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LES PRETENDANTS ONT BROUILLE L'HISTOIRE
01 Mai 2004



La mort mystérieuse de Louis XVII et le silence qui fut imposé quant à ses circonstances ouvrit la porte à d'innombrables rumeurs qui se transformèrent parfois en légendes et provoquèrent souvent des impostures.

Ainsi, il n'y eut pas moins de 101 prétendants, des personnages profitant du mystère du Temple entretenu sciemment ou inconsciemment, les plus célèbres d'entre eux étant Hervagault, le premier à se manifester, Mathurin Bruneau, Richemont, Aleazar Williams, un Américain, et l'horloger prussien Wilhelm Naundorff, le plus célèbre, qui décéda en Hollande, sa tombe située à Delft portant cette inscription : « Ici repose Louis XVII, Charles-Louis, duc de Normandie, roi de France et de Navarre, né à Versailles le 27 mars 1785, décédé à Delft le 10 août 1845 ».

Les nombreux prétendants qui se manifestèrent durant le premier tiers du XIXe siècle semèrent un certain trouble parmi les diverses factions royalistes, ce qui à l'évidence n'arrangea pas les affaires du docteur Pelletan lorsqu'il essaya d'entrer en contact avec Louis XVIII et que la sœur du dauphin, rescapée de la prison du Temple, l'éconduisit sans vouloir l ‘écouter.

Les faux dauphins pullulèrent, tels Hervagault ou Mathurin Bruneau, qui furent traduits en justice durant la Restauration, tel aussi Victor Persat, un militaire retiré aux Etats-Unis ou un maçon de Lyon nommé Fontolive. D'autres individus se détraquèrent carrément le cerveau en se faisant passer pour le roi ressuscité et il y eu même des candidats un peu loufoques qui, s'étant présentés aux Tuileries pour prouver qu'ils étaient le vrai Louis XVII, finirent dans des asiles d'aliénés.

Naundorff, quant à lui, trouva le moyen avec des accents pathétiques de raconter un peu partout une histoire émouvante mais en réalité vraiment peu crédible. Il fit même publier les Mémoires du duc de Normandie, fils de Louis XVI depuis a naissance jusqu'en juillet 1831, date de la publication de cet ouvrage lequel entretint la légende savamment fabriquée.

Certaines puissances comme l'Angleterre et la Hollande prirent le parti de soutenir la revendication de Naundorff pour contester la légitimité de Louis XVIII lequel, parrain du dauphin, commit l'erreur de ne pas saisir l'occasion offerte par Pelletan pour faire cesser toute polémique. De plus, de nombreux royalistes avaient du mal à croire que le petit Louis XVII soit mort dans la sinistre prison du Temple, ce qui permit à certains usurpateurs comme Naundorff de les abuser plus facilement.

Par ailleurs, certains royalistes proches des Orléans eurent peut-être tendance à croire que le parti légitimiste pouvait être affaibli par le battage fait autour des prétendants même si l'identification du cœur de Louis XVII ne changeait pas grand chose puisque les branches des Bourbons et les Orléans étaient collatérales, l'aînée, celle des Bourbons d'Espagne par le frère de Louis XIV et la cadette Orléans de France par Louis XIII. Enfin, lorsqu'il fut enfin question de pratiquer une analyse a.d.n du cœur de Louis XVII, le nouveau comte de Paris Henri d'Orléans s'y opposa.

Les prétendants profitèrent des rumeurs qui avaient longtemps couru quant à une substitution au temple, Louis XVII ayant soi-disant été remis en liberté alors qu'un adolescent muet aurait été mis à sa place dans la prison du Temple. Une hypothèse qui allait être entretenue durant plus de deux siècles.

Naundorff, qu'une femme de chambre avait formellement reconnu comme étant le petit Louis Capet dont elle s'était occupée à Versailles, sut avec habileté impressionner les nobles qu'il approcha en racontant qu'il s'était évadé du Temple dans des conditions rocambolesques, grâce à un aide de camp du prince de Condé qui était parvenu à corrompre la femme Simon et l'avait sorti de la prison caché dans un cheval en carton bouilli alors qu'un autre enfant y avait été mis à sa place pour éviter que cette évasion fut connue. L'histoire de Troie était ainsi revisitée d'une manière séduisante pour ses interlocuteurs alors que le roi des Pays-Bas alla jusqu'à proclamer l'imposteur seul et vrai Louis XVII, ce qui fait que ses descendants actuels sont toujours autorisés à porter le nom de Bourbon.

