Les Amis du Louvre se sont cotisés pour acheter un joli chat pour le musée, pas pour chasser de quelconques souris ou des rats de bibliothèque mais tout simplement pour l'accrocher à une de ses cimaises. Il faut dire que le chat en question a en fait été représenté en train de dormir sur une toile non signée de Théodore Géricault possédée depuis plus d'une vingtaine d'années à un brocanteur qui ignora longtemps qu'il possédait un véritable trésor jusqu'au jour où il contacta un expert parisien qui découvrit que cette œuvre avait été recensée parmi celles qui provenaient de son atelier dont le contenu avait été dispersé après sa mort accidentelle.
Le brocanteur est plus que ravi d'avoir empoché une somme rondelette qui lui permettra de vivre une retraite confortable alors que de leur côté, les responsables du musée se frottent les mains d'avoir pu acquérir un rare chef d'œuvre.
Lundi 23 juin, la vente de tableaux impressionnistes et modernes organisée par Sotheby's à Londres ne s'est pas trop mal passée malgré la morosité ambiante sur le marché de l'art. Près de 69 % de lots ont été vendus dont une huile d'Egon Schiele datée de 1916 et titrée « Krumau landscape : town and river » (110,5 x 141 cm) qui a atteint la bagatelle de 12,7 millions de livres sterling. Notons au passage que cette œuvre avait été spoliée par les nazis et rendue dernièrement aux héritiers de son propriétaire qui résident en Grande-Bretagne. Ironie de l'histoire, elle retournera en Autriche où elle avait été volée durant la guerre.
Par ailleurs, une huile de Paul Gauguin peinte à Tahiti en 1902 et titrée « L'Incantation » a atteint 7,6 millions de livres et une huile de Magritte intitulée « L'Acte de foi » de 1960 a été adjugée pour 1,9 million de livres, au double de son estimation basse.
Bref, la crise ne fait pas peur à ceux qui disposent de moyens pour acheter des œuvres intéressantes afin de faire des placements plus sûrs qu'à la Bourse où les actions ne décollent toujours pas.
Le lendemain, Christie's a obtenu 1,8 million de livres pour « Le Coq » de Miro, soit six fois son estimation et un Chagall de 1927 titré « L'Âne à la tour Eiffel » pour 587 650 livres tandis qu'un Bonnard de 1945 titré « Baigneurs à la fin du jour » a vu son estimation basse être quintuplée pour atteindre 465 650 livres. Il convient aussi de souligner qu'une huile de Paul Delvaux de 1947 intitulée « Le nu et le mannequin » a culminé à 1,7 million de livres, qu'une toile de Vincent Van Gogh représentant un vase avec des œillets a grimpé jusqu'à 4,3 millions de livres et qu'un dessin assez fatigué figurant sur une lettre adressée par l'artiste à son frère Théo titré « La Maison de Vincent » a séduit un amateur américain pour 845 250 livres.
Le 26 juin, Christie's a encore récolté une belle moisson grâce à des dessins de Cézanne, son autoportrait de 1882-83 atteignant notamment 390 000 livres sur une estimation haute de 80 000 livres.
On le constate, ce n'est pas l'argent qui manque pour redonner de belles couleurs au marché de l'art mais plutôt l'envie de le dépenser pour les œuvres de qualité moyenne, ce qui veut dire que les acheteurs sont devenus sélectifs…