Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris présente
jusqu'au 7 septembre 2008 une exposition rétrospective consacrée au peintre
écossais Peter Doig, devenu depuis peu une des nouvelles coqueluches du marché
de l'art contemporain.
Né en 1959 à Edimbourg mais ayant passé sa jeunesse à Trinidad et au Canada
avant d'être lancé plus tard par Charles Saatchi, Peter Doig a connu la
consécration en février 2007 lorsque son tableau « White Canoe »
a atteint 5,732 millions de livres sterling (pas loin de 9 millions d'euros)
lors d'une vente aux enchères organisée par Sotheby's à Londres, une enchère
record provoquée par deux amateurs russes tombés sous le charme de cet artiste
influencé quelque peu par Edvard Munch au niveau du coloris.
Depuis, Doig a pu libérer un peu plus son inspiration tout en subissant
malgré tout des salves de critiques pour être devenu plus cher que nombre de
grands maîtres. Il faut dire qu'en 1996, il parvenait difficilement à trouver des
acheteurs pour ses toiles.
Cet Ecossais qui a vécu dans les grands espaces a avant
tout été un adepte de la nature qu'il a exhalée à travers de vastes toiles en
la suggérant selon des aplats savamment placés pour en restituer l'atmosphère.
Doig est avant tout un peintre des sensations de l'espace
et de l'horizon. Il ne donne pas à voir mais plutôt à imaginer faisant de ses
paysages des réminiscences ou de l'homme un petit point dans l'immensité de la
nature en cherchant, dit-il, à capter la dernière image perçue avant de fermer les yeux
et qu'on essaie en vain de restituer fidèlement en pensée.
Adrian Darmon