospin est en grande partie sanctionné par les électeurs pour avoir fait preuve de laxisme en ne cherchant pas à faire appliquer des mesures contre l'insécurité, un fléau qui a causé un malaise grandissant dans de nombreuses villes et régions. Montrée à la télévision deux jours avant le scrutin, l'image choc d'un septuagénaire tabassé à Orléans par deux jeunes voyous qui ont incendié sa maison parce qu'il refusait de se laisser racketter, a probablement fait perdre au Premier ministre les 200 000 voix qui l'ont séparé du candidat du Front national. On en revient à la promotion de la culture, un thème important que ni Chirac ni Jospin n'ont mis en avant durant leur campagne pour rappeler aux Français que leurs valeurs étaient issues des plus belles réalisations artistiques du passé. Sans culture, l'homme peut vite verser dans la barbarie et quand on sait que seulement 20% des visiteurs des musées du pays sont français, on peut alors mesurer le déficit de la population en matière de connaissance. Cela s'accompagne par une nette augmentation de l'illettrisme, une propension au laisser-aller, à l'incivilité et par effet de boomerang à la violence. Ainsi, les récentes attaques contre de nombreux lieux de culte ont constitué déjà un outrage à la culture et les actes de violence rapportés quotidiennement dans la presse ont accru le sentiment de ras-le-bol d'une population dont le principal souci est de voir son bien-être préservé. L'art fait constamment partie de notre quotidien, chez soi ou dans la rue, mais les gens arrivent de moins en moins à appréhender ce fait. C'est un peu comme l'air qu'on respire mais combien savent de quoi il est composé ? L'ennui est que cet air, vital pour notre existence, devient de plus en plus pollué au point d'être difficilement respirable. La culture est de son côté un des ciments de la démocratie mais pour peu qu'on l'ignore, elle risque d'être vite réduite sinon étouffée dans un carcan et ne plus atteindre les masses qui perdent dès lors des repères essentiels. Etrangement absente des débats organisés pour cette élection, la culture a subi une terrible défaite à travers le résultat de ce premier tour qui a vu la France faire l'objet de la risée de ses voisins. Quand on prendra conscience que l'art est un excellent remède contre l'ignorance, on saura alors un peu mieux appréhender notre devenir. Mardi 23 avril, rien de spécial à la foire du Bourget où la plupart des chineurs sont restés sur leur faim. A ma connaissance, il n'y a eu qu'un seul veinard, en l'occurrence "la fouine" qui, pour 130 euros, a mis la main sur un burin érotique numéroté et signé de Picasso; une découverte qu'il a qualifiée avec à-propos de "bandante". Pour le reste, les rares pièces intéressantes ont été présentées par des brocanteurs allemands tandis que les Français ne proposaient rien d'alléchant, à croire que les greniers de l'Hexagones sont devenus vides. L'après-midi, un chineur m'appelle pour manifester son inquiétude après avoir été averti par un de ses amis qui a lu l'évocation de ses exploits dans ce journal diffusé sur Internet. Si les chineurs ne se vantaient pas à tort et à travers de leurs bons coups, je ne serais pas en mesure de les rapporter. CQFD... Par ailleurs, ces chineurs chanceux feraient mieux de se méfier de ces fameux amis qui, les reconnaissant malgré leurs surnoms inventés à l'occasion, en profitent pour les titiller en les rendant ainsi paranoïaques. Bref, en matière de belles trouvailles, le silence est d'or...
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Dimanche soir, coup de tonnerre à 20 heures lorsque le journal télévisé nous apprend que le second tour des élections présidentielles opposera Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, considéré par beaucoup comme l'ennemi de la tolérance. Lionel Jospin est en grande partie sanctionné par les électeurs pour avoir fait preuve de laxisme en ne cherchant pas à faire appliquer des mesures contre l'insécurité, un fléau qui a causé un malaise grandissant dans de nombreuses villes et régions. Montrée à la télévision deux jours avant le scrutin, l'image choc d'un septuagénaire tabassé à Orléans par deux jeunes voyous qui ont incendié sa maison parce qu'il refusait de se laisser racketter, a probablement fait perdre au Premier ministre les 200 000 voix qui l'ont séparé du candidat du Front national. On en revient à la promotion de la culture, un thème important que ni Chirac ni Jospin n'ont mis en avant durant leur campagne pour rappeler aux Français que leurs valeurs étaient issues des plus belles réalisations artistiques du passé. Sans culture, l'homme peut vite verser dans la barbarie et quand on sait que seulement 20% des visiteurs des musées du pays sont français, on peut alors mesurer le déficit de la population en matière de connaissance. Cela s'accompagne par une nette augmentation de l'illettrisme, une propension au laisser-aller, à l'incivilité et par effet de boomerang à la violence. Ainsi, les récentes attaques contre de nombreux lieux de culte ont constitué déjà un outrage à la culture et les actes de violence rapportés quotidiennement dans la presse ont accru le sentiment de ras-le-bol d'une population dont le principal souci est de voir son bien-être préservé. L'art fait constamment partie de notre quotidien, chez soi ou dans la rue, mais les gens arrivent de moins en moins à appréhender ce fait. C'est un peu comme l'air qu'on respire mais combien savent de quoi il est composé ? L'ennui est que cet air, vital pour notre existence, devient de plus en plus pollué au point d'être difficilement respirable. La culture est de son côté un des ciments de la démocratie mais pour peu qu'on l'ignore, elle risque d'être vite réduite sinon étouffée dans un carcan et ne plus atteindre les masses qui perdent dès lors des repères essentiels. Etrangement absente des débats organisés pour cette élection, la culture a subi une terrible défaite à travers le résultat de ce premier tour qui a vu la France faire l'objet de la risée de ses voisins. Quand on prendra conscience que l'art est un excellent remède contre l'ignorance, on saura alors un peu mieux appréhender notre devenir. Mardi 23 avril, rien de spécial à la foire du Bourget où la plupart des chineurs sont restés sur leur faim. A ma connaissance, il n'y a eu qu'un seul veinard, en l'occurrence "la fouine" qui, pour 130 euros, a mis la main sur un burin érotique numéroté et signé de Picasso; une découverte qu'il a qualifiée avec à-propos de "bandante". Pour le reste, les rares pièces intéressantes ont été présentées par des brocanteurs allemands tandis que les Français ne proposaient rien d'alléchant, à croire que les greniers de l'Hexagones sont devenus vides. L'après-midi, un chineur m'appelle pour manifester son inquiétude après avoir été averti par un de ses amis qui a lu l'évocation de ses exploits dans ce journal diffusé sur Internet. Si les chineurs ne se vantaient pas à tort et à travers de leurs bons coups, je ne serais pas en mesure de les rapporter. CQFD... Par ailleurs, ces chineurs chanceux feraient mieux de se méfier de ces fameux amis qui, les reconnaissant malgré leurs surnoms inventés à l'occasion, en profitent pour les titiller en les rendant ainsi paranoïaques. Bref, en matière de belles trouvailles, le silence est d'or...
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