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Pour écrire sur l'art, il faut au moins avoir l'art d'écrire (AD)
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Le journal d'un fou d'art
Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.
XIVème Chapitre
L'hiver, au propre comme au figuré
01 Février 2002 |
Cet article se compose de 2 pages.
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Certains professionnels ont fait part de leur scepticisme au sujet du rôle prêté à ce marchand et Alain Latreille lesquels ont joui d'une bonne réputation sur le marché. De quelle manière un expert estimé à Drouot et spécialiste entre autres du Baron Gérard, portraitiste des têtes couronnées du début du XIXe sur lequel il a préparé un catalogue raisonné pour le compte du Wildenstein Institute, aurait pu tremper dans une escroquerie? Il reste donc à attendre les conclusions de l'instruction en cours pour être fixé sur cette affaire que tout le monde a évoquée dans les allées du marché aux Puces de Saint-Ouen. « Ces révélations faites dans la presse sont des des plus gênantes , » m'a déclaré un marchand ce vendredi 15 février. « On se sent mal à l'aise et on ne comprend pas. Cette histoire désagréable, qui demande à être confirmée, tombe plutôt mal alors que les affaires ne sont guère florissantes en ce moment », a-t-il ajouté. Sur le terrain ce vendredi matin à Saint-Ouen, le seul chineur vraiment chanceux a encore été "Michael" dit "le puits de science" qui a trouvé une aquarelle d'un célèbre peintre américain ainsi qu'une huile sur toile d'un peintre connu de l'Ecole de Paris. Un joli coup double qui a suscité la jalousie de quelques rivaux mais encore une fois, la récompense de sa virée matinale ne viendra que le jour où ces trouvailles seront authentifiées. Quelques heures plus tard, sa bonne humeur a d'ailleurs pris un coup de froid lorsqu'il a appris qu'une nature morte de Friesz qu'il avait chinée il y a quelques mois au marché Jules Vallès venait d'être rejetée par l'expert de ce peintre. Trouver est une chose, gagner le jackpot grâce à un certificat en est une autre...
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L'interpellation le 25 janvier de l'expert en tableaux anciens Alain Latreille, d'un marchand du quartier Drouot et d'un courtier qui vendait chez lui des tableaux anciens à des collectionneurs fortunés a jeté un sacré froid parmi les galeristes parisiens. Après deux jours de garde de vue, les trois hommes ont été mis en examen pour « escroqueries et tromperies » avant d'être remis en liberté sous contrôle judiciaire contre le versement de fortes cautions. La police les a accusés de s'être livrés à un escroquerie qui porterait sur des millions d'euros mais les informations données par le journal "Libération" ont paru difficilement crédibles pour ceux qui connaissent bien Alain Latreille et le marchand impliqué dans cette affaire. Le courtier dénommé Jean-Marc Aouizerat vendait- à des prix prohibitifs selon le quotidien- des tableaux anciens fournis par le marchand sans toutefois déclarer ses transactions auprès du fisc.
Le journal a évoqué des ventes de faux tableaux, ce qui n'a pas manqué de mettre les professionnels parisiens en émoi et de susciter des tas de rumeurs malfaisantes qui prouvent quelque part que la solidarité entre les marchands est un vain mot alors que certains d'entre eux n'hésitent pas à colporter des ragots sur des confrères dans le but de rogner une partie de leur territoire. Les succès des uns provoquent ainsi la jalousie des autres...
Certains professionnels ont fait part de leur scepticisme au sujet du rôle prêté à ce marchand et Alain Latreille lesquels ont joui d'une bonne réputation sur le marché. De quelle manière un expert estimé à Drouot et spécialiste entre autres du Baron Gérard, portraitiste des têtes couronnées du début du XIXe sur lequel il a préparé un catalogue raisonné pour le compte du Wildenstein Institute, aurait pu tremper dans une escroquerie? Il reste donc à attendre les conclusions de l'instruction en cours pour être fixé sur cette affaire que tout le monde a évoquée dans les allées du marché aux Puces de Saint-Ouen. « Ces révélations faites dans la presse sont des des plus gênantes , » m'a déclaré un marchand ce vendredi 15 février. « On se sent mal à l'aise et on ne comprend pas. Cette histoire désagréable, qui demande à être confirmée, tombe plutôt mal alors que les affaires ne sont guère florissantes en ce moment », a-t-il ajouté. Sur le terrain ce vendredi matin à Saint-Ouen, le seul chineur vraiment chanceux a encore été "Michael" dit "le puits de science" qui a trouvé une aquarelle d'un célèbre peintre américain ainsi qu'une huile sur toile d'un peintre connu de l'Ecole de Paris. Un joli coup double qui a suscité la jalousie de quelques rivaux mais encore une fois, la récompense de sa virée matinale ne viendra que le jour où ces trouvailles seront authentifiées. Quelques heures plus tard, sa bonne humeur a d'ailleurs pris un coup de froid lorsqu'il a appris qu'une nature morte de Friesz qu'il avait chinée il y a quelques mois au marché Jules Vallès venait d'être rejetée par l'expert de ce peintre. Trouver est une chose, gagner le jackpot grâce à un certificat en est une autre...
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