Plus de 16.000 oeuvres d'art prêtées parfois depuis plus
d'un siècle par les collections nationales aux administrations publiques
françaises sont restées introuvables, selon un rapport réalisé entre 1997 et 2007 par la commission dite de récolement chargée de surveiller
l'inventaire de ces collections.
Ont
notamment disparu une importante horloge Boulle mise en dépôt au château de Maisons-Lafitte, un
dessin de Dufy censé avoir été déposé au musée Cantini de Marseille, une marine du
XVIIe restée introuvable au quai d'Orsay comme un Miro prêté à l'ambassade de
France à Washington ou une huile de Zoran Music (XXe) à Bercy. Alors qu'un
millier de plaintes ont été enregistrées concernant les objets les plus
précieux qui se sont volatilisés quelque 900 œuvres ont pu être retrouvées à
l'issue parfois d'étonnantes enquêtes.
Ainsi, trois tapis de la Savonnerie déposés à la mission
permanente des Nations unies à New York ont été récupérés dans une galerie
d'art parisienne. Un vase japonais du XVIIIea pu être retrouvé à l'ambassade de France à Stockholm
et une sculpture romaine a été finalement découverte derrière une cloison de bois du CNDP (Centre national
de documentation pédagogique) à Paris.
Selon le rapport, sur un total de
184.000 dépôts, 133.000 ont pu faire l'objet d'un pointage précis. Les 25% d'objets
restants devraient pouvoir être récolés d'ici deux ans par la mission dont le travail est donc loin d'être terminé.
Sur ces 133.000 pièces, 20.000 sont restées "non vues" parmi lesquelles 3.400 ont été présumées détruites,
principalement par les guerres, tandis que 150 ont fait l'objet de plaintes pour vol. La mission a ainsi estimé que 16.500 oeuvres, souvent de moindre valeur n'ont toujours pas pu être
localisées
Concernant ces disparitions, les administrations les plus
pointées du doigt ont étéles
ministères de l'Education nationale (la moitié des pièces déposées sont
"non vues"), de la Défense (39%) et de l'Economie (36,1%), le
pourcentage total tournant autour des 25%.
La mission a servi à contrôler
la présence effective des dépôts - une politique datant de la Révolution de 1789 - des
musées nationaux, Mobilier National, manufacture de Sèvres, Fonds National
d'art contemporain pour meubler ou décorer les parties publiques des palais de
la République, ministères, ambassades, préfectures, musées en région ou jardins
publics.
cette mission été créée après la publication d'un
rapport de la Cour des Comptes qui pointait les "graves insuffisances"
dans les inventaires ( des œuvres ont notamment été retrouvées chez des particuliers ou
des antiquaires), et de la mauvaise volonté manifestée par les administrations d'ouvrir leurs
bureaux. Depuis quelques années, les contrôles ont heureusement fini par être
plus serrés.