Le peintre d'origine hongroise Simon Hantaï est décédé Paris à l'âge de 86 ans,a-t-on appris le 17 septembre 2008.
Né à Bia, près de Budapest, en 1922, Hantaï vint se fixer à Paris en 1949 après avoir effectué des études artistiques dans la capitale hongroise entre 1942 et 1948.
Cet artiste plutôt solitaire fit l'objet de peu d'expositions durant sa carrière, les plus importantes ayant été organisées par la Fondation Maeght en 68, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris en 1971, 1972,1974,1975, 1977 et 1980 et par la galerie Fournier à Paris depuis 1973. Il eut droit en 1976 à une rétrospective au Centre Pompidou.
Attiré au départ par les Surréalistes, Hantaï expérimenta diverses techniques picturales comme les frottages, collages, découpages, tachages, pliages et écritures non verbales. Il peignit aussi des personnages monstrueux à têtes mi-humaines, mi-animales puis il marqua son intérêt pour l'oeuvre de Jackson Pollock en créant des tableaux bardés d'une luxuriante végétation organique faite de signes et de formes graphiques tracés gestuellement.
Hantaï s'écarta des Surréalistes en 1955 pour se rapprocher de Riopelle et de Georges Mathieu en étalant des couleurs fluides sur la toile et en traçant des transparences irisées puis en 1958, il adopta un style plus ascétique en peignant de grandes surfaces recouvertes d'une infinité de petites couches néo-impressionnistes pour reconstituer la vibration de la lumière avant de créer à partir de 1960 la série des " Mariales" et autres oeuvres obtenues en peignant préalablement la toile qu'il pliait ensuite sur elle-même en plusieurs plis pour la déplier et la retendre. Sa préoccupation fut alors d'occuper l'espace avec des variétés de couleurs avant de peindre directement à même la toile de grandes formes monochromes. Cet artiste devint ainsi un des grands représentants de l'informel gestuel et d'un certain minimalisme proche de celui des Américains en nourrissant comme Soulages un rapport étroit avec un art inspiré par celui de l'Extrême-Orient.