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MARCHE DE L'ART: ARTCULT AVAIT PREDIT LA CRISE DES LA FIN DE 2007 Par Adrian Darmon
24 Octobre 2008
Catégorie : Marché

Dans un article  titré « L'artiste maudit, c'est fini » consacré au marché de l'art et notamment au domaine de l'art contemporain, le journal belge « Le Soir »  faisait le 27 décembre 2007 un bilan à travers des interviews de Thierry Ehrmann, patron d'Artprice, et de Adrian Darmon, créateur du site artcult, lesquels avaient des vues diamétralement opposées concernant le risque d'une crise à venir.

A la question de savoir ce qui se vendait le mieux sur le marché, Thierry Ehrmann répondait : « A 51 %, des œuvres de moins de 1.000 euros » alors que le créateur d'artcult rétorquait : "Ce qui se situe  au-dessus de 10.000 euros " .

 

« Ce marché de l'art ne va-t-il pas tomber malade, avec les problèmes financiers mondiaux ? », leur  demandait le journal.

 

« On a atteint la surchauffe », signalait Adrian Darmon. « Tous les achats d'aujourd'hui sont spéculatifs. Une œuvre d'art rapporte (à ce jour) 8 à 10 % l'an. Tout dépend du dollar, du pétrole, des Bourses mais je crois qu'en juin 2008, le marché va fléchir. »

 

Thierry Ehrmann n'était pas du tout d'accord : « Le thermomètre du marché, c'est le nombre d'invendus. Lorsque le marché est très chaud, le nombre d'invendus chute. Mais il reste le même depuis quatre ans, à 29 %. S'il y avait une vraie spéculation, le marché s'effondrerait. Les spécialistes en économétrie d'ArtPrice ne voient en tout cas rien qui trahit une surtension, un affolement, une spéculation. »

 

N'empêche, le nombre d'invendus a dépassé la barre des 65% dans les ventes aux enchères depuis la fin du mois de septembre 2008, ce qui tend à donner tort à Thierry Ehrmann. Il est même permis de croire que la crise qui a atteint  désormais le marché de l'art va durer des mois, voire des années.

 

« Le Soir » s'extasiait aussi sur les résultats enregistrés pour des artistes comme Damien Hirst ou Jeff Koons, ce qui faisait dire à Adrian Darmon : « C'est de la folie pure, des gimmicks. Je ne comprends pas, j'ai du mal. Ça dépasse l'entendement. »

 

Ainsi, ce dernier avait prédit la crise à  plus de dix mois de distance après avoir fait une multitude de constats sur le terrain, notamment parmi les brocanteurs et nombre de galeristes qui se plaignaient déjà d'une chute de leurs chiffres d'affaires alors que  les analystes d'Artprice basaient leurs analyses sur les résultats (étonnants) des maisons de vente lesquels procédaient en grande partie d'une intense spéculation due en grande partie aux nouveaux riches russes et chinois et à certains traders rendus euphoriques par d'énormes primes gagnées à travers leurs opérations –plutôt hasardeuses- sur les marchés financiers.

 

La dégringolade folle subie par les places boursières de la planète a créé une panique générale pour avoir finalement des effets terriblement négatifs sur l'économie réelle. Il va sans dire que le marché de l'art ne pouvait pas rester longtemps à l'abri de ce véritable tsunami qui a eu pour origine la crise des subprimes aux Etats-Unis pour ensuite submerger les marchés financiers et boursiers. Dès lors, il n'a pas fallu être devin pour prédire que les riches acheteurs venus se manifester sur le marché de l'art joueraient la prudence après avoir vu leur portefeuille fondre comme neige au soleil en quelques semaines. De plus, ceux qui ont encore des liquidités à leur disposition vont être tentés de se refaire en achetant à bas prix des actions boursières. Autant dire que le marché de l'art ne représente pas une priorité pour eux.

 

Depuis la fin du mois de septembre, les maisons de vente ont enregistré des résultats décevants, ce qui signifie que le marché de l'art est entré en récession du fait que la situation économique n'a pas cessé de se dégrader partout dans le monde.

 

Durant la troisième semaine de vente à l'hôtel Drouot, le nombre d'invendus a souvent dépassé les 80% alors que les lots adjugés ont tout juste atteint les prix de réserve pour la plupart, ce qui représente un signe évident de la désaffection des acheteurs. La crise est donc bien présente et n'est donc pas près de cesser.

 

Pour rappel, le chiffre d'affaires total du marché de l'art a atteint 100 milliards de dollars l'an dernier, les Etats-Unis s'octroyant 46 % de ce marché ; le Royaume-Uni, 27 % ; la  France 6,4 % ; la Chine, 5 % ; l'Allemagne, 3 %  alors que l' Italie,  les Pays-Bas, et Belgique, n'ont eu que 1 % chacun.


Adrian Darmon

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