Mort le 6 décembre 1998, le sculpteur César Baladaccini dit « César » ne se doutait pas que son héritage allait faire l'objet d'une âpre bataille entre son épouse légitime Rosine et la compagne de ses derniers jours, la belle Stéphanie Busuttil, âgée aujourd'hui de 30 ans. La vente d'une quarantaine de pièces du sculpteur, devenu célèbre grâce à ses compressions et ses œuvres en ferraille, devait avoir lieu prochainement à l'Hôtel Dassault sous le marteau de M° Francis Briest, lequel avait été désigné pour dresser l'inventaire de sa succession, mais elle a été annulée suite à une ordonnance du tribunal qui a agi sur plainte de la famille de l'artiste.
La succession de César est en fait bloquée depuis sa mort en raison d'une bagarre judiciaire entre sa veuve et sa dernière compagne au sujet des quelque 1200 œuvres figurant dans sa succession ainsi que des droits moraux et ceux concernant la délivrance de certificats d'authenticité pour celles qui ont été vendues de son vivant. L'enjeu de cette affaire difficile à dénouer est de taille surtout qu'avant son décès, César avait nommé Mlle Busuttil gérante de la société civile de l'atelier César (SCAC) dont cette dernière possède par testament 59,25% des parts, ce qui lui assure le contrôle intégral du droit moral sur son œuvre.
Bien entendu, Rosine Baldaccini a contesté les dispositions de son époux tandis que la SCAC a fait l'objet d'un contrôle fiscal qui a révélé la disparition de 400 œuvres de César, ce qui a conduit à une plainte contre X au pénal.
L'annulation de la vente n'est pas pour déplaire aux principaux acteurs de cette affaire car elle semblait malvenue dans le contexte actuel alors que la cote de César n'est pas encore fermement établie au plan international.
César avait mis près de quarante ans à se faire reconnaître et avait enfin pu profiter de sa notoriété à partir du milieu des années 1970 sans toutefois imaginer que les œuvres qu'il laisserait derrière allaient valoir près de 50 millions d'euros et qu'elles susciteraient une lutte sans merci entre sa famille et sa compagne venue au dernier moment croquer cet énorme gâteau.
Voir ce beau monde en train de ferrailler pour l'héritage du roi de la ferraille donnerait de belles idées à ce cher M. de La Fontaine qui s'amuserait de cette histoire consistant à rendre à César ce qui lui appartenait en composant une fable contenant quelques rimes bien senties.