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82 titres
OJJEH, LA CLASSE…
01 Novembre 1999


Cet article se compose de 2 pages.
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Henri Fantin-Latour, "Vase de pivoines"
Le marché de l'art ne vit en fait qu'à travers des gros coups médiatiques. Ojjeh est un nom mythique pour ce marché même si certains invités, probablement nés avec une cuillère d'argent dans la bouche, se sont permis odieusement de chuchoter à voix basse que l'origine de sa fortune sentait un peu la poudre à canon.

Tout aussi mythique est le nom de Marilyn Monroe dont Christie's va vendre les souvenirs personnels. Tout le monde, ou presque, se pâmera durant cette vente en ne retenant que la légende et en oubliant la pauvre Norma Jean Baker, si naïve, si mal dans sa peau, si névrosée, si fragile, si accro aux antidépresseurs, si menacée par sa gloire et si désireuse d'être aimée n'avait eu aucune chance de vivre une vie normale.

Les stars et les grands collectionneurs sont là pour faire vibrer le marché de l'art lequel éprouve la nécessité de préserver, sinon d'élargir, le cercle de son aristocratie pour maintenir le rythme des ventes au plus haut.

Le jeu semble pour l'instant bien huilé. L'aristocratie fournit ainsi certains de ses représentants à Christie's ou à Sotheby's pour leur permettre surtout d'entretenir des relations avec des vieilles familles de la noblesse européenne qui ont jusque là jalousement conservé leurs trésors. Certaines affaires se concluent souvent à coups de bonnes manières et selon un rituel très spécial qui auraient vite mis n'importe lequel des roturiers hors jeu d'emblée.

Christie's et Sotheby's ont donc bien besoin de courtiser autant les aristocrates que les riches collectionneurs américains ou d'autres parvenus ainsi que certains journalistes dont la plume peut devenir subitement bien dithyrambique à partir du moment où ceux-ci se voient offrir des postes de conférenciers par ces deux grandes maisons. A croire que l'éthique ne concerne que les chiens…

Il serait toutefois malséant de critiquer ces journalistes qui se permettent de couvrir des ventes pour leurs journaux ou revues tout en travaillant en même temps pour les maisons qui organisent ces vacations. Ceux-là ne font que suivre l'exemple du grand expert Berenson qui se montra si conciliant avec le marchand Duveen entre les deux guerres.

Devenu Lord, ce fut Duveen qui sut le premier réaliser de grandes affaires avec l'aristocratie et ce, dans les deux sens, pour alimenter le marché de l'art. Mais sa soif de réussite le poussa à duper de nombreux riches Américains en se servant du complaisant Berenson lequel, par besoin d'argent, devint le complice de détestables de magouilles.

Secrétaire à abattant de Jean-Henri Riesener
Ebène et bronzes dorés, Epoque Louis XV
Aujourd'hui donc le marché se maintient mais les premiers signes d'un tarissement de la marchandise de grande qualité dans l'ancien et même le moderne viennent d'apparaître depuis plus d'un an.

On commence à s'inquiéter face à la diminution des objets et des tableaux de qualité musée qui passent en vente même si les prix de ceux qui sont adjugés continuent encore de monter. On craint de ne dénicher plus rien de valable dans un proche avenir et les maisons de vente se préparent à changer de fusil d'épaule en faisant le forcing dans le domaine de l'art contemporain.

L'aristocratie actuelle du marché de l'art, surtout celle qui s'appuie sur les bastions de l'art ancien et de l'art moderne, risque bien un jour d'être confrontée à une sorte de révolution lorsque l'art contemporain deviendra le fer de lance des grandes maisons de vente car celles-ci devront alors courtiser d'autres élites dont souvent le seul titre de noblesse aura été de réussir dans les affaires ou le show-business.

Les cocktails servant aux présentations de grandes ventes auront peut-être un air bien différent vers l'an 2005 avec des invités moins obnubilés par les bonnes manières et plus portés sur le franc-parler des golden boys et des nouveaux riches. Exit donc les smokings, les costumes et les robes classiques et bonjour les tenues sans cravate ou carrément extravagantes. Au revoir les accents guindés, alambiqués et surfaits de la haute société parisienne ou londonienne et bonjour les expressions linguistiques hard, triviales mais si terriblement directes.

Au final, l'aristocratie du capitalisme succèdera simplement à celle des grandes familles et des nostalgiques du bon vieux temps avec cependant une exception, à savoir que les parvenus réussiront peut-être à s'adapter à ce changement que les grandes maisons de ventes n'hésiteront pas à conduire au moment voulu.

En attendant, «Cheers !» et rendez-vous au prochain grand cocktail où il sera de mise pour les privilégiés de se faire voir et de déguster les petits fours le petit doigt en l'air en gardant la bouche en cul de poule. Tout en faisant mine de s'extasier devant des œuvres d'art exceptionnelles, ils pourront lâcher alors entre deux bouchées : «Jesus Christie's, it's so heartening…»

Adrian Darmon

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