Le Musée du Jeu de Paume présente jusqu'au 4 janvier 2009 une exposition consacrée à Lee Miller (1907-1977) qui fut la muse des Surréalistes avant de devenir une grande photographe de guerre.
D'une beauté époustouflante, Lee Miller fut marquée par un viol subi à l'âge de 7 ans, ce qui la fit sortir brutalement de l'enfance en adoptant une attitude froide et impassible qui la rendit très énigmatique.
A 17 ans, elle posa nue pour son père avant de faire ses débuts comme mannequin à New York et de devenir top model pour le magazine « Vogue ». Au bout d'un moment, elle en eut assez d'enfiler des vêtements, de se faire maquiller et coiffer pour prendre la pose et décida à 23 ans de débarquer à Paris où elle devint le modèle de Man Ray et sa maîtresse.
Celle qui avait posé pour les plus grands comme Steichen ou Horst, décida ensuite de se consacrer à la photographie non sans commettre l'erreur d'épouser un riche égyptien et d'aller s'ennuyer sur les rives du Nil.
Captivante mais rebelle, Lee Miller se libéra de sa prison dorée pour de nouvelles aventures favorisées par la guerre. Elle se retrouva à Londres pendant le Blitz où elle parcourut la ville en ruines caméra au poing puis elle participa au débarquement en prenant des images fortement existentielles de l'avancée des alliés et alla jusqu'en Allemagne où elle se fit prendre en photo dans la baignoire d'Hitler à Berchtesgaden avant de subir un terrible choc en découvrant les charniers des camps de concentration nazis. Elle épousa ensuite l'artiste surréaliste anglais Roland Penrose et mena une vie plutôt rangée en Angleterre en rechignant d'évoquer son passé glorieux.