L'artiste d'origine hongroise Marta Pan est décédée à l'âge de 85 ans, a-t-on appris le 15 octobre 2008.
Née à Budapest en 1923, elle avait étudié le dessin, la peinture et la sculpture à l'Académie des Beaux-Arts de Budapest avant de se fixer en 1947 à Paris où elle se maria avec l'architecte André Wogenscky, frère du peintre Robert Wogenscky.
Elle fit notamment la connaissance de Brancusi et Léger et travailla pour Le Corbusier tout en participant à de nombreuses expositions comme le Salon des Réalités Nouvelles depuis 1950, le Salon de la Jeune Sculpture depuis 1952, la Triennale de Milan, le Salon Comparaisons, la Biennale de Paris, le Salon de Mai ou la Biennale d'Anvers.
Elle eut droit à plusieurs expositions personnelles à Paris depuis 1952 ainsi qu'au Stedelyjk Museum d'Amsterdam en 1961, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, à Bâle, à New York en 1965 ou encore à Prague en 1968.
De 1947 à 1951, la sculpture de Marta Pan consista en une matérialisation de la morphologie de structurelles naturelles. En 1952, elle conçut une oeuvre, "Charnière", constituée de deux parties s'emboîtant l'une dans l'autre et alla ainsi vers la mobilité. En 1956, elle réalisa une autre oeuvre, "Le Teck" en deux parties pivotantes à partir de laquelle Maurice Béjart construisit une chorégraphie créée à Marseille la même année.
Avec "La Balance en deux" débuta en 1957 la série des "Equilibres", la partie supérieure d'une sculpture étant en équilibre sur l'inférieur en tournant ou en se balançant. En 1959, Béjart conçut une nouvelle chorégraphie à partir de la sculpture "Equilibre" pour un ballet représenté à Berlin et à Paris.
Elle développa la mobilité de la forme dans le cycle des "Puzzles" en 1963 après avoir réalisé une sculpture flottante pour le parc du Musée Kröller-Müller d'Otterlo. Marta Pan chercha alors à aller au-delà des limites de l'architecture en créant des formes intenses tirées de la singularité de l'air, de l'eau et de la lumière.
Elle collabora avec de nombreux architectes, dont son mari et Niemeyer, à des réalisations d'intégration architecturale notamment pour l'immeuble Maine-Montparnasse en 1965 avec une sculpture en deux parties ainsi que pour le centre hospitalier universitaire de l'hôpital Saint-Antoine avec une sculpture mobile en quatre parties et mur de béton, tout comme pour le Parlement européen à Luxembourg avec une cloison d'éléments verticaux ou encore un Signal de 43 mètres de hauteur pour la Foire internationale du Liban en 1967, une sculpture en sept parties pour l'hôpital Necker ou les entrées de la station de métro Auber en 1972 en dehors de diverses réalisations à Paris ou en province.
Elle travailla les matériaux les plus divers comme le bois, les métaux, le Plexiglas ou le béton et réalisa nombre d'objets usuels comme des poignées de portes pour le Musée des Arts et Traditions Populaires à Paris.