La
Biennale de Venise se tient du 8 juin au 22 novembre 2009 en tentant le pari de
la réussite malgré la crise économique et financière qui a secoué le monde et
le marché de l'art depuis bientôt 9 mois.
Daniel
Birnbaum, 46 ans, doyen de la Städelschule de Francfort, désormais le plus jeune
directeur de l'histoire de la Biennale de Venise, espère qu'à cette occasion l'art permettra de
nouveaux commencements et l'exposition thématique «Construire des mondes» qui
réunit 90 artistes au pavillon international, aux Giardini et dans la
grande halle de l'Arsenal, est en quelque sorte le moteur susceptible de réaliser son vœu.
Il reste à espérer que celui-ci sera exaucé car il y a deux
ans, son prédécesseur, l'Américain Robert Storr n'avait guère été persuasif
avec son thème "Penser avec les sens. Sentir avec les idées".
Birbaum aura du pain sur la planche pour essayer de faire
sortir les amoureux de l'art et les amateurs de leur léthargie actuelle même si
les journalistes qui ont couvert les avant-premières ont trouvé que cette
édition était assez dynamique grâce aux installations de Yona Friedman, du
Chinois Huang Yong Ping ou les vidéos de Steve McQueen ainsi que les œuvres de
Bruce Nauman, le roi du néon, au pavillon américain.
Dans
le pavillon français, Claude Levêque a cherché a symboliser la condition
humaine, la quête de liberté et l'utopie dans un environnement limité à 20
visiteurs propres à être éblouis par des paillettes d'argent sur les murs et des ampoules de
fête foraine au-dessus de leurs têtes pour se perdre ensuite dans des couloirs et se heurter à un
drapeau noir flottant au son d'un bateau qui passe pour avoir comme l'illusion d'être au
cœur d'une chambre mortuaire d'une pyramide de l'Egypte ancienne en train
d'assister au voyage des morts.
En
attendant, l'art sera bien vivant à Venise durant cinq mois pour viser à
retrouver un nouveau souffle ou de permettre la découverte d'artistes
prometteurs et avec aussi l'espoir que l'été sera propice pour dégeler les amateurs engourdis par
une crise toujours sans fin.