Tout est bien qui finit bien, les effets personnels de Gandhi qui avaient fait l'objet d'une vive polémique avant leur vente prévue le 5 mars 2009 à New York ont été cédés pour 1,8 million de dollars à un milliardaire indien qui les offrira probablement à son pays.
L'annonce par le groupe Antiquorum de la vente des célèbres lunettes rondes, des sandales, de sa montre à gousset ainsi qu'un assiette et un bol en argent ayant appartenu au Mahtma Gandhi avait causé la consternation du gouvernement indien et des héritiers de ce dernier qui estimaient cette dispersion comme indécente.
Face au tollé provoqué par cette vente, James Otis, un admirateur de Gandhi et propriétaire de ces objets, avait accepté de négocier avec le gouvernement indien en exigeant toutefois que celui-ci consacre notamment 5% du PIB indien en faveur des pauvres, soit cinq fois plus qu'actuellement. Peu disposé à se laisser mener par le bout du nez par un Américain, le gouvernement de New Delhi n'avait donc pas donné suite à ses demandes en préférant solliciter quelques milliardaires indiens pour l'aider à récupérer ces souvenirs.
Quelques minutes avant la tenue de la vente, Otis a alors tenté de la faire annuler en décrétant qu'elle était illégale mais les responsables du groupe Antiquorum ont passé outre et fait démarrer les enchères comme prévu pour finalement adjuger les objets en moins de cinq minutes à Vijay Mallya, le patron indien d'un groupe de spiritueux dont un porte-parole a déclaré qu'ils retourneraient en Inde. Bref, l'affaire s'est mieux terminée que celle des bronzes de la fontaine du Palais d'été de Pékin, adjugés le 25 février lors de la vente de la collection Bergé-Saint-Laurent pour plus de 31 millions d'euros à un milliardaire chinois ayant annoncé son refus de les payer deux jours plus tard en signalant qu'il avait voulu faire acte de patriotisme en faveur de son pays qui réclamait leur restitution.