Le Musée des Beaux-Arts de Bâle présente jusqu'au 4 janvier 2009 une exposition intitulée « La Magie des Choses. Natures mortes 1500-1800 » consacrée à un art truffé de symboles.
La nature morte se révéla à travers la peinture de fleurs dans les enluminures du Moyen Age puis dans certains tableaux religieux via la présence d'un vase de fleurs ou de fruits dans une coupe mais ce n'est qu'à la fin du 16e siècle qu'elle devint un genre à part entière sous l'impulsion de peintres profondément attachés à la foi catholique et d'autres défendant les valeurs du protestantisme.
Les natures mortes continrent pour la plupart des symboles religieux tel le vin signifiant le sang du Christ, une montre ou une bougie pour l'éphémère de la vie, une crâne pour la vanité et tout un tas de fleurs déclinant un vocabulaire particulier dans les tableaux.
Ce genre perdura jusqu'à la fin du 17e siècle puis la nature morte eut progressivement une fonction simplement décorative, perdant ainsi toute signification religieuse, les amateurs les achetant principalement pour le plaisir procuré par leur représentation.
Durant un peu plus d'un siècle, entre 1590 et 1700, la nature morte avait eu pour qualité essentielle de constituer une oeuvre parlante glorifiant le Christ ou la Vierge ou stigmatisant les faiblesses des hommes à travers une multitude de symboles cachés dans le tableau qu'on se devait de savoir lire. Avec le changement des mœurs dans les pays catholiques au début du 18e siècle et parallèlement, l'accroissement de la prospérité dans les Pays-Bas, le sens caché des choses dans les natures mortes n'interpellant plus personne, les fruits, les fleurs, les viandes, le gibier, les poissons, les crustacés, les desserts, les pièces d'orfèvrerie, les vases, les ustensiles et les riches tentures ou nappes ne séduisirent plus que par leur aspect formel.