On connaissait le visage de Frida Kahlo (1907-1954), devenu célèbre à travers le monde, mais pas sa voix alors qu'elle était apparue dans nombre de films, malheureusement muets, jusqu'à ce qu'un enregistrement, de celle-ci vienne d'être découvert dans les archives du présentateur Alvaro Galvez y Fuentes.
Daté de 1949, on y entend la voix mélodieuse d'une femme lisant sur le son d'un guitare un texte à propos de Diego Rivera (1886-1957) à l'occasion du 50e anniversaire de la carrière de cet artiste qui fut son époux dans lequel elle déclarait qu'il était un gigantesque enfant doté d'un visage aimable et d'un regard triste.
« Ses grands yeux sombres, extrêmement intelligents… semblent sortir de leurs orbites en raison de leurs paupières gonflées et protubérantes, comme celles d'une grenouille. Ils lui permettent d'avoir un champ de vision plus large, comme s'ils étaient faits spécialement pour un peintre attiré par les larges espaces et les foules », déclarait-elle.
Galvez avait acquis cet enregistrement réalisé en extérieur pour un programme qu'il avait présenté en 1956 sur Ribera alors que des chercheurs se sont attelés à chercher à confirmer qu'il s'agit bien là de la voix de Frida dont la photographe Gisèle Freund avait noté l'intonation chaude et mélodieuse.
DES EXPERTS CONSTIPES
Depuis quelques années, les experts ne veulent plus prendre de risques lorsqu'il s'agit d'authentifier des redécouvertes qui dès lors sont rares à être confirmées, ce qui amène les salles de ventes à ne proposer que des lots dont la provenance est dûment avérée en faisant parfois des heureux prompts à profiter de la frilosité ambiante.
Il n' ya pas longtemps, deux marchands du marché aux Puces de Saint-Ouen ont mis la main chez un particulier sur un bureau estampillé Dubois, et un meuble signé Riesener, qu'e le représentant d'un groupe de vente appelé pour les estimer avait considérés comme réalisés au 19e siècle en les estimant pour presque rien. Achetés respectivement 1500 euros et 10.000, ils ont été adjugés par la suite pour 85.000 et 130.000 euros, une aubaine pour leurs acheteurs qui ont profité de ses estimations à la noix. Alors, pourquoi cette prudence constatée chez les experts ? Tout simplement parce qu'ils ont peur de se tromper et d'avoir à répondre durant dix ans de leurs erreurs auprès des acquéreurs en vente publique. Mieux vaut donc pour eux de se contenter de dire que tel meuble ou telle oeuvre est une copie pour éviter des ennuis dommageables pour leur réputation mais une bévue l'est tout autant.
DEMISSION DU DIRECTEUR DU MUSEE D'ART JUIF DE BERLIN
Peter Schäfer, Le directeur du Musée d'Art Juif de Berlin depuis 2014, a présenté sa démission à la suite de la diffusion d'un tweet appuyant la demande d'un journal d'extrême gauche faite au Bundestag de ne pas voter une résolution contre le mouvement pro-palestinien BDS, dont les appels au boycott des produits israéliens sont souvent empreints d'antisémitisme.
Accusé d'avoir pris une position politique trop affirmée dans le débat sur Israël après avoir aussi invité un conférencier palestinien, Schäfer a préféré démissionner pour ne pas nuire à l'image du musée qui recherche désormais un nouveau directeur.
A la fin de 2014, le musée avait aussi organisé une exposition intitulée « Bienvenue à Jérusalem » qui avait suscité les critiques du gouvernement israélien pour avoir exagéré l'importance de l'influence musulmane au 19e siècle en se montrant quelque peu hostile à Israël.
LES ARTISTES
IRANIENS FRAPPES PAR LES SANCTIONS AMERICAINES
Les artistes
iraniens ont été durement affectés par les sanctions américaines contre le
régime de Téhéran, bien plus encore que les mesures drastiques que celui-ci a imposées
dans le domaine culturel.
En raison de
ces sanctions, l'Iran ne peut plus acheter de dollars, de l'or ou des métaux
tandis que ses citoyens ne sont plus en mesure de transférer ou de recevoir des
devises, sans compter que de nombreuses compagnies étrangères ont décidé de ne
plus opérer dans le pays dont l'économie s'est écroulée avec une inflation
record et une dévaluation de 70% du rial.
Bien que l'art
soit techniquement exempt des sanctions, la situation a grandement affecté les artistes
et les galeries au niveau de leurs activités même si leur participation à de
grandes foires reste d'actualité. Dans ce contexte, ces acteurs sont obligés
d'emprunter un labyrinthe complexe pour réaliser des affaires en étant obligés de
toucher l'argent qui leur revient à l'étranger pour le rapatrier ensuite chez eux.
Les galeristes
étrangers sont pour leur part amenés à aller à Téhéran pour leur payer les
œuvres vendues alors que d'autres retiennent des recettes durant des mois,
voire des années, pour ne pas s'embarrasser à contourner le système des
sanctions.Résultat : de moins en moins de galeries sont disposées à
présenter des œuvres d'artistes iraniens qui, face à l'inflation, éprouvent les
pires difficultés à acheter des matériaux pour réaliser leurs travaux.
Les
conservateurs de musées ne sont pas en reste lorsqu'il s'agit d'organiser des
expositions à l'étranger, comme à l'occasion de la présentation du pavillon
iranien à la Biennale de Venise lorsque son responsable a dû apporter avec lui
d'importantes sommes en liquide pour payer son personnel, les frais d'hôtel et
assurer d'autres dépenses. Idem pour le groupe Parasol de Londres dirigé par
Ziba Ardalan qui a été obligé de s'adapter aux sanctions pour présenter au même
moment les œuvres de neuf artistes iraniens.
De ce fait, le
marché de l'art iranien est à l'agonie avec peu de clients étrangers alors que
les collectionneurs sont soumis au même régime en devant passer par des bureaux
de change locaux ou situés au Moyen-Orient pour transférer de s sommes en échange de lourdes commissions alors
que d'autres, plus malins, ont vendu des œuvres aux enchères pour sortir leur
argent du pays par des moyens détournés. Néanmoins, il est plus facile d'acheter
des œuvres à Téhéran plutôt que les vendre.
L'ennui est
que l'art iranien est devenu synonyme de problème du fait que les galeries et les
collectionneurs de l'étranger n'ont pas envie de s'attirer les foudres des
Etats-Unis ou de voir leur argent être bloqué à l'occasion d'une transaction,
surtout que les banques bloquent souvent des comptes associés aux mots Iran ou
Perse alors que des touristes peuvent réaliser d'excellentes affaires en
achetant de l'art iranien à bon prix à Téhéran ou ailleurs, où les artistes continuent
malgré tout de produire dans l'espoir que la situation s'arrangera un jour.