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A Drouot, les ventes c'est souvent enchères et en hausse (AD)
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Le journal d'un fou d'art
Chapitre :
23 titres
XXème Chapitre
Joseph et ses faux frères
01 Septembre 2003 |
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Lundi 22 septembre, le « Figaro » signale que Joseph, artiste noir des rues récemment découvert par le président de la Fondation Dubuffet, est en passe de devenir le nouveau Jean-Michel Basquiat, l'artiste d'origine haïtienne décédé d'une overdose à moins de 30 ans, ce qui veut dire en raccourci que le talent qu'on lui trouve est quelque peu lié au fait qu'il risque de crever d'ici peu. Voilà donc subitement que des collectionneurs avisés ne jurent plus que par Joseph, longtemps scotché au trottoir de la rue du Roi de Sicile où il peignait des œuvres ressemblant presque point par point à celles de Basquiat en buvant quelques litrons de rouge et en insultant parfois copieusement les piétons qui osaient se montrer perplexes devant ses graffiti. C'est maintenant Joseph sorti miraculeusement du puits par de bons samaritains qui rêvent en fait secrètement d'être reconnus comme les découvreurs de la star de demain dont les œuvres, qui ne valaient rien hier, s'arracheront bientôt à prix d'or. Et bizarrement, ceux qui profiteront de l'aubaine seront comme par hasard ces faux frères venus soutenir subitement le pauvre artiste, gravement malade depuis deux mois. On applaudirait volontiers ces généreux mécènes si Joseph était assuré de vivre longtemps mais il n'est pas certain que l'excentrique clodo du Marais soit à même de passer l'hiver. Mort, il aura une chance de devenir une légende et sa cote explosera à coup sûr. Vivant, celle-ci grimperait beaucoup moins vite. Telle semble être une des lois du marché de l'art. Bonjour l'opportunisme ! La morale de l'histoire est donc que pour atteindre le statut de star de la peinture, il convient avant tout d'avoir le profil d'un peintre maudit, du genre Van Gogh, Modigliani ou… Basquiat. A ce titre, Joseph est un candidat vraiment idéal pour devenir le Basquiat français alors que ceux qui s'arrachent maintenant ses œuvres méritent au moins d'être loués pour l'avoir découvert à temps…
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Lundi 22 septembre, le « Figaro » signale que Joseph, artiste noir des rues récemment découvert par le président de la Fondation Dubuffet, est en passe de devenir le nouveau Jean-Michel Basquiat, l'artiste d'origine haïtienne décédé d'une overdose à moins de 30 ans, ce qui veut dire en raccourci que le talent qu'on lui trouve est quelque peu lié au fait qu'il risque de crever d'ici peu. Voilà donc subitement que des collectionneurs avisés ne jurent plus que par Joseph, longtemps scotché au trottoir de la rue du Roi de Sicile où il peignait des œuvres ressemblant presque point par point à celles de Basquiat en buvant quelques litrons de rouge et en insultant parfois copieusement les piétons qui osaient se montrer perplexes devant ses graffiti. C'est maintenant Joseph sorti miraculeusement du puits par de bons samaritains qui rêvent en fait secrètement d'être reconnus comme les découvreurs de la star de demain dont les œuvres, qui ne valaient rien hier, s'arracheront bientôt à prix d'or. Et bizarrement, ceux qui profiteront de l'aubaine seront comme par hasard ces faux frères venus soutenir subitement le pauvre artiste, gravement malade depuis deux mois. On applaudirait volontiers ces généreux mécènes si Joseph était assuré de vivre longtemps mais il n'est pas certain que l'excentrique clodo du Marais soit à même de passer l'hiver. Mort, il aura une chance de devenir une légende et sa cote explosera à coup sûr. Vivant, celle-ci grimperait beaucoup moins vite. Telle semble être une des lois du marché de l'art. Bonjour l'opportunisme ! La morale de l'histoire est donc que pour atteindre le statut de star de la peinture, il convient avant tout d'avoir le profil d'un peintre maudit, du genre Van Gogh, Modigliani ou… Basquiat. A ce titre, Joseph est un candidat vraiment idéal pour devenir le Basquiat français alors que ceux qui s'arrachent maintenant ses œuvres méritent au moins d'être loués pour l'avoir découvert à temps…
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