Contemporain de Doisneau, Capa et Cartier-Bresson, le photographe Willy Ronis est mort dans la nuit du 11 au 12 septembre 2009 à l'âge de 99 ans.
Aimant les gens, Ronis s'était rendu célèbre pour ses clichés sur la vie quotidienne, les mouvements sociaux des années 1930 et ses scènes parisiennes d'inspiration populaire. Considéré comme un des grands artisans de la photographie humaniste, cet amoureux de la Provence n'avait été découvert que durant les années 1980 à partir du moment où les photographies commencèrent à devenir recherchées sur le marché de l'art.
Auteur du célèbre cliché des amoureux au sommet de la colonne de la Bastille ou du Petit parisien, ce garçonnet tenant une baguette de pain, Ronis avait au départ eu pour ambition de devenir musicien avant de devoir reprendre un jour de 1932 la boutique de photographie de son père tombé gravement malade. Au début, il se limita à réaliser des photos de naissances ou de mariages avant de devenir indépendant en 1936 après la mort de son père. Dès lors, il se lança avec frénésie dans le reportage sur les luttes sociales.
La guerre interrompit un temps son travail puisqu'il fut en tant que juif obligé de fuir vers la zone libre pour atterrir à Nice où il devint le régisseur d'un théâtre ambulant. A la fin de la guerre, il put reprendre son appareil et intégra l'agence Rapho aux côtés de Doisneau et de Brassaï tout en travaillant dans les domaines de la mode et de la publicité.
Homme de gauche, il adhèra au Parti communiste mais rendit sa carte en 1965 après avoir été déçu par le comportement de ses dirigeants qui a son sens ne respectaient pas les idéaux professés par la Révolution russe. En 1972, il se réfugia à Gordes puis à l'Isle-sur-la-Sorgue où il réalisa aussi des clichés de nus empreints d'une rare sensibilité avant de revenir en 1983 à Paris. Très affaibli à la fin de sa vie, il disait néanmoins avoir toute sa tête et gardé l'enthousiasme de sa jeunesse.
Avant tout photographe de la vérité, il capta la joie et la détresse des gens avec une maîtrise de la lumière et un regard fraternel plein d'acuité pour donner une certaine noblesse à ses sujets et rendre formidable la vie quotidienne des petites gens.