La police espagnole a enquêté sur les agissements des religieuses d'un couvent de Grenade après l'apparition à la TEFAF de New York d'une rare sculpture en bois d'une sainte identique à celle qui trônait au-dessus de l'autel de la chapelle du bâtiment.
Représentant la sainte Marguerite de Cortone créée par l'artiste José de Mora, cette statue du 17e siècle a été proposée à la vente par le marchand madrilène Nicolas Cortes pour 390.000 alors que la police soupçonne les nonnes franciscaines de l'avoir vendue illicitement après la fermeture de leur couvent en 2018, ce qui est interdit par la loi espagnole.
Sœur Josefa, la mère supérieure du couvent, a démenti les accusations portées contre sa congrégation en affirmant que celle-ci possédait toujours la statue incriminée mais elle s'est refusée à dire où elle se trouvait. Pour elle, il y a eu méprise concernant la statue présentée à la TEFAF qui représenterait en fait Sainte Rose de Viterbe réalisée par un artiste inconnu.
Pour sa part, Cortes a déclaré aux autorités qu'il avait acheté sa statue en 2018 pour 100.000 dollars auprès d'un marchand qui l'avait sortie d'une collection privée puis qu'il l'avait exportée au Royaume-Uni en indiquant qu'il savait pertinemment qu'il était interdit de sortir quoi que ce soit d'un couvent espagnol.
Ce n'est pas la première fois que le couvent de Grenade est dans le viseur des autorités qui soupçonnent ses pensionnaires d'avoir vendu plusieurs pièces sous le manteau, notamment un autel de procession et d'autres statues, des objets repérés sur un marché aux puces de Madrid alors que les religieuses avaient affirmé qu'elles avaient été envoyée en restauration.
L'AGNEAU MYSTIQUE DE GAND ENFIN RESTAURE
D'un coût de 2.44 millions d'euros, la restauration du célèbre tableau d'autel de l'Agneau Mystique de la cathédrale de Gand achevé par les frères Jan et Hubert Van Eyck en 1432 a permis au bout de trois ans de lui faire retrouver toute sa splendeur avec la découverte de détails cachés depuis le 16e siècle.
Les restaurateurs ont ainsi eu la surprise de constater que la tête de l'agneau représentant le Christ avait un air très humain alors que 70% des panneaux extérieurs de l'œuvre avaient été recouverts depuis des siècles par un vernis devenu marron qu'il a fallu retirer au scalpel.
Par ailleurs, les travaux de restauration sur les bâtiments représentés dans le tableau d'autel ont démontré que la tour de la cathédrale d'Utrecht vue dans l'horizon avait bien été peinte par les frères alors qu'on pensait qu'il s'agissait d'une addition faite au 16e siècle.
UN TABLEAU DE PICASSO VANDALISE A LONDRES
Un visiteur de la Tate Modern de Londres s'en est pris le 28 décembre au tableau « Buste de Femme », un portrait de Dora Maar réalisé par Pablo Picasso en 1944.
La toile, estimée à plus de 23,5 millions d'euros, a été lacérée par un individu du nom de, Shakeel Massey, un jeune homme de 20 ans originaire du nord de Londres. Placé en détention provisoire jusqu'au 30 janvier, date de son audience préliminaire, il a refusé de reconnaître les faits.
L'œuvre, issue d'une collection privée et présentée à la Tate Modern dans le cadre d'un prêt à long terme, a été retirée des salles d'expositions pour faire l'objet d'un constat d'état. Mené par des experts en conservation d'œuvres d'art, celui-ci devrait permettre de définir les opérations de restauration à mener ainsi que le montant du préjudice.
Peint à Paris en mai 1944, dans l'atelier de la Rue des Grands-Augustins où Picasso réalisa Guernica quelques années plus tôt, Buste de femme représente dans un style semi-abstrait une femme vêtue de vert posant assise sur une chaise en métal. L'artiste avait pris pour modèle la photographe Dora Maar, égérie des surréalistes, qui en 1936 était devenue sa maîtresse attitrée. Durant les années de guerre passées avec elle, Picasso produisit plusieurs séries de portraits de femme tour à tour terrifiants, déformés, érotiques ou hallucinés, témoins de la relation passionnée des deux artistes comme des privations du peintre durant l'Occupation. Artiste étranger installé en France depuis la guerre d'Espagne, Picasso était en effet interdit d'exposition et de publication à cette époque.
UN MARCHAND DE MONTRES PLUTÔT RAPIAT
Un amateur de montres s'était offert une belle Jaeger Lecoultre chez un marchand réputé du 6e arrondissement mais un mois plus tard, il avait avisé dans la vitrine de ce dernier un modèle de cette marque qui lui plaisait plus, pour être amené à demander à combien celui-ci la reprendrait en contrepartie de cette nouvelle acquisition.
« Je peux vous la reprendre à 1500 euros de moins que son prix d'achat », a répondu le marchand alors que son client espérait un geste commercial de sa part. Plus rapiat, on meurt.
Par ailleurs, les vols de montres de luxe se sont multipliés à Paris, notamment durant la période des fêtes, où un collectionneur parisien s'est vu délester de onze Rolex et de bijoux durant son absence et ce, pour un préjudice d'un million d'euros.En un week-end, ce sont 20 Rolex qui ont changé de mains à Paris, soit à la suite d'un cambriolage dans un appartement du 16e arrondissement, soit par aracchage dans la rue.
Depuis quelques années, des gangs internationaux issus des pays des Balkans se sont spécialisés ou reconvertis dans ce type de vol très lucratif et dont la marchandise est facile à écouler. Leur mode opératoire s'inspire du célèbre gang des Pink Panthers , une nébuleuse criminelle originaire de la région, spécialisé dans les braquages et les cambriolages. « Soit les équipes s'attaquent aux coffres en les descellant du mur et les embarquent dans un drap ou une couette, soit ils font main basse sur tout ce qu'il y a de valeur (bijoux, œuvres d'art, espèces) », a expliqué un policier.
C'est ce second mode opératoire qui semble avoir été privilégié lors d'un second cambriolage dans un appartement de l'avenue Foch où une équipe a fait main basse sur cinq sacs de marque Hermès, et dix de Chanel ainsi que sur trois montres dont une Rolex. Un préjudice évalué à 140 000 euros. Quant au vol à l'arraché, commis en milieu de semaine, la victime a été dépossédée de son portable et de sa Rolex, en pleine rue, alors qu'elle sortait d'un restaurant huppé, près de l'avenue Marceau. Plusieurs individus se sont jetés sur celle-ci et ont réussi à lui arracher le bracelet-montre évalué à plusieurs centaines de milliers d'euros.
Selon la police, ces vols sont le fait d'équipes issues de la banlieue qui ont compris l'intérêt de ce business en faisant les sorties de bars ou de boîtes de nuit à la recherche de proies alcoolisées, et en ne s'intéressant qu'aux montres faciles à repérer et à arracher.