Le Centre Pompidou présente jusqu'au 26 janvier 2009 une exposition consacrée au Futurisme, un courant initié en Italie visant à mettre l'art en mouvement pour en faire le miroir du progrès et de la vitesse.
Ce fut le 20 février 1909 que Marinetti publia dans le journal « Le Figaro » son fameux « Manifeste du Futurisme » signé par des artistes comme Boccioni, Russolo, Balla, Carra et Severini pour rompre radicalement avec le passé et son héritage, prendre acte de l'avènement d'un monde nouveau placé sous le signe de la technique, des foules urbaines et de l'énergie trépidante des cités modernes et marquer la place de l'homme dans celui-ci.
Les Futuristes allèrent ainsi à contre-courant du Cubisme traditionnel, une peinture défendue par Braque et Picasso alors que d'autres artistes tels Delaunay, Gleizes, Metzinger ou Léger prirent la ville ou l'industrie comme thèmes. Il exerça également une influence sur de nombreux peintres russes, notamment Malevitch, Exter, Klioune, Popova ou Gontcharova, ou même américains ou britanniques.
Ephémère, puisque le mouvement s'éteignit au début de la Première Guerre Mondiale, le Futurisme eut le mérite d'imposer une profonde réflexion sur le devenir de l'homme tout en permettant l'éclosion d'autres courants comme le Dadaïsme ou le Surréalisme ainsi que de nouvelles formulations dans les domaines de la littérature et de la musique.
Cette exposition sert à montrer le dialogue et la relation avec le Cubisme et les influences mutuelles qui en découlèrent. Tout en contestant le Cubisme, les Futuristes s'en servirent dans leurs oeuvres où les nus étaient tabous. Le Futurisme réinventa notamment la notion même de la forme en narguant l'équilibre et la stabilité issues de la tradition pour glorifier le dynamisme, la vitesse et le mouvement.
Le seul peintre français à avoir rallié le Futurisme fut Félix Del Marle qui avait été en contact avec Gino Severini, lequel vivait à Paris depuis 1906. N'empêche, certains peintres s'essayèrent à croiser le Cubisme et le Futurisme tels Duchamp, Delaunay, Gleizes, Gris, Léger ou Metzinger, toutefois dans un esprit avant tout géométrique. En Russie, des artistes comme David Bourliouk, Velimir Khlebnikov, Alexei Kroutchnonykh, Vladimir Maïakovsky ou Mikhaïl Matiouchine créérent un groupe cubofuturiste dès 1913 alors que pratiquement au même moment Malevitch formula la théorie d'un cubofuturisme dans lequel il voyait l'accomplissement du Futurisme. L'année suivante, lors d'un voyage à Moscou, Marinetti fut d'ailleurs stupéfait de constater que le Futurisme en Russie avait déjà été parfaitement assimilé et même dépassé à travers les oeuvres de Malevitch.
Marinetti avait été en 1910 à Londres faire découvrir aux Anglais son discours futuriste et l'exposition organisée à cette occasion rencontra un tel succès que le terme futurisme devint synonyme d'avant-garde. Percy Wyndham Lewis, chef de file de la jeune peinture anglaise, se démarqua toutefois de cette assimilation en fédérant un groupe d'artistes autour de la revue futuriste "Blast" (Explosion). Le poète Ezra Pound associa alors ce mouvement au terme de vortex, qui se déclina en vorticisme via les oeuvres de Nevinson, de Bomberg ou d'autres peintres.