Le Musée d'Art Contemporain de Lyon présente jusqu'au 29 juin 2008 une rétrospective consacrée à l'artiste graffeur Keith Haring trop tôt disparu en 1990 à l'âge de 32 ans.
C'est dire si la carrière de l'artiste gay victime du sida fut courte et fulgurante après qu'il soit passé de la rue aux galeries qui firent la gloire de cet inventeur du langage des signes.
Le musée présente 250 pièces qui témoignent du talent et de l'inventivité, simple mais magique, de Haring dont l'œuvre séduit tout autant les enfants que les seniors. La simplicité est bien un maître mot pour décrire le graphisme de cet artiste dont l'ambition était d'être unique et qui, à l'approche de la mort, s'écria que la vie était cruelle en refusant de croire que sa maladie était un châtiment de Dieu.
Ce fut au début des années 1980 que l'artiste essaima ses graffiti dans certains quartiers et des stations de métro de New York. Maître des signes, il sut vite se faire comprendre et apprécier au point que des galeries avant-gardistes, comme celle de Tony Shafrazi qui devint son ami, s'intéressèrent à lui pour le propulser vers la gloire.
Artiste underground vivant dans les milieux dits branchés, Keith Haring dévora la vie goulûment au point de se consumer lui-même en l'espace d'une décennie après avoir produit des œuvres extrêmement dépouillées mais poétiques en diable, en créant au passage un nouveau langage pictural pour devenir finalement une icône du marché de l'art, à l'image de Raphael, Le Caravage, Watteau, Géricault, Van Gogh, Schiele, Marc, Modigliani, Klein et de son compère Jean-Michel Basquiat, tous disparus en n'ayant pas dépassé la trentaine.
Aujourd'hui, la cote de Keith Haring sur le marché de l'art ne cesse pas de monter avec des enchères soutenues pour ses oeuvres monumentales dépassant les 3 millions de dollars au marteau. Inutile de dire que sa mort à 32 ans a provoqué une intense spéculation sur son nom.
Adrian Darmon