Le peintre français Alain Jacquet est décédé à New York le 4 septembre 2008 à l'âge de 69 ans.
Né à Neuilly-sur-Seine le 22 juillet 1939, Alain Jacquet avait commencé par étudier l'art dramatique avant de suivre une formation en architecture à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris.
Fixé à Paris en 1959, il se consacra alors à la peinture puis rencontra des artistes du Nouveau Réalisme avant de faire la connaissance à New York entre 1964 et 1965 de Warhol, Lichtenstein et Rauschenberg.
En 1978, il s'installa dans les Antilles françaises après s'être familiarisé avec des courants de pensée ésotérique puis il revint à New York en 1980 en partageant son temps entre cette ville et Saint-Martin avant de travailler à Paris à partir de 1988.
Il participa à de nombreuses expositions collectives, notamment en 1961 à la Biennale de Paris, en 1962 au Salon des Réalités Nouvelles et au Musée d'Art Moderne, en 1965 au Salon de Mai et à New York, en 1966 à la Biennale de Sao Paulo, en 1968 à la Documenta de Kassel, en 1969 à Berne, en 1976 à la Biennale de Venise, en 1978 à Londres, en 1983 au Musée National d'Art Moderne à Paris ("Bonjour Monsieur Manet"), en 1989 au Centre nationale des arts plastiques à Paris et à la Biennale de Sao Paulo, en 1991 à la Royal Academy de Londres, en 1992 à Madrid et en 1993 à Montréal.
Il eut droit également à de nombreuses expositions personnelles à la Galerie Breteau à Paris entre 1961 et 1962, à la galerie Aujourd'hui à Bruxelles en 1962, à la galerie Robert Fraser à Londres en 1963, en 1964 à la Galerie Alexandre Iolas à New York, au Museo de Arte Moderna à Rio en 1965, à la Galerie 20 à Amsterdam en 1966, à Munich en 1967, au Musée d'art contemporain de Chicago en 1968, à la galerie Yvon Lambert à Paris entre 1968 et 1971, à la galerie Der Spiegel de Cologne en 1970 et 1971, à Rome, à Berlin, à la galerie Bama à Paris en 1973, au Centre national d'art contemporain à Paris en 1974, à Stockholm en 1977, au Musée d'art moderne de Paris en 1978, à Genève, à la Galerie de France en 1981, à la Galerie Patrick Fox de New York, en 1987 à la galerie Michel Vidal à Paris, au Musée de Nîmes en 1988, à la Galerie Beaubourg en 1990, à la Galerie Templon en 1996 et au Musée de Picardie à Amiens en 1998.
A ses débuts, il peignit des thèmes selon le jeu de jacquet en s'inspirant des couleurs de l'arc en ciel qu'il juxtaposait sur la toile puis il s'intéressa à l'histoire de l'art avec sa série des "Camouflages" reprenant des toiles d'artistes célèbres.
A travers le déguisement de l'image, il se fit notamment connaître avec son "Déjeuner sur l'herbe" inspiré de Manet en 1964, une version moderne du maître du XIXe siècle qui peignit lui-même son oeuvre en plagiant Giorgione. Il la présenta comme une sérigraphie en trois couleurs primaires réalisée d'après une photo de Jacques Montagnac qui travailla les poses sur ses indications, son image étant composée en agrandissant les points de la trame photographique qui fractionna entièrement l'image d'origine, l'artiste cherchant par là à réinterpréter le divisionnisme inventé par Seurat.
Cette oeuvre asscoiée au Mec'Art fut présentée en 1965 à Paris à la galerie "J" et fut ensuite déclinée en 95 versions différentes. La signification du point dans son oeuvre prit alors une importance accrue dans son oeuvre, Jacquet jouant sur l'échelle et l'illusion optique en créant des oeuvres comme "Olympia" (1965) "Feux de Bengale" (1966) ou "Zebra" (1967). Il créa aussi des trames tissées sur des matériaux tissés puis ses recherches le conduisirent vers le point braille, passant ainsi du virtuel au tactile.
"La Grande gaufre", une oeuvre circulaire créée en 1973, fut notamment une manière pour lui de synthétiser des correspondances entre l'écriture braille, la notation binaire et les hexagrammes du livre divinatoire chinois de Yi-King. Il réalisa aussi des sculptures "topologiques" où les objets contenant deux surfaces étaient présentés sous un aspect uniforme à un seul côté puis il produisit sa série des "Visions" entre 1978 et 1983 marquant un retour à la peinture et au principe du camouflage interprété différemment.
Jacquet fut aussi inspiré par la mission spatiale Apollo de 1969 en créant des oeuvres d'après les vues prises par les astronautes pour décliner des narrations à partir la représentation de la terre et de figures comme avec "La Vérité sortant du puits" (1983) montrant une dérive poétique des continents pour se transformant en accouplement entre un homme et une femme. Jacquet, qui se rendit célèbre sur le marché de l'art avec son interprétation du fameux tableau de Gabrielle d'Estrée au bain avec sa soeur, se plut alors à mêler les images sexuelles et religieuses tout en s'amusant à faire paraître des images de n'importe quelle photo de la terre vue du ciel. Durant ces dernières années, il montra également un vif intérêt pour l'utilisation de l'ordinateur pour créer des oeuvres basées sur l'association de la matière et de l'esprit.