Le Musée des Beaux-Arts de Montréal présente jusqu'au 19 avril 2009 une
exposition consacrée à Kees Van Dongen (1877-1968), un
superbe artiste proche du Fauvisme qui plus tard se fourvoya malheureusement en
devenant un peintre mondain beaucoup moins intéressant.
Le Musée s'est avant tout attaché à ne présenter que les œuvres les plus
représentatives de l'art de Van Dongen produites avant les années 1920 car
après, il sombra dans la mièvrerie comme Vlaminck ou Derain, les pionniers du
Fauvisme
Au début de sa carrière aux Pays-Bas, Van Dongen travailla en tant que caricaturiste pour
de nombreuses revues satiriques. Fixé à Paris peu avant 1900, il se fit une
solide réputation d'illustrateur en croquant les noctambules ou les filles de joie avec un
crayon ou un pinceau très colorés tout en n'hésitant pas à souligner les traits du
visage ou à cerner les yeux et à créer des contrastes violents à la manière des
expressionnistes allemands.
Van Dongen ne fut pas vraiment considéré comme un peintre fauve, pas même au fameux Salon de 1905
où ses toiles ne furent pas accrochées parmi celles de Matisse, Vlaminck ,
Derain, Friesz et autres peintres de cet éphémère mouvement quand bien même son
art sembla proche du leur.
Le Néerlandais séduit par Paris resta en fait à l'écart de toute école durant toute sa
carrière qu'il mena à sa guise, sans trop se soucier de la critique en
construisant seul son succès avant de céder à une certaine nonchalance et de
commettre la bêtise de faire un voyage à Berlin en 1941 dans le but de se
relancer, ce qui eut un effet nuisible sur sa carrière après la guerre.
Vivotant dès lors, il ne parvint pas à la relancer et devint quasiment oublié à
la fin de sa vie. Ce ne fut que bien plus tard que les œuvres sublimes de sa
meilleure période intéressèrent enfin les collectionneurs pour atteindre une
cote appréciable sur le marché de l'art.