L'année 2009 s'annonce difficile pour le marché de l'art en raison des incertitudes nées de la crise économique qui a balayé la planète à la fin de l'été 2008 d'autant plus que les effets de la tourmente financière et boursière n'en ont été qu'à leurs débuts.
Le choc boursier a été tel que nombre de gros investisseurs ont vu leur fortune fondre comme neige au soleil, notamment en Russie ou les grands pontes de l'économie et de l'industrie ont perdu jusqu'aux 3/4 de leurs avoirs. Or, ceux-ci, tout comme de nombreux riches chinois, avaient pour la plupart joué un rôle conséquent sur le marché de l'art. Autant dire que des acheteurs comme Roman Abramovich, le riche industriel patron du club de football de Chelsea qui avait acheté en 2008 pour plus de 200 millions de dollars d'oeuvres d'art, seront moins actifs en 2009. Ce n'est pas une hypothèse mais une certitude.
Aux Etats-Unis, les victimes du tsunami financier auxquelles sont venues s'ajouter celles de l'escroquerie de 50 milliards de dollars commise par le financier Bernard Madoff, avaient aussi pour habitude de conforter leur patrimoine via des achats sur le marché de l'art. On peut malheureusement imaginer qu'elles seront nombreuses a être obligées de revendre une partie de leurs collections pour se refaire une santé financière. Cela risquera donc d'augmenter l'offre face à une demande réduite des amateurs, forcément moins actifs en 2009 d'autant plus que les signaux d'une reprise économique ne seront visibles qu'à partir de la fin 2010 selon les analystes du monde économique.
Dans ce contexte, on peut prédire un recul des chiffres d'affaires des maisons de vente amplifié au passage par la faiblesse du dollar et la chute brutale de la livre sterling dont le niveau se situe désormais à un euro alors qu'elle valait 1,50 euro à peine un an auparavant.
On a vu une décélération soudaine des ventes à partir de la mi-septembre avec des taux d'invendus atteignant 50% en moyenne par rapport à environ 29% au début de 2008. Il va sans dire que cette situation est appelée à perdurer durant toute l'année 2009 du fait de la réduction du nombre des gros acheteurs et de leur inquiétude suscitée par la crise.
Autre fait inquiétant: la chute vertigineuse des chiffres d'affaires des galeristes, antiquaires et brocanteurs depuis juin 2008 laquelle a amené de nombreux professionnels à cesser leur activité. On a ainsi rarement pris en compte le rôle de baromètre du marché tenu par le marché aux Puces de Saint-Ouen devenu sinistré au fil des ans depuis les attentats de septembre 2001 à New York alors que son rôle dans la bonne marche des affaires liées aux antiquités était à l'évidence un bon moyen de juger de la santé du marché de l'art. On s'est au contraire focalisé sur les bons résultats des ventes aux enchères boostés un peu trop souvent par des achats spéculatifs effectués par les traders de la finance dans le domaine de l'art contemporain et par les riches russes et chinois dont les fortunes ont été faites en moins d'une décennie grâce aux performances économiques de leurs pays dont l'augmentation de leur PIB pouvait dépasser la barre des 10% l'an.
Les légions des traders ont été depuis décimées par la crise alors que les milliardaires russes ou chinois ont subi des pertes abyssales causées par le tsunami financier qui a ravagé le système capitaliste, victime d'abus devenus pernicieux à la longue.
Le marché de l'art n'a pourtant pas subi des dommages aussi dévastateurs que ceux causés aux places financières et boursières, le recul constaté étant un retour aux prix de 2005. De plus, certains acheteurs n'ont toujours pas hésité à miser gros sur des pièces jugées exceptionnelles, comme en ont témoigné certains résultats enregistrés dans des ventes aux enchères durant le dernier trimestre de 2008.
Prévue en février, la vente de la collection Yves Saint-Laurent et de Pierre Bergé estimée à quelque 500 millions d'euros constituera à l'évidence un test pour le marché de l'art. En cas de succès, elle permettra au moins de le stabiliser et de redonner confiance aux acheteurs mais il ne faut pas oublier que les performances du marché dépendent avant tout de la situation économique mondiale et que si celle-ci venait à se dégrader, il risquerait de subir un nouveau recul.
Le monde ne pourra jamais être épargné par les crises et de la peur qui en découle. Par la force des choses, il a donc appris à vivre avec sans pourtant en retenir toutes les leçons tout en n'étant pas sans savoir qu'à chaque crise économique succède une relance. Une fois les écuries d'Augias nettoyées, une relance aura donc lieu avec probablement une redistribution des cartes du fait que la fin d'un monde ne signifie pas celle du nôtre. Celui du marché de l'art aura forcément un nouveau visage à la fin de 2010 avec vraisemblablement un retour aux vraies valeurs, trop longtemps oubliées depuis le début du XXIe siècle.