L'histoire de Naundorff ne tenait pas debout pour diverses raisons. Premièrement, il fallait un laisser-passer spécial pour pénétrer dans l'enceinte du Temple et être muni d'autorisations signées en haut lieu pour aller d'un quartier de la prison à un autre. Deuxièmement, Simon était confiné dans le Temple et n'eut pas le droit d'en sortir jusqu'au jour où il fut relevé de sa fonction. Il était donc faux de dire qu'une substitution avait eu lieu en son absence. Troisièmement, le commandant de la section du Temple, un dénommé La Bazanerie, venait souvent dans la tour voir le petit roi et aurait vite soupçonné quelque chose d'anormal au vu du prisonnier, même en cas de ressemblance frappante avec Louis XVII. Quatrièmement, lors de leur départ du Temple, Simon et sa femme signèrent une décharge en remettant l'enfant « en bonne santé » à ses nouveaux gardiens. Ce ne fut qu'après leur départ définitif, que Louis XVII fut abandonné à lui-même dans sa chambre et non durant le temps où ils s'occupèrent de lui, alors que Naundorff prétendit avoir subi ce traitement barbare et s'être ensuite évadé du Temple avec la complicité de la femme Simon partie en fait du Temple depuis déjà cinq mois.

Après les exécutions le 9 thermidor de Robespierre et de ses partisans, dont le cordonnier Simon, la veuve de ce dernier fut placée en avril 1796 à l'Hospice des Incurables où Naundorff lui rendit visite en 1802 pour lui faire croire qu'il était bien l'enfant dont elle avait eu la charge. Enfin, il affirma qu'après son évasion du Temple, il avait été passer quelques semaines en Vendée en compagnie du général Charrette lequel en fait avait publié une déclaration dénonçant la mort de Louis XVII. Naundorff ajouta qu'il avait été conduit auprès du prince de Condé qui selon lui ne s'était pas privé d'accuser le futur Louis XVIII d'avoir été en correspondance avec Robespierre et que le futur Charles X- alors en fait âgé de 16 ans au moment des faits- avait comploté pour précipiter la chute de Louis XVI. L'ennui fut que Condé prononça un discours le 16 juin 1795 au cours duquel il fit part de la mort de Louis XVII à ses compagnons d'armes. Décidément, Naundorff n'était pas à une contradiction près.

Déjà en 1950, un test effectué sur un humérus de Naundorff avait démontré que celui-ci n'avait aucun lien de parenté avec la famille de Louis XVI et de Marie-Antoinette suite à des contradictions relevées dans sa biographies mais il fallut attendre un demi-siècle pour confirmer ce fait de manière irréfutable.

LE MYSTERE DU SQUELETTE EXHUME AU CIMETIERE SAINTE-MARGUERITE

Il convient de rappeler que la piste du vrai Louis XVII avait été brouillée malencontreusement après l'exhumation en 1846 d'un cadavre dans le cimetière Sainte-Marguerite de Paris présenté comme étant la dépouille du petit roi.

L'analyse des ossements aboutit à la découverte des stigmates de la tuberculose osseuse mais on détermina qu'ils appartenaient à un adolescent âgé d'environ une quinzaine d'années. Le squelette en question fut à nouveau exhumé en 1894 et soumis à l'examen d'anthropologues réputés qui indiquèrent que l'âge du sujet était d'environ vingt ans. Apparemment, le squelette n'était pas le bon et Naundorff put dormir en paix durant encore plusieurs décennies.

La dépouille du petit roi, placée dans un simple cercueil de bois, avait été inhumée dans une fosse commune au milieu d'une nécropole très peuplée. Il y avait donc eu une erreur manifeste mais le destin veillait grâce au cœur de l'enfant subtilisé par le docteur Pelletan au moment de son autopsie. L'analyse de l'a.d.n mitochondrial transmis par voie maternelle allait enfin permettre de rétablir la vérité une fois pour toutes et rayer d'un trait la longue liste des usurpateurs.

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