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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
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    LVème Chapitre
    QUAND LE GETTY SE FAIT AVOIR
    28 Janvier 2020

    Achetée en 2002 auprès de la galerie Wildenstein par le Getty Museum entre 3 et 5 millions de dollars une sculpture en bois donnée pour être de Paul Gauguin représentant une sorte de diable avec des cornes s'est finalement avérée être fausse.

    C'est en décembre 2019 que des chercheurs ont déterminé qu'ils avaient affaire à un plagiat alors que les conservateurs du Getty avaient cru qu'il s'agissait d'un rare autoportrait symbolique de l'artiste appelé à devenir une pièce centrale de sa collection.

    A la suite de son achat, cette sculpture avait été exposée à Washington, Londres, New York et Milan alors qu'elle n'avait jamais été signée et que son piédestal ne correspondait pas à ceux ordinairement sculptés entre 1895 et 1897 lorsque Gauguin était installé à Tahiti. En fait, celui-ci daterait plutôt du début des années 1890  au moment où l'artiste était encore à Paris.

    L'œuvre avait vite intrigué certains experts, notamment Fabrice Fourmanoir, un collectionneur de photographies tahitiennes du 19e siècle qui avait trouvé un cliché de Jules Agostini la représentant avec la mention «  idole marquisienne » suggérant que le photographe avait pensé qu'elle avait été taillée par un artiste indigène des îles Marquises.

    Dans l'album d'Agostini, la sculpture était montrée à côté du portrait de George Lagarde, un collectionneur d'art ethnographique  qui aurait pu en être son possesseur.

    La provenance de cette œuvre avait aussi été sujette à caution. Après avoir été exposée à la Fondation Maeght en 1997 suite à son achat par la galerie Wildenstein auprès d'un collectionneur suisse quatre ans plus tôt, Daniel Wildenstein l'avait attribuée à Gauguin dans son catalogue raisonné sur l'artiste courant entre les années 1873 et 1888 (un autre volume consacré aux années 1888 à 1903 devrait être publié à la fin de 2020)

    Quoiqu'il en soit, l'opinion de Daniel Wildenstein avait suffi à booster la valeur de l'œuvre pour la vendre au Getty avant de mourir en 2001 en créant derrière lui un énorme scandale sur sa succession, donnée pour être déficitaire, alors qu'il avait placé ses avoirs estimés à 6 milliards de dollars à l'abri de trusts établis dans des paradis fiscaux.

    A présent, le Getty tente de déterminer l'origine de la fausse sculpture de Gauguin qui avec ses cornes de diable n'aurait en fait aucun rapport avec la culture polynésienne, ce qui pourrait laisser penser qu'elle aurait été taillée par un voyageur européen.

    L'ANALYSE D'UNE MOMIE EGYPTIENNE REVELE UN MEURTRE

     

    Takabuti, la fameuse momie égyptienne exposée au Musée d'Ulster depuis 1834, avait été victime d'un meurtre, tuée par un coup de poignard planté dans son dos, selon des analyses effectuées par des chercheurs nord-irlandais et de l'université de Manchester.

     

    L'étude a également montré que l'ADN de cette momie était plus proche de celles des Européens que des Egyptiens actuels. En outre, elle avait 33 dents au lieu de 32- un fait rarissime puisqu'il ne concerne que 0,02% de la population, ainsi qu'une vertèbre supplémentaire ,une anomalie constatée chez seulement 2% d'individus.

     

    L'analyse au scanner a permis de constater que Takabuti avait été poignardée dans le dos, près de son omoplate gauche, ce qui signifie qu'elle avait été assassinée. Âgée entre 20 et 25 ans, cette jeune femme avait vécu il y a 2600 ans dans une maison de Thèbes.

     

    Achetée en 1834 par Thomas Greg qui l'avait ramenée à Belfast, sa momie avait eu ses bandelettes enlevées l'année suivante. Ces dernières années, elle avait subi des analyses aux rayons X, au scanner et au carbone 14 alors que les chercheurs ont noté la présence de son cœur, une découverte plutôt rare étant donné que les cœurs des défunts étaient retirés pour être pesés lors du voyage vers une nouvelle vie.Toutefois, le plus important a été de constater que Takabuti avait plus en commun avec les Européens que les Egyptiens actuels.



    UN HOMME JUGE POUR AVOIR TENTE DE VOLER LA GRANDE CHARTE

     

    Accusé d'avoir tenté de voler à la cathédrale de Salisbury une copie originale de la Grande Charte de 1215, Mark Royden a comparu le 27 janvier devant un tribunal de Londres en déclarant que son geste avait été motivé par le fait qu'il pensait que le document n'était pas authentique.

     

    Quatre copies d'époque sont connues à ce jour, deux à la British Library, une à la cathédrale de Salisbury et une autre à la cathédrale de Lincoln. Âgé de 47 ans, Royden avait tenté le 25 octobre 2018 de briser à coups de marteau la vitrine blindée protégeant la Charte mais avait été intercepté par des visiteurs et des employés de la cathédrale.

     

    En juin 2015, le roi despote Jean Sans Terre avait fini par se plier aux exigences des barons anglais qui s'étaient révoltés en réclamant une réduction de ses pouvoirs pour alors  signer la Grande Charte sur les droits et les libertés qui devint la pierre angulaire de la justice et du système légal  dans les pays démocratiques de la planète.


     

    LA NATIONAL GALLERY DE LONDRES ACCUSEE D'AVOIR FAIT GONFLER LE PRIX DU SALVATOR MUNDI DE VINCI

    La national Gallery de Londres a été accusée par un historien d'art d'avoir fait gonfler le prix du tableau Salvator Mundi de Léonard de Vinci, vendu pour 450.3 millions de dollars chez Christie's en 2017 après l'avoir fait exposer comme une pièce autographe sans informer le public des doutes entourant son attribution.

    Charles Hope s'est ainsi étonné que l'œuvre, présentée dans le cadre de l'exposition « Leonard de Vinci, Peintre de la cour de Milan » était déjà proposée à la vente, ce que son collègue Ben Lewis a confirmé mais que Nicholas Penny, l'ex directeur de la National Gallery, a infirmé.

    Rappelons que l'œuvre avait été achetée en 2005 pour 10.000 dollars par un groupe de marchands alors qu'elle n'était à cette époque considérée que comme une copie et que sa présentation six ans plus tard à la National Gallery lui avait subitement  conféré un statut particulier pour la faire devenir le tableau le plus cher au monde.

    Pour Hope, Robert Simon, l'un des marchands ayant acheté le tableau en 2005, avait exploité les infos données par la National Gallery pour faire admettre qu'il était authentique alors que le musée avait participé, peut-être contre son gré, à une énorme opération de marketing sans compter que Simon et ses associés s'étaient attelés à tenter de le vendre dès 2009 en le proposant notamment au Louvre, à la Gemäldegalerie de Berlin, au Vatican, au Prado et à l'Hermitage de Saint Pétersbourg.

    Le consortium visait alors à inciter un de ces musées à accepter l'œuvre comme authentique avant de trouver des mécènes pour l'acquérir, a indiqué Ben Lewis en ajoutant que Simon l'avait retirée du marché entre juillet 2011 et février 2012 pour ne pas embarrasser la National Gallery, laquelle a persisté à dire qu'elle n'était pas en vente durant son exposition.

    UNE DIZAINE DE SCULPTURES DE DALI VOLEES A STOCKHOLM

    Dix sculptures de l'artiste surréaliste Salvador Dali prêtées par un collectionneur suisse ont été volées à l'aube du 30 janvier dans une 

    galerie de Stockholm.

     

    Les voleurs ont fait voler en éclats la porte d'entrée de la galerie Couleur pour s'emparer des sculptures évaluées entre 20.000 et 

    50.000 euros pièce avant de s'enfuir à bord d'une voiture. 


    Le propriétaire de la galerie a estimé de son côté que les voleurs auront du mal à revendre celles-ci puisqu'ils n'ont pas trouvé les certificats

    d'authenticité qui les accompagnaient



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