La National Gallery de Londres
prépare pour l'année 2010 une exposition sur les œuvres contrefaites ou celles mal
attribuées qui ont souvent tourné les experts en bourriquesen réservant parfois
de bonnes surprises.
Loin d'être saugrenue, cette
initiative a le mérite de démontrer que même les spécialistes des grands musées
peuvent être bernés par des œuvres qui à première vue semblent exceptionnelles.
En tout cas, la National Gallery, comme tant d'autres institutions, a eu son
lot de désagréments notamment avec un portrait du duc d'Urbino avec ses enfants
peint par un anonymeque celui-ci avait
acquis en 1923 en croyant qu'il était de la Renaissance. Seulement voilà :
les pigments analysés sur la toile dataient du XXe siècle et le tableau fut
remisé dans les réserves du musée sans plus de façon tout comme d'autres qui avaient trompé plus d'un œil dit averti.
On aurait cependant tort de croire
que les responsables de la National Gallery ont éprouvé la honte de se faire
berner. Au contraire, les mauvaises acquisitions ont permis à ces derniers
d'être plus pointus dans leurs recherches, sans oublier le fait que certaines
copies confondues avec des originaux ont été de grande qualité au point d'être
considérées comme admirables.
N'empêche, certains tableaux
considérés comme des contrefaçons ont réservé d'heureuses surprises comme la
Madone aux œillets appartenant au duc de Northumberland qui en 1992 s'est
avérée au bout du compte être un authentique Raphaël.Au demeurant, il est
louable de la part d'un musée d'exposer ses « erreurs » histoire de
montrer que l'expertise est un art plus que difficile, nonobstant le fait qu'il
est souvent ardu de faire la différence entre une copie et une
contrefaçon, une œuvre copiée d'après l'original d'un maître ancien n'étant pas
forcément un faux mais une sorte d'hommage rendu à ce dernier si celle-ci a été
peinte quelques années ou décennies après sa disparition.