Le Centre Pompidou présente jusqu'au 2 juin 2008 une exposition consacrée à Louise Bourgeois, mal connue en France mais célébrée aux Etats-Unis et ailleurs.
L'inventive artiste aujourd'hui âgée de 96 n'a pas cessé d'étonner les amateurs à travers des oeuvres qui racontent sa vie et ses interrogations mêlant bonheur et douleur, désirs et frustrations, des oeuvre qui ne la rattachent à aucun courant qu'elle a créées à la manière d'une thérapie personnelle avec aussi l'envie de se renouveler sans cesse.
Voilà pourquoi Louise Bourgeois est unique tant par son parcours artistique que par sa vie personnelle. Fille d'un restaurateur de tapisserie ancienne installé à Antony, elle passa une enfance troublée entre un père qui imposa sa maîtresse à la maison qui n'était autre que la gouvernante anglaise de la famille et une mère qui souffrit de cette situation.
Après le décès de sa mère en 1932, Louise tenta de se suicider en se jetant dans la Bièvre mais fut sauvée par son père auquel elle vouait haine et admiration. Elle poursuivit ensuite des études de mathématique avant de se consacrer à la peinture puis elle épousa l'historien d'art américain Richard Goldwater avec qui elle alla vivre à New Yoirk juste avant la guerre. Loin d'être épanouie, elle donna naissance à deux enfants en 1940 et 1941 puis reprit des études artistiques en produisant des toiles montrant des femmes au corps et à la tête pris au piège d'une maison. Parallèlement, elle créa des sculptures épurées. Durant toutes ces années, elle souffrit malgré tout de l'éloignement et tomba souvent dans la dépression en trouvant cependant dans l'art un exutoire pour tenir le coup.
Les phases de dépression l'empêchèrent toutefois de travailler régulièrement mais elle trouva la force de persévérer en se remettant à l'ouvrage et en expérimentant de nouvelles techniques. Après la mort de son mari en 1974, elle se signala en créant une oeuvre marquante titrée "La Destruction du père" mais elle dut attendre encore quelques années supplémentaires pour atteindre enfin la consécration avec une rétrospective organisée en 1983 au MoMa à New York. Devenue enfin célèbre à 71 ans, elle produisit des installations baptisées "Cells" qui racontaient son histoire avant de créer d'énormes araignées, rappelant les fils des tapisseries mais aussi l'image de sa mère. Durant ces dernières années, elle a réalisé des dessins sulfureux en se moquant quelque part de la vieillesse sans pour autant la renier avec peut-être le secret espoir de continuer à être aussi inventive une fois la barre des cent ans atteinte, histoire de montrer que les angoisses et la dépression n'avait finalement rien de fatal et que le bonheur pouvait en fait se trouver dans la souffrance. A ce titre, Louise Bourgeois est unique.