Adrian Darmon
L'année 2009 s'annonce difficile pour le marché de l'art en raison des incertitudes nées de la crise économique qui a balayé la planète à la fin de l'été 2008 d'autant plus que les effets de la tourmente financière et boursière n'en ont été qu'à leurs débuts.
Le choc boursier a été tel que nombre de gros investisseurs ont vu leur fortune fondre comme neige au soleil, notamment en Russie ou les grands pontes de l'économie et de l'industrie ont perdu jusqu'aux 3/4 de leurs avoirs. Or, ceux-ci, tout comme de nombreux riches chinois, avaient pour la plupart joué un rôle conséquent sur le marché de l'art. Autant dire que des acheteurs comme Roman Abramovich, le riche industriel patron du club de football de Chelsea qui avait acheté en 2008 pour plus de 200 millions de dollars d'oeuvres d'art, seront moins actifs en 2009. Ce n'est pas une hypothèse mais une certitude.
Aux Etats-Unis, les victimes du tsunami financier auxquelles sont venues s'ajouter celles de l'escroquerie de 50 milliards de dollars commise par le financier Bernard Madoff, avaient aussi pour habitude de conforter leur patrimoine via des achats sur le marché de l'art. On peut malheureusement imaginer qu'elles seront nombreuses a être obligées de revendre une partie de leurs collections pour se refaire une santé financière. Cela risquera donc d'augmenter l'offre face à une demande réduite des amateurs, forcément moins actifs en 2009 d'autant plus que les signaux d'une reprise économique ne seront visibles qu'à partir de la fin 2010 selon les analystes du monde économique.
Dans ce contexte, on peut prédire un recul des chiffres d'affaires des maisons de vente amplifié au passage par la faiblesse du dollar et la chute brutale de la livre sterling dont le niveau se situe désormais à un euro alors qu'elle valait 1,50 euro à peine un an auparavant.
On a vu une décélération soudaine des ventes à partir de la mi-septembre avec des taux d'invendus atteignant 50% en moyenne par rapport à environ 29% au début de 2008. Il va sans dire que cette situation est appelée à perdurer durant toute l'année 2009 du fait de la réduction du nombre des gros acheteurs et de leur inquiétude suscitée par la crise.
Autre fait inquiétant: la chute vertigineuse des chiffres d'affaires des galeristes, antiquaires et brocanteurs depuis juin 2008 laquelle a amené de nombreux professionnels à cesser leur activité. On a ainsi rarement pris en compte le rôle de baromètre du marché tenu par le marché aux Puces de Saint-Ouen devenu sinistré au fil des ans depuis les attentats de septembre 2001 à New York alors que son rôle dans la bonne marche des affaires liées aux antiquités était à l'évidence un bon moyen de juger de la santé du marché de l'art. On s'est au contraire focalisé sur les bons résultats des ventes aux enchères boostés un peu trop souvent par des achats spéculatifs effectués par les traders de la finance dans le domaine de l'art contemporain et par les riches russes et chinois dont les fortunes ont été faites en moins d'une décennie grâce aux performances économiques de leurs pays dont l'augmentation de leur PIB pouvait dépasser la barre des 10% l'an.
Les légions des traders ont été depuis décimées par la crise alors que les milliardaires russes ou chinois ont subi des pertes abyssales causées par le tsunami financier qui a ravagé le système capitaliste, victime d'abus devenus pernicieux à la longue.
Le marché de l'art n'a pourtant pas subi des dommages aussi dévastateurs que ceux causés aux places financières et boursières, le recul constaté étant un retour aux prix de 2005. De plus, certains acheteurs n'ont toujours pas hésité à miser gros sur des pièces jugées exceptionnelles, comme en ont témoigné certains résultats enregistrés dans des ventes aux enchères durant le dernier trimestre de 2008.
Prévue en février, la vente de la collection Yves Saint-Laurent et de Pierre Bergé estimée à quelque 500 millions d'euros constituera à l'évidence un test pour le marché de l'art. En cas de succès, elle permettra au moins de le stabiliser et de redonner confiance aux acheteurs mais il ne faut pas oublier que les performances du marché dépendent avant tout de la situation économique mondiale et que si celle-ci venait à se dégrader, il risquerait de subir un nouveau recul.
Le monde ne pourra jamais être épargné par les crises et de la peur qui en découle. Par la force des choses, il a donc appris à vivre avec sans pourtant en retenir toutes les leçons tout en n'étant pas sans savoir qu'à chaque crise économique succède une relance. Une fois les écuries d'Augias nettoyées, une relance aura donc lieu avec probablement une redistribution des cartes du fait que la fin d'un monde ne signifie pas celle du nôtre. Celui du marché de l'art aura forcément un nouveau visage à la fin de 2010 avec vraisemblablement un retour aux vraies valeurs, trop longtemps oubliées depuis le début du XXIe siècle.