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Le journal d'un fou d'art

Les fous d'art, ivres de savoir et de découvertes, riches ou moins nantis et sans cesse à l'affût des nouvelles relatives au marché de l'art, forment une belle légion à travers le monde. Sans eux, ce marché n'aurait donc sûrement rien de légendaire. Depuis plus d'une quinzaine d'années, Adrian Darmon a donc rassemblé à travers plus de 2200 pages de multiples anecdotes souvent croustillantes sur les chineurs, amateurs et autres acteurs de cet univers plutôt incroyable et parfois impitoyable.

  • Introduction et chapitres de 1 à 2
  • Chapitres 3 à 5
  • Chapitres 6 à 8
  • Chapitres 9 à 11
  • Chapitres 12 à 14
  • Chapitres 15 à 17
  • Chapitres 18 à 20
  • Chapitres 21 à 23
  • Chapitres 24 à 26
  • Chapitre 27 à 29
  • Chapitre 30 à 32
  • Chapitre 33 à 35
  • Chapitre 36 à 38
  • Chapitre 39 à 41
  • Chapitre 42 à 44
  • Chapitre 45 à 47
  • Chapitre 48 à 50
  • Chapitre 51 à 53
  • Chapitre 54 à 56
  • Chapitre 57 à 59
  • Chapitre 60 à 62
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    LIVème Chapitre
    DEMISSION DE LA DIRECTRICE DE LA SERPENTINE GALLERY
    19 Juin 2019

    Yana Peel, la directrice de la Serpentine Gallery de Londres a démissionné de son poste suite à un article paru dans la presse au sujet de ses liens avec une firme israélienne produisant des logiciels espions.

    Celle-ci a déclaré avoir quitté son poste en raison d'une campagne de lobbying contre son mari qui avait récemment investi dans le groupe NSO basé à Herzliya dont un logiciel espion permet de prendre le contrôle de téléphones portables, lequel aurait été utilisé lors d'une attaque contre la messagerie WhatsApp en mai dernier.

    NSO avait été forcé de démentir que ce logiciel avait été utilisé contre le journaliste saoudien Jamal Khashoggi avant qu'il ne soit tué par des sbires du régime de Riyad dans le consulat de son pays en octobre dernier.

    En raison de ses liens avec NSO, Yana Peel a expliqué que la galerie ne pouvait donc pas se permettre d'être atteinte par les attaques menées sur des fondements inexacts contre elle sa famille pour lesquelles elle entend saisir la justice.

    UNE FILLETTE DE TROIS ANS DETRUIT UNE ŒUVRE D'ART A ARTBASEL

    Lors du dernier jour de la foire internationale d'art contemporain Art Basel, une fillette de trois ans promenée par sa mère dans une poussette a voulu saisir une mouche géante d'une valeur de 50.000 euros créée par la plasticienne Katharina Frisch dont les ailes ont été cassées lorsque celle-ci est tombée de son piédestal. La maman, au bord des larmes, a dû donner ses coordonnées au responsable de l'exposition. 

    SAINT-LOUIS N'EST PAS MORT DE LA PESTE

    Une légende vieille de 750 ans a fini à la poubelle laprès qu'on ait appris avec certitude que le roi Louis IX, devenu Saint Louis après sa canonisation, n'était pas mort de la peste devant Tunis le 25 août 1270 mais du scorbut, une carence aiguë en vitamine C, selon une étude scientifique parue dans la revue internationale « Journal of Stomatology, oral and maxillofacial surgery »

    Il va donc falloir réécrire les livres d'histoire du Moyen Âge puisque les causes du décès du roi ont été établies avec certitude par l'équipe de scientifiques français dirigée par le docteur Philippe Charlier qui a déjà autopsié des morts célèbres, comme Henri IV ou Richard Cœur de Lion.

    C'est en examinant la mandibule du souverain disparu à l'âge de 56 ans, qui était conservée à Notre-Dame-de-Paris dans un reliquaire, que les causes de sa mort, survenues au moment où il tentait une 8e croisade au moment de l'apogée de son règne  que ces scientifiques ont démontré qu'il n'avait pas survécu à une complication du scorbut qui avait attaqué la gencive puis l'os pour entraîner une surinfection fatale.

    Le roi et plusieurs membres de sa suite avaient dû être victimes du scorbut durant la longue traversée en bateau qui les avait menés vers la Tunisie. Ramenée en France, la dépouille de Saint Louis avait été veillée durant une nuit à Notre-Dame avant son inhumation le 22 mai 1271 à Saint-Denis.

    LE REVOLVER AVEC LEQUEL VAN GOGH SERAIT TUE FAIT EXPLOSER LES ENCHERES

    C'est une épave rouillée d'un revolver qui ne vaut pas un clou mais cette arme qui aurait été celle utilisée par Vincent Van Gogh pour se suicider en 1890 a fait exploser les enchères le 19 juin à l'Hôtel Drouot pour atteindre 162.500 euros, soit plus du double de son estimation haute.

    Ce revolver  bas de gamme, souvent offert durant la seconde moitié du 19e siècle contre un abonnement pour un magazine, avait été trouvé dans un champ près d'Auvers-Sur-Oise après avoir séjourné dans la terre durant des décennies.

    Van Gogh se serait tiré une balle dans la poitrine un dimanche en perdant connaissance avant de mourir 48 heures plus tard à l'auberge Ravoux où il avait pris une chambre mais, selon une théorie dévoilée en 2011 par deux chercheurs américains, il aurait eu affaire à des adolescents venus le harceler en faisant mine de le menacer avec cette arme  dont un coup serait accidentellement parti alors que l'artiste n'aurait pas voulu les impliquer durant son agonie.

    Quoiqu'il en soit, ce revolver avait été trouvé vers 1860 , soit 80 ans après ce drame, par un agriculteur qui  l'avait donné à la mère du vendeur. Par la suite, plusieurs facteurs avaient pointé vers cette arme dont Van Gogh se serait servi. 1) le lieu de sa découverte où le peintre se trouvait 2) le calibre 7mm de la balle, le même que celui du projectile retiré de sa poitrine, pas assez puissant pour le tuer instantanément.3) le temps durant lequel l'arme aurait séjourné dans la terre.

    Finalement, le fait que le Musée Van Gogh ait présenté cette arme lors d'une exposition organisée en 2016 a largement joué en faveur de l'authenticité de son utilisation par le peintre pour faire monter les enchères. Sinon, cette épave n'aurait pas valu plus de dix euros.

    LES MANIFESTATIONS A HONG KONG SUSCEPTIBLES DE GÊNER LE MARCHE DE L'ART

    Les manifestations continues à Hong Kong pour protester contre des mesures d'extradition de contestataires ou de suspects vers la Chine pourraient à la longue avoir des répercussions sur le marché de l'art asiatique.

    Les galeristes occidentaux ont fini par suivre de près la situation qui pourrait dégénérer à tout moment alors que de nombreux collectionneurs chinois en sont venus à se demander s'il fallait qu'ils continuent à entreposer leurs œuvres à Hong Kong ou à y faire d'autres acquisitions.

    Déjà, certains d'entre eux ont décidé de transférer 100 millions de dollars d'avoirs à Singapour tandis que des résidents ont commencé à convertir leurs économies en devises étrangères pour se prémunir de mesures monétaires.

    Devenue une des places les plus importantes du marché de l'art, derrière New York et Londres, Hong Kong avait fini par attirer de nombreuses galeries étrangères intéressées par les avantages qu'elle offrait, notamment, son statut de port-franc et sa proximité avec la Chine et ses collectionneurs, désormais friands d'art occidental.

    Il n'y a par exemple pas de taxe à l'importation dans l'ancienne enclave britannique, un avantage appréciable par rapport au reste de l'Asie, particulièrement en Chine où nombre de produits, sont soumis à des taxes qui s'élèvent à 16% pour les œuvres d'art. Hong Kong a donc été une sorte de paradis pour les amateurs chinois qui y ont entreposé pour 10 milliards de dollars d'œuvres.

    La situation actuelle a été jugée inquiétante lorsqu'on s'est rendu compte d'une baisse de fréquentation des acheteurs chinois à la foire ArtBasel, due aussi aux sanctions commerciales américaines contre leur pays, alors que celle des amateurs thaïlandais, philippins, sud-coréens et singapouriens a augmenté. A cela s'est ajoutée la décision de Pékin d'instituer un contrôle plus strict sur les mouvements de capitaux et d'engager des actions contre l'évasion fiscale. En conséquence de quoi, les acheteurs chinois ont préféré se montrer plus discrets en demandant à des galeristes de garder leurs acquisitions hors de Chine pour donner à Hong Kong une place privilégiée mais, bien que son gouvernement ait renoncé à sa loi sur l'extradition, les craintes de voir l'enclave perdre son autonomie au profit de la Chine sont toujours palpables.

    Pour l'instant, la Chine a insisté pour dire que les affaires de Hong Kong étaient essentiellement internes mais les Etats-Unis n'ont pas été de cet avis, puisque l'enclave bénéficie d'un statut lui permettant d'échapper aux taxes d'exportations imposées à la Chine. Or, les sénateurs républicains ont déposé un projet de loi qui pourrait supprimer ce statut particulier en réponse à l'érosion de l'autonomie de l'enclave après l'ingérence de Pékin. Si le texte était adopté, Hong Kong ne serait donc plus attractive pour les galeries et firmes étrangères.

    Par ailleurs, l'administration Trump a envisagé d'imposer une taxe de 25% sur 300 milliards de produits chinois, y compris des œuvres d'art, ce qui aurait des conséquences fâcheuses, au cas où Hong Kong perdrait son statut.

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