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Etre fou de Buffet, c'est en avoir plein l'armoire (AD)
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Le journal d'un fou d'art
Chapitre :
23 titres
XXème Chapitre
Journée sans...
01 Septembre 2003 |
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Vers dix heures, un journaliste du « Nouvel Observateur » m'appelle pour obtenir quelques renseignements sur les biffins, ces vautours nocturnes des boites à ordures de la capitale qui ont probablement pour rengaine favorite la chanson de Sylvie Vartan « La poubelle pour aller danser ». Tout ça pour dire que les biffins d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes qu'hier étant donné d'une part qu'ils trouvent désormais moins d'objets de valeur dans les poubelles et d'autre part qu'ils se baladent moins avec des sacs à dos pour y fourrer leurs trouvailles et plus avec vélomoteurs munis de remorques, voire des fourgonnettes pour les entasser. Il est devenu loin le temps où il n'était pas rare de découvrir dans les poubelles parisiennes des verreries Art Nouveau, des montres de luxe style Patek-Philippe ou Rolex ou des tableaux. Maintenant, c'est bien moins le cas car les gens sont plus avertis de la valeur des choses. On ne jette donc plus l'objet affreux ou la pendule passée de mode qui trônaient dans le salon de la grand-mère décédée récemment. Merci les livres et les guides de référence ou mes ouvrages bon marché de la librairie Taschen, on va d'abord à Drouot les faire estimer. Aujourd'hui, le biffin est forcé de vivre au rythme de son époque et selon ses progrès. Il ramasse le plus souvent dans les poubelles et autour le vieux téléviseur, le lampadaire halogène déglingué, le grille-pain qui semble lui-même grillé, l'ordinateur obsolète, le tuyau de plomb ou de cuivre jeté après la réfection d'une salle de bain, les jouets d'un môme qui a grandi ou encore des vêtements et des livres et ce n'est que très rarement qu'il va mettre la main sur un bout d'or parmi des babioles sans intérêt trouvées entassées dans une boite en carton. Le biffin version 2003 s'intéresse aussi aux bennes à gravats où des ouvriers de chantiers de démolition jettent un peu de tout et parfois d'intéressants éléments décoratifs démontés dans des hôtels particuliers appelés à être remplacés par des immeubles et où des particuliers profitent de la nuit pour se débarrasser de choses encombrantes qu'ils n'osent pas abandonner sue le trottoir. Maintenant, le biffin est plus un récupérateur organisé qui trie de poubelles avec une certaine méthode qu'un fouilleur occasionnel qui farfouille au petit bonheur la chance. Au fait, ce lundi est la journée sans voiture, ce qui a permis d'aérer Paris. On a déjà la journée sans tabac et peut-être bientôt la journée sans manger en solidarité avec ceux qui crèvent la faim dans le monde, la journée sans portable pour reposer ses oreilles, la journée sans faire l'amour en signe de chasteté, la journée sans électricité pour économiser l'énergie, et qui sait ? la journée sans dire de connerie, ce qui sera plus difficile ou la journée sans payer, ce qui relève de l'utopie. En attendant, ce qu'il y a de paradoxal dans la vie d'un homme c'est que les jours sans ne se comptent plus.
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Vers dix heures, un journaliste du « Nouvel Observateur » m'appelle pour obtenir quelques renseignements sur les biffins, ces vautours nocturnes des boites à ordures de la capitale qui ont probablement pour rengaine favorite la chanson de Sylvie Vartan « La poubelle pour aller danser ». Tout ça pour dire que les biffins d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes qu'hier étant donné d'une part qu'ils trouvent désormais moins d'objets de valeur dans les poubelles et d'autre part qu'ils se baladent moins avec des sacs à dos pour y fourrer leurs trouvailles et plus avec vélomoteurs munis de remorques, voire des fourgonnettes pour les entasser. Il est devenu loin le temps où il n'était pas rare de découvrir dans les poubelles parisiennes des verreries Art Nouveau, des montres de luxe style Patek-Philippe ou Rolex ou des tableaux. Maintenant, c'est bien moins le cas car les gens sont plus avertis de la valeur des choses. On ne jette donc plus l'objet affreux ou la pendule passée de mode qui trônaient dans le salon de la grand-mère décédée récemment. Merci les livres et les guides de référence ou mes ouvrages bon marché de la librairie Taschen, on va d'abord à Drouot les faire estimer. Aujourd'hui, le biffin est forcé de vivre au rythme de son époque et selon ses progrès. Il ramasse le plus souvent dans les poubelles et autour le vieux téléviseur, le lampadaire halogène déglingué, le grille-pain qui semble lui-même grillé, l'ordinateur obsolète, le tuyau de plomb ou de cuivre jeté après la réfection d'une salle de bain, les jouets d'un môme qui a grandi ou encore des vêtements et des livres et ce n'est que très rarement qu'il va mettre la main sur un bout d'or parmi des babioles sans intérêt trouvées entassées dans une boite en carton. Le biffin version 2003 s'intéresse aussi aux bennes à gravats où des ouvriers de chantiers de démolition jettent un peu de tout et parfois d'intéressants éléments décoratifs démontés dans des hôtels particuliers appelés à être remplacés par des immeubles et où des particuliers profitent de la nuit pour se débarrasser de choses encombrantes qu'ils n'osent pas abandonner sue le trottoir. Maintenant, le biffin est plus un récupérateur organisé qui trie de poubelles avec une certaine méthode qu'un fouilleur occasionnel qui farfouille au petit bonheur la chance. Au fait, ce lundi est la journée sans voiture, ce qui a permis d'aérer Paris. On a déjà la journée sans tabac et peut-être bientôt la journée sans manger en solidarité avec ceux qui crèvent la faim dans le monde, la journée sans portable pour reposer ses oreilles, la journée sans faire l'amour en signe de chasteté, la journée sans électricité pour économiser l'énergie, et qui sait ? la journée sans dire de connerie, ce qui sera plus difficile ou la journée sans payer, ce qui relève de l'utopie. En attendant, ce qu'il y a de paradoxal dans la vie d'un homme c'est que les jours sans ne se comptent plus.
